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Violences sexuelles et conjugales : Québec élargit l’offre de consultations gratuites

Simon Jolin-Barrette en conférence de presse.

Le ministre de la Justice du Québec, Simon Jolin-Barrette.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Maud Cucchi

Québec poursuit ses efforts pour épauler les victimes de violences sexuelles et conjugales. De nouvelles consultations d'une durée de quatre heures, accessibles gratuitement et sans limites de revenus, s'ajoutent désormais aux services d'aide juridique de la province, a annoncé lundi le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette.

Supposons que vous êtes victime de violence conjugale, vous voulez savoir ce qui arrive avec la maison, quelle est l'étendue de vos droits, ce qui arrive avec les enfants aussi, a donné en exemple le ministre.

Pension alimentaire, aide sociale, hébergement d'urgence, garde d'enfants... Les consultations offertes aux victimes permettront de les aiguiller, en fonction de leurs besoins, vers les différents services d'aide compétents.

Ce nouveau service offrira de l'information sur un éventail de sujets juridiques avec 12 avocats dotés de plusieurs années de pratique, a souligné le ministre. Il n'exclut pas d'y ajouter des ressources en fonction de la demande, l'objectif étant de démystifier le système de justice.

Alors que le jargon juridique, la lourdeur des procédures, autant que la charge émotionnelle et l'investissement financier dissuadent bien souvent les victimes de réclamer justice, M. Jolin-Barrette continue de défendre un changement de culture au sein du système.

Ces nouvelles mesures, avec un investissement annuel de 3 millions de dollars, sont présentées deux semaines après le dépôt officiel d'un projet de loi pour un tribunal spécialisé en matière d'agressions sexuelles et de violence conjugale.

Quand on est une personne victime, on cherche de l'aide et déjà d'appeler, c'est quelque chose en soi, alors on veut avoir une équipe d'avocats disponibles pour répondre à tous les types de questions.

Une citation de :Simon Jolin-Barrette, ministre de la Justice

Saluée par les associations d'aide aux victimes, l'initiative reste toutefois limitée, prévient le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale. Les quatre heures octroyées gratuitement risquent d'être insuffisantes pour traiter des dossiers complexes, anticipe-t-il.

Nouvelle entente avec Juripop

Les victimes qui choisiraient ensuite de poursuivre leur action en justice pourraient se tourner vers la clinique d'aide Juripop pour un accompagnement gratuit sous certaines conditions et selon les disponibilités, a précisé sa directrice générale, Sophie Gagnon.

Le projet pilote de la clinique, annoncé en décembre 2019, a d'ailleurs été dépassé par son succès au moment de la vague de dénonciations d'agressions à caractère sexuel dans le milieu artistique et le paysage médiatique québécois.

En conférence de presse, lundi, le gouvernement a également annoncé qu'il renforçait son partenariat avec Juripop jusqu'en 2024, dans le but notamment d'accompagner 125 victimes qui portent plainte et de documenter les obstacles qu'elles rencontrent.

L'objectif in fine est de proposer des solutions d'amélioration du système judiciaire.

Ce nouveau mandat nous permettra de trouver et de tester des solutions créatives qui amélioreront le parcours des personnes victimes et des survivants à travers l’entièreté du système de justice, a expliqué Me Sophie Gagnon.

Sophie Gagnon, directrice générale de Juripop.

Sophie Gagnon, directrice générale de Juripop

Photo : Radio-Canada

Juripop a également reçu le mandat d'établir un répertoire des avocats spécialisés en violences sexuelles et conjugales pour le public. Ce sera une banque accessible gratuitement, au Québec, pour mettre en lien des juristes sensibles, accessibles, formés à leur réalité, a précisé Me Gagnon.

La clinique juridique va également proposer des formations destinées au personnel juridique en matière de violences sexuelles et conjugales, dans le but notamment de bonifier ce répertoire.

C'est un mandat qui est ambitieux, courageux, mais qui est vraiment nécessaire.

Une citation de :Me Sophie Gagnon, directrice générale de Juripop

Depuis la création du projet pilote en 2020, Juripop a répondu à plus de 1500 appels de victimes de violence conjugale et de leurs proches. La clinique juridique a également accompagné près de 1000 victimes dans leurs démarches judiciaires.

Sensibilisation auprès des jeunes

Un atelier d'information et de prévention sur la violence conjugale verra le jour dans deux écoles secondaires privées de Saint-Hyacinthe, a annoncé la députée Chantal Soucy dans la foulée de la conférence de presse provinciale.

Créés par la Clé sur la porte, une maison d’hébergement pour les femmes victimes, en partenariat avec la Sûreté du Québec, les Couloirs de la violence amoureuse proposeront ainsi des ateliers de prévention auprès de quelque 700 élèves, et ce, pendant 10 jours.

Les jeunes sont brillants, mais il faut leur offrir les outils nécessaires pour devenir des adultes responsables, a déclaré Mme Soucy, qui est aussi présidente du Cercle des femmes parlementaires du Québec.

En conclusion, le communiqué mentionne que l'atelier été proposé à toutes les écoles secondaires de Saint-Hyacinthe, mais que seules les deux écoles privées ont accepté d’y participer.

Besoin d'aide?

  • Vous pouvez contacter le CAVAC au 1 866 532-2822.
  • Vous pouvez aussi contacter le regroupement des CALACS au 514 529-5252, dans la région de Montréal, ou au 1 877 717-5252 à l'extérieur de la métropole.
  • Vous pouvez contacter 1 833 REBÂTIR (1 833 732-2847). La ligne téléphonique est ouverte de 8 h 30 à 16 h 30 du lundi au vendredi.

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