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Mesurer le bruit des navires pour le réduire

Une bouée attachée à un bateau.

Grâce à cette bouée, des données concernant le bruit des navires sont envoyées presque de façon simultanée vers les chercheurs de l'UQAR.

Photo : UQAR/Charles Massicotte

Une station de recherche sous-marine a récemment été installée dans le Saint-Laurent par des chercheurs de l'Institut des sciences de la mer de Rimouski (ISMER) afin de mesurer l'empreinte acoustique des navires qui y circulent.

Alors que le trafic maritime mondial a triplé depuis les années 50, les chercheurs veulent mesurer et analyser le bruit généré par les bateaux dans le but de le réduire.

Carte montrant une zone jaune passant entre la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve, puis au sud d'Anticosti et dans l'estuaire jusqu'à Rivière-du-Loup environ.

Selon cette carte réalisée par les chercheurs de l'ISMER, les zones en jaune sont celles où les bruits du trafic maritime risquent le plus de masquer les vocalisations des mammifères marins.

Photo : ISMER-UQAR

Le bruit est une nuisance pour plusieurs organismes marins, spécialement les mammifères marins, explique le directeur de l'ISMER-UQAR, Guillaume St-Onge. Ça peut empêcher les individus de communiquer, ça peut rendre la localisation des proies plus difficile. Si le bruit est très fort, ça peut même avoir des effets physiologiques.

C'est pourquoi une station scientifique qui envoie des données presque en temps réel a été déployée à 350 mètres de profondeur au large de Rimouski.

Un navire déposant des équipements dans la mer.

Le déploiement en mer a été fait à l'aide du navire scientifique Coriolis II.

Photo : UQAR/Éric Perreault

Cette station permet de mesurer l'empreinte sonore des bateaux grâce à des hydrophones placés en mer, mais également grâce à des équipements installés à bord même des navires.

À l'intérieur des navires on enregistre, on essaie de déterminer d'où vient le bruit et ensuite le navire passe dans notre station, on écoute le bruit à l'aide d'hydrophones. Comme ça on est capables de comprendre d'où vient le bruit et on est capables de travailler avec les armateurs pour le réduire, indique M. St-Onge.

Cylindres en métal avec des antennes.

C'est grâce à ces appareils, les hydrophones, que le bruit des navires sera mesuré.

Photo : UQAR/Charles Massicotte

Quatre armateurs participent d'ailleurs au projet, soit Fednav, Groupe CSL, Desgagnés et Algoma. À ces partenaires s'ajoute également le centre de recherche appliquée Innovation maritime – qui s'occupe principalement du monitorage à l'intérieur des navires – et les entreprises rimouskoises OpDAQ Systèmes et Multi-Électronique.

Le projet de recherche doit se poursuivre jusqu'au printemps 2024. D'ici là, les chercheurs espèrent récolter entre 150 et 250 signatures acoustiques par année. À terme, ils comptent proposer des solutions concrètes aux armateurs afin de réduire la pollution sonore dans le Saint-Laurent.

Équipements sur un navire.

La station de recherche acoustique a été déployée en juillet et est située à 350 m de profondeur au large de Rimouski.

Photo : UQAR/Charles Massicotte

Il y a différents types de navires, différentes grosseurs de navires. Les navires des fois vont être pleins, des fois moins remplis, donc c'est vraiment de comprendre quel type de navire fait quel type de bruit et dans quels types de conditions, précise M. St-Onge.

Le projet de recherche est évalué à 6 millions de dollars et est financé notamment par Transports Canada et le ministère québécois de l’Économie et de l’Innovation.

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