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Avec un mandat minoritaire, Trudeau a « un genou à terre », selon Blanchet

Le premier ministre ne doit pas s'aviser de recourir au « chantage à l'élection », prévient le chef du Bloc québécois.

Gros plan sur le chef du Bloc québécois, qui porte des lunettes.

Au scrutin fédéral, le Bloc québécois a fait élire 33 députés, soit moins que les 40 élus auxquels « rêvait » Yves-François Blanchet.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

À nouveau à la tête d'un gouvernement minoritaire, le premier ministre Justin Trudeau n'a pas la légitimité d'imposer sa vision aux provinces, martèle le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet.

Avant l’élection, Justin Trudeau essayait de mettre les provinces à genou. Après l’élection, les provinces se lèvent; Justin Trudeau a un genou à terre, a déclaré M. Blanchet après s'être adressé aux membres de son parti réunis en caucus, lundi, à Saint-Sauveur.

C'est ainsi que le chef du Bloc québécois entrevoit les relations entre le fédéral et les provinces, dans un Canada qui a redonné aux libéraux un mandat minoritaire. Pour Yves François-Blanchet, le message est on ne peut plus clair : la politique de centralisation de M. Trudeau n'a pas lieu d'être.

S'il en avait l'intuition pendant la campagne électorale, le chef bloquiste est désormais convaincu qu'il lui faudra s'attaquer de plein front à ce qu'il qualifie d'obstination malveillante du fédéral à vouloir faire chanter les provinces.

La pression pour M. Trudeau – qui n’a surtout pas le mandat de poursuivre sa politique de centralisation – sera immense.

Une citation de :Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

Le chef du Bloc québécois a réitéré son appel à la tenue d'un sommet, à court terme, entre le premier ministre Trudeau et ses homologues provinciaux. La question des transferts en santé, que le Conseil de la fédération aimerait voir augmenter de 28 milliards de dollars dans les plus brefs délais, doit encore être résolue.

Bien qu'il soit resté vague à ce sujet pendant la campagne électorale, M. Trudeau a déjà indiqué que les investissements fédéraux en la matière seraient assortis de conditions. Ce qu'a de nouveau rejeté le chef du Bloc québécois, lundi.

Il n'a pas le mandat d'imposer les conditions, a-t-il tranché. La job, elle est relativement simple : calcule, signe, envoie le chèque.

Ce n'est pas qu'avec les provinces que le gouvernement Trudeau devra trouver un terrain d'entente, a rappelé M. Blanchet. Avec 159 sièges, soit deux de plus qu'aux élections de 2019, les libéraux n'ont pas la majorité nécessaire pour gouverner sans l'appui des autres partis aux Communes.

Il est du devoir seul du premier ministre [...] de toujours trouver un partenaire pour faire voter les choses comme il le voudrait, sinon de négocier, de les améliorer, avant de les faire adopter, a souligné le chef bloquiste.

Le chantage à l’élection ne doit plus avoir cours, surtout pas de la part du gouvernement. Et dans cet esprit-là, le Bloc sera un intransigeant collaborateur, a-t-il ajouté.

En pleine campagne électorale, M. Trudeau avait laissé entendre qu'un gouvernement minoritaire risquait de replonger le pays en élections au bout de 18 mois.

Le 20 septembre, le Bloc québécois a réussi à faire élire 33 députés, soit un de plus qu'aux précédentes élections. Avant le scrutin, Yves-François Blanchet avait indiqué qu'il « rêvait » d'augmenter sa députation à 40 élus.

Une main tendue aux provinces

Le chef bloquiste a répété que la question que lui a posée la modératrice du débat en anglais Shachi Kurl, qui a fait grand bruit, a révélé « l'écart » qui sépare la nation québécoise des autres provinces, et le regard qu'elles se portent mutuellement.

Avec toute la sincérité du monde, moi, je tends la main, a-t-il lancé lundi. M. Blanchet s'est dit prêt à parcourir le Canada pour présenter sa vision du Québec et du respect de ses compétences.

Je suis intéressé à le faire parce que le bien des deux nations en dépend, a-t-il poursuivi, en faisant ainsi référence aux nations canadienne et québécoise.

Dans une lettre publiée samedi dans le Journal de Montréal – une réponse à celle de Mme Kurl dans le Globe and Mail –, M. Blanchet déplorait l'existence d'une perception peu documentée, mais largement répandue, que les Québécois sont différents, oui, mais par la négative.

Dans le prélude de sa question, Mme Kurl qualifiait de discriminatoires la Loi sur la laïcité de l'État et la Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français, que défend M. Blanchet.

Jamais je ne tolérerai qu’on manque de respect aux Québécois, a réaffirmé le chef bloquiste, lundi.

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