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Adolescent de 15 ans poignardé : l’accusé avait un couteau dans son manteau

Une ambulance dans une rue lavalloise.

La victime a été poignardée à mort le 1er janvier 2020, au parc Marc-Aurèle Fortin dans le secteur Fabreville.

Photo : Radio-Canada

Un procès exceptionnel s’est ouvert en Chambre de la jeunesse, lundi : celui d’un jeune homme accusé du meurtre prémédité de son ami de 15 ans, en janvier 2020 à Laval.

Le frêle adolescent de 16 ans qui avait comparu détenu il y a une vingtaine de mois a fait place à un jeune accusé de 18 ans plus costaud et avec des traits un peu plus matures. Son signe distinctif est encore le même : sa tignasse sombre et bouclée ne l’a pas quitté.

Chandail en coton ouaté et pantalon de sport noir, il écoute les témoignages en fixant le sol, assis aux côtés de sa mère, visiblement nerveuse, au palais de justice de Laval.

Une chicane entre amis dégénère

Un des meilleurs amis de l’accusé est poignardé à mort le 1er janvier 2020, au parc Marc-Aurèle Fortin, dans le secteur Fabreville. Les policiers interviennent autour de 20 h 30 pour une bagarre entre jeunes, témoigne le policier lavallois Frédéric Denis. À l’arrivée des secours, un garçon de 15 ans gît dans le parc, gravement blessé.

L’accusé est rapidement identifié comme suspect. À la demande des policiers, son père l’appelle pour savoir où il se trouve. Des agents sont dépêchés dans les rues avoisinantes et le policier Marc-Antoine Duchesne l’aperçoit, marchant seul dans la rue. Comme il s’agit d’une interception à haut risque, puisque le jeune homme est susceptible d'être armé, l’agent dégaine son arme à feu. Le suspect collabore et se couche au sol. En fouillant son manteau, les policiers trouvent un couteau au manche bleu avec une lame d’environ 2,5 pouces [6,35 cm].

Le suspect est très nerveux, il pleure et a des tremblements, relate l’agent Duchesne. L’adolescent a une lacération à la paume gauche et un peu de sang.

D’abord arrêté pour tentative de meurtre, il est quelques instants plus tard avisé que son ami est mort et qu’il est en état d’arrestation pour meurtre.

Dans la salle d’audience, le suspect fixe le sol en écoutant le récit de la soirée où sa vie et celle de ses amis ont chaviré.

Une déclaration inadmissible?

Dans les heures suivant son arrestation, l’adolescent est emmené à l’hôpital pour soigner sa coupure à la main. Il passe une nuit blanche et fait ensuite une déclaration enregistrée de plus de quatre heures aux enquêteurs. La défense souhaite qu’elle ne soit pas admise en preuve au procès. Les trois premiers jours du procès sont consacrés à ce débat.

Le jeune homme y parlerait de façon extensive du déroulement de l’événement et de son implication. Il aborderait son amitié avec la victime et son frère, et un conflit qui serait né quelques jours auparavant.

Dans leur requête en exclusion de la preuve, les avocats du jeune homme allèguent qu’il a dû attendre près de dix heures après son arrestation avant de bénéficier pleinement de son droit à consulter un avocat de façon confidentielle.

Mes Guy Poupart et Sarah Tricoche estiment que les droits garantis par la Loi sur le système de justice pénale pour adolescents n’ont pas été respectés, puisque les policiers n’auraient pas expliqué clairement à l’adolescent, en des termes adaptés à son âge et à sa compréhension son droit à garder le silence, à consulter et à être accompagné d’un avocat, et de bénéficier de la présence d’un de ses proches.

Selon la défense, la sergente-détective qui a procédé à son interrogatoire aurait dû réaliser qu’il y avait une confusion évidente pour le jeune par rapport à ses droits et que son père nageait dans l’incompréhension.

En contre-interrogatoire des policiers, Me Poupart s’est longuement attardé pour savoir comment les droits du jeune homme lui avaient été lus, le soir et la nuit de son arrestation.

Il est prévu que le procès se poursuive jusqu’en novembre devant la juge Catherine Perreault de la Cour supérieure.

Après la preuve de la poursuite, Me Poupart a annoncé que son client présentera une défense.

Si le jeune homme est reconnu coupable, le ministère public, représenté par les procureures Marie-Ève Vautier et Marie-Ève Dubeau, a déjà indiqué son intention de réclamer une peine pour adultes.

L’affaire est jugée en Chambre de la jeunesse, puisque l’accusé était mineur au moment du drame. Une ordonnance de non-publication empêche de révéler son identité de même que celle de la victime et de nombreux témoins mineurs au moment des faits.

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