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Des travailleuses de la santé enceintes privées de leurs primes COVID

Une femme enceinte se tient le ventre.

Des travailleuses de la santé dénoncent le fait d'être privées de leur prime COVID du fait qu'elles sont enceintes.

Photo : iStock

Amélie Desmarais

Des travailleuses de la santé et des services sociaux enceintes dénoncent être victimes de discrimination dans l’attribution des primes COVID. Elles sont privées de leurs primes lorsqu’elles s’absentent brièvement pour se rendre à leurs rendez-vous de suivi de grossesse.

Jasmine Grenier, agente de relations humaines au Centre jeunesse de Drummondville, se heurte à cette situation. Comme il s’agit de primes escalier de 100 $ par semaine de 35 heures, à laquelle s’ajoutent des primes de 200 $ pour deux semaines et de 400 $ pour quatre semaines, elle perd entre 500 $ et 700 $ pour un rendez-vous d’environ une heure.

Enceinte de 13 semaines, elle déplore le fait qu’on lui demande de choisir entre son enfant à venir et ses primes.

Je trouve ça très ordinaire de la part du ministère de ne pas considérer les femmes enceintes. Je ne veux pas arrêter de travailler pour mon employeur, je veux continuer. Mais en même temps, je sens une discrimination vraiment qui est faite à ce niveau-là, juge-t-elle.

Une femme enceinte en entrevue à Radio-Canada.

Jasmine Grenier est agente de relations humaines au Centre jeunesse de Drummondville.

Photo : Radio-Canada

Ce n’est pas une majorité des employées qui sont enceintes, c’est une petite partie. De considérer ces employées-là, ç’aurait été agréable et surtout dans un élan de rétention du personnel, c’est une situation qui est questionnable, poursuit Jasmine Grenier.

L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) de la Mauricie et du Centre-du-Québec multiplie les démarches pour tenter de faire entendre raison au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), mais il semble, selon le syndicat, que ce soit une fin de non-recevoir. Pourtant, les employés qui travaillent moins de 35 heures en raison de vacances, de jours fériés ou de libérations syndicales ont droit à leurs primes.

Ça fait presque un mois qu’on a entamé des démarches autant du côté de l’employeur ici que du côté du ministère, mais la directive, elle, est ministérielle et on nous répond qu’on a fait l’analyse et qu’on ne reconnaîtra pas ces rendez-vous-là comme étant une exception à la règle, indique la présidente de l’APTS de la Mauricie et le Centre-du-Québec, Véronique Neth.

Dans la région, cette situation touche une dizaine de membres de l’APTS. Des personnes sont aussi touchées un peu partout dans la province, dont en Estrie et à Montréal. La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) confirme que plusieurs griefs ont été déposés en lien avec ces restrictions dans l’attribution des primes COVID. L’APTS de la Mauricie et du Centre-du-Québec prévoit aussi déposer des griefs.

La FIQ indique également avoir porté cet enjeu à l’attention du Comité paritaire national, mais affirme s’être butée à une position de fermeture complète.

À l'encontre de la Charte des droits?

La professeure en relations industrielles et directrice de l’École de gestion de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), Diane Gagné, est catégorique. Cette décision va à l’encontre de la Charte des droits et libertés et même de la Loi sur les normes du travail.

Pour elle, il s’agit de discrimination au même titre que de priver une femme d’un emploi, parce qu’elle est enceinte. Elle ne s’absenterait pas si elle n’était pas enceinte. C’est une caractéristique à elle qui fait qu’elle s’absente, et ça, le gouvernement ne l’a pas pris en compte. Pourtant, c’est clair que, si elle n’était pas enceinte, la personne ne s’absenterait pas. Et, bien évidemment, c’est une femme.

Nous sommes toujours dans l’attente d’une réponse du MSSS du Québec.

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