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Postsecondaire en milieu minoritaire francophone : l’heure des états généraux

Vue de la façade des bureaux du Collège de l'île à Charlottetown en été.

Le Collège de l'Île de l'Île-du-Prince-Édouard fait partie des 22 collèges et universités francophones à l'extérieur du Québec.

Photo : Radio-Canada / Julien Lecacheur

Laurent Rigaux

L’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne et la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) ont lancé des états généraux sur l’avenir du postsecondaire en milieu minoritaire francophone. Durant six mois, ateliers et forums citoyens se succéderont, pour faire le point sur la situation et esquisser des pistes de solutions pour pérenniser l’éducation en français.

Il y a urgence à agir, lance Liane Roy. La présidente de la FCFA vante le lancement de ces états généraux.

Selon elle, c’est la première fois qu’une consultation communautaire de cette ampleur est organisée sur ce sujet, à l’échelle nationale. La FCFA, partenaire de l’initiative, est chargée d’organiser les six forums citoyens, pour sonder les communautés sur leurs attentes par rapport au postsecondaire en français.

Liane Roy insiste : l’utilité des établissements tels que le Collège de l’Île ne se limite pas à l’éducation. Ce sont des milieux de vie en français, des pôles d’attraction pour les immigrants francophones qui veulent venir étudier et vivre dans nos provinces et territoires.

C’est à nos communautés de les attirer et de les intégrer.

Une citation de :Liane Roy, présidente de la FCFA

Les états généraux doivent aboutir à la production d’un rapport, qui devrait être publié mi-2022, afin de s’assurer de l’appui d’Ottawa au moment où les données du recensement 2021 seront connues.

Beaucoup de programmes ont été coupés, regrette de son côté Donald DesRoches, le président du Collège de l’Île, en référence à la situation en Ontario ou en Alberta.

Dans ces établissements bilingues, il y a souvent des difficultés à se faire comprendre par la haute gestion en ce qui concerne les dossiers des francophones. Il y a aussi des problèmes chroniques de sous-financement, explique-t-il, comparant les modèles de financement du Collège de l’Île et du Holland College.

Souvent, les gouvernements provinciaux se reposent sur le financement du fédéral, cette réalité-là perdure depuis très longtemps, dit-il.

Je suis au collège depuis 10 ans et il n’y a pas eu d’augmentation de la contribution du gouvernement fédéral. Cela ne nous permet pas de poursuivre notre développement.

Une citation de :Donald DesRoches, président du Collège de l’Île

Pour Liane Roy, si l’implication du fédéral est inévitable, cela ne suffit pas. Les communautés doivent aussi préciser ce qu’elles attendent.

Oui, on a besoin d’argent, mais qu’est ce qu’on va faire avec cet argent-là? Comment peut-on mieux répondre aux besoins de la communauté, être en meilleure adéquation avec les besoins du marché pour diminuer cette pénurie de main-d’œuvre, questionne-t-elle.

La responsable espère que les états généraux déboucheront sur des solutions innovantes, cohérentes, pérennes et systémiques.

Pour la FCFA, l’amélioration de la situation passe aussi par la modernisation de la Loi sur les langues officielles. Sur son site Internet, l’organisme propose d’y inclure un principe d’accès universel des Canadiens et des Canadiennes à l’apprentissage de leur deuxième langue officielle, et l’obligation pour Ottawa de travailler avec les provinces et territoires pour accroître l’offre.

Il faut une bonne relation entre les communautés, le fédéral et les gouvernements provinciaux, estime Liane Roy. Et pour les situations où ça bloque, la bonne relation doit s’accompagner selon elle d’obligations, de clauses linguistiques, et d’exigence de consultation de la communauté. Pour s’assurer que l’argent qui est mis à la disposition des communautés va là où il doit aller, insiste-t-elle.

Avec les informations de Denis Duchesne et Laurent Rigaux.

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