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La longue attente d’une infirmière praticienne pour avoir le droit de travailler

Christy Tashjian et Jenni Huntly posent pour une photo.

Christy Tashjian, à gauche, a déménagé du Texas à Thunder Bay lorsque sa femme Jenni Huntly a obtenu un emploi. Mme Tashjian, infirmière praticienne aux États-Unis, attend toujours de pouvoir travailler.

Photo : CBC/Logan Turner

Radio-Canada

Christy Tashjian, une infirmière praticienne qui a déménagé à Thunder Bay depuis le Texas au début de 2020, dénonce la lenteur du processus pour obtenir son permis de travail et sa certification de l’Ordre des infirmières et infirmiers de l’Ontario.

Plus de 20 mois après son arrivée en Ontario, Mme Tashjian, qui a été formée aux États-Unis, n’a toujours pas commencé à travailler.

Lorsqu’elle est arrivée au Canada avec sa conjointe, qui avait décroché un emploi à Thunder Bay, Mme Tashjian ne souhaitait pas travailler immédiatement et préférait prendre le temps de s'adapter à son nouvel environnement.

Mais lorsque la pandémie a commencé, elle s'est rendu compte que ses services pourraient être nécessaires.

En avril 2020, elle a donc entamé les démarches pour être autorisée à travailler comme infirmière praticienne en Ontario.

Alors qu'elle commençait à remplir sa demande auprès de l'Ordre des infirmières et infirmiers de l'Ontario (OIIO), Mme Tashjian a réalisé qu'elle devait d’abord avoir reçu un permis de travail du gouvernement canadien.

Elle s'attendait à ce que cela prenne 4 à 6 mois, mais elle a seulement reçu son permis de travail en juillet 2021, 15 mois plus tard. Je ne pensais pas du tout que cela prendrait autant de temps.

Puis, en raison d'un problème temporaire sur le site Web de l'Ordre des infirmières et infirmiers de l'Ontario (OIIO), elle n'a pas pu soumettre sa demande d'inscription en tant qu'infirmière praticienne en Ontario avant la fin du mois d'août.

C'est vraiment frustrant de savoir que j'ai des compétences qui pourraient être utilisées ici à Thunder Bay, surtout avec la pénurie de personnel dans les soins de santé, et que je suis là, à la maison à ne rien faire.

Une citation de :Christy Tashjian, infirmière praticienne

Mme Tashjian attend l'arrivée au Canada de certains documents en provenance des États-Unis.

Elle attend également que l'OIIO traite ces informations avant de lui faire savoir si elle possède les qualifications requises pour travailler en tant qu'infirmière praticienne ou si elle doit suivre une formation supplémentaire.

Un appel à l’action d’un syndicat et d’une association professionnelle

Vicki McKenna, présidente de l’Association des infirmières et infirmiers de l’Ontario, raconte qu’elle entend souvent des histoires comme celle de Christy Tashjian.

Vicki McKenna assise dans un parc.

La pénurie d'infirmières continue de s'accentuer, selon Vicki McKenna, présidente de l'Association des infirmières et infirmiers de l'Ontario

Photo : CBC/Ousama Farag

Nous sommes désespérés. Nous avons besoin de personnes dans le système et nous en avons besoin aussi rapidement que possible , a déclaré Mme McKenna à CBC News. C'est une main-d'œuvre que nous devons soutenir.

Nous constatons des taux de postes vacants de 18 à 20 % dans nos hôpitaux. Cela équivaut à des centaines voire des milliers de postes vacants. Nous sommes confrontés à la pire pénurie de personnel infirmier de toute ma carrière, et je travaille dans ce domaine depuis plusieurs décennies.

Une citation de :Vicki McKenna, présidente de l’Association des infirmières et infirmiers de l’Ontario

Cette même sonnette d'alarme a été tirée à maintes reprises par Doris Grinspun, directrice générale de l'Association des infirmières et infirmiers autorisés de l'Ontario.

C'en est assez. Premièrement, nous sommes dans une situation de crise terrible. Deuxièmement, si nous ne réglons pas le problème, les infirmières iront aux États-Unis , martèle Mme Grinspun. Le processus est trop lourd.

Doris Grinspun lors d'une entrevue en vidéoconférence.

Doris Grinspun croit que le temps d'attente pour la certification des infirmières est un préjudice pour les Ontariens, pour les nouveaux arrivants et pour la profession.

Photo : CBC

Les deux organisations demandent au gouvernement fédéral, qui est responsable de la délivrance des permis de travail, d'accélérer le processus pour ceux souhaitant travailler dans le secteur de la santé.

Mmes McKenna et Grinspun demandent aussi à l’OIIO d'optimiser les démarches pour l’obtention de la certification.

Ayant traversé tout ce processus d'attente, Mme Tashjian suggère à l’OIIO d’informer les candidates des cours dont elle pourrait avoir besoin dès le dépôt de la demande de certification.

Je n'ai peut-être pas les cours ou les qualifications exactes dont j'ai besoin pour travailler en Ontario. Sachant cela à l'avance, j'aurais pu suivre les cours dont je pourrais avoir besoin pendant que j'attends.

Une citation de :Christy Tashjian, infirmière praticienne

La plupart des fournisseurs de soins de santé font ce travail en voulant aider, ajoute Mme Tashjian. Quand nous ne sommes pas en mesure de le faire, c'est un peu déshumanisant et cela m'a donné l'impression d'être piégée.

Promesses d’améliorations

Dans une déclaration envoyée par courriel, un porte-parole d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) indique que la pandémie mondiale a affecté les délais de traitement.

Jeffrey MacDonald explique que le ministère a accordé la priorité aux demandes des travailleurs exerçant des professions essentielles, comme les soins de santé.

Il ajoute cependant que les demandeurs doivent avoir reçu une offre d'emploi valide pour être admissibles à ce traitement prioritaire.

IRCC affirme se diriger vers un environnement de travail modernisé pour aider à accélérer le processus.

De son côté, l’Ordre des infirmières et infirmiers de l’Ontario a décliné une demande d’entrevue et a également fourni une réponse par courriel.

L'OIIO affirme s'efforcer d'améliorer le processus de demande, mais souligne que la COVID-19 a eu un impact sur certains candidats, notamment en rendant plus difficile l'accès aux documents nécessaires à l'inscription.

L'extérieur des bureaux de l'Ordre des infirmières et infirmiers de l'Ontario.

L'Ordre des infirmières et infirmiers de l'Ontario est responsable de certifier ceux qui veulent exercer cette profession dans la province.

Photo : CBC/Megan Fitzpatrick

Entre janvier et août 2021, l'OIIO a certifié 2259 infirmières et infirmiers formés à l'étranger, soit quelques dizaines de plus que le nombre total pour toute l'année 2020.

L’OIIO admet que le processus d'inscription pouvait encore prendre de 3 à 18 mois, et n'a pas été en mesure de fournir le nombre total de candidats qui attendent toujours d'être certifiés pour travailler dans la province.

Avec les informations de Logan Turner de CBC

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