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Un logement insalubre pour une famille réfugiée à Fredericton

Peluches dans un coin, le mur est couvert de moisissures.

Les Hamisi ont bien tenté de trouver un autre logement avec l'aide de l'Association multiculturelle de Fredericton, mais sans succès.

Photo : CBC/Maria Jose Burgos

Radio-Canada

À peine sortis d'un camp de réfugiés, une famille d'immigrants a été obligée de vivre pendant des mois dans un logement insalubre à Fredericton.

Hamadi Hamisi, sa femme Fatuma Mohamed et leurs cinq enfants ont vécu pendant une décennie dans un camp de réfugiés au Kenya. Somaliens d’origine, ils arrivent en janvier à Fredericton en tant que réfugiés.

Hamadi Hamisi marche vers son logement.

Hamadi Hamisi et sa famille sont arrivés à Fredericton en janvier 2021, mais ont été forcés de s'installer dans un logement rempli de moisissures.

Photo : CBC/Maria Jose Burgos

Ils logent alors temporairement dans une maison fournie par l’Association multiculturelle de Fredericton (AMF). L’organisme gère le programme de réinstallation dans la ville.

Un agent du programme les avise rapidement que trouver un appartement dans la capitale néo-brunswickoise pourrait s’avérer difficile en raison de la crise du logement. Il les dirige vers un sous-sol de la rue Grandame en leur indiquant que s’ils ne prenaient pas ce logement, ils devraient en dénicher un par leurs propres moyens.

Cela fait à peine deux moi que les Hamisi sont arrivés au Canada. Le couple, qui ne parle pas anglais, accepte de signer le bail de 2000 $ par mois, avec la promesse que le propriétaire y ferait des rénovations.

Des moisissures apparaissent

Peu de temps après avoir emménagé, l’appartement est inondé. De l'eau commence à couler le long des murs. Le tapis, les lits et leurs vêtements sont imbibés d’eau.

Rapidement, les moisissures apparaissent. L’épouse de M. Hamisi a des difficultés respiratoires et doit être emmenée à l’hôpital à quatre reprises. Leurs enfants se plaignent de migraines et perdent l’appétit, raconte leur père.

Une fenêtre recouverte d'un carton. Deux lits et un mur sale.

La fenêtre du sous-sol était brisée, ce qui a causé une infiltration d'eau.

Photo : CBC/Maria Jose Burgos

En avril, Hamadi Hamisi appelle un gestionnaire de cas de l’AMF pour obtenir de l’aide. 

Ce n’est que cinq mois plus tard que la famille est relogée dans une maison désignée par l’AMF pour accueillir les nouveaux arrivants. La famille a pu réintégrer l'appartement lundi après la fin des travaux.

Ljiljana Kalaba, directrice des services d’installation des adultes à l’AMF, indique que le propriétaire du logement, Brennan Farris, a été contacté. 

Ce dernier a payé pour loger la famille à l’hôtel pendant une semaine. Il a expliqué avoir voulu réparer une fuite avec du silicone, mais ignorait à quel point la moisissure était répandue. Selon lui, l’organisme l’a contacté à huit reprises après le déménagement de la famille Hamisi. Il n’a pas pu expliquer pourquoi il aura fallu cinq mois avant d’effectuer les réparations.

L’Association multiculturelle de Fredericton reçoit du financement du Programme d’aide à la réinstallation du gouvernement fédéral. 

L’organisme aide les nouveaux arrivants à trouver un logement. Normalement, des agents visitent les logements avant de les proposer aux nouveaux arrivants, mais cela a été plus difficile depuis la pandémie, explique Mme Kalaba.

La décision d’accepter de vivre dans un logement revient à la famille et non aux agents, précise-t-elle. Si un endroit n’est pas convenable, nous ne le montrerons pas aux clients.

Mais Mme Kalaba admet que les immigrants subissent des pressions à signer un bail. Ils ont besoin d’une adresse pour avoir accès à de nombreux programmes, dont l’assurance-maladie.

Une situation trop fréquente

Selon Yusuf Shire, qui milite en faveur des droits des nouveaux arrivants, la situation de la famille Hamisi n’est pas un cas isolé. 

Celui qui est également président de l’Association africaine du Nouveau-Brunswick, souligne que les immigrants sont souvent placés devant des choix difficiles.

Il explique que l’AMF peut parfois offrir deux choix de logement, mais que si les deux endroits ne sont pas convenables, les familles n’ont pas vraiment de bonnes options à considérer.

Il se demande pourquoi la province et la Ville de Fredericton acceptent de recevoir des gens qu’ils peinent à loger dans des appartements convenables.

Il déplore aussi le manque de suivis faits auprès de ces familles dans les mois qui suivent leur arrivée.

M. Shire pense qu’en raison du manque d’encadrement et de la crise du logement, beaucoup de migrants quittent la ville et choisissent de s’établir ailleurs au pays.

Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada a accordé 4 millions de dollars en 2019-2020 à l’AMF pour la gestion de ses programmes. Le ministère indique que les personnes qui connaissent des problèmes devraient s’adresser à leur agence de réinstallation.

Selon l’association, 140 personnes avec un statut de réfugié sont arrivées à Fredericton au cours de l’année 2019-2020 et il est estimé qu'un nombre similaire sera enregistré pour l'année en cours.

D'après un reportage de Maria Jose Burgos de CBC

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