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La capitale canadienne de l’automobile durement frappée par la pénurie de semi-conducteurs

La chaîne de montage de la Chrysler Pacifica à l'usine Fiat-Chrysler à Windsor.

Des travailleurs de l'usine Stellantis à Windsor (archives)

Photo : Radio-Canada / Édith Drouin

Radio-Canada

Habituellement, J. P. LeFave travaille comme conducteur de chariot élévateur à l'usine Syncreon, qui assure la distribution de pièces à l'usine d'assemblage de Stellantis de Windsor.

Mais l’usine est fermée depuis plusieurs semaines en raison de la pénurie mondiale de semi-conducteurs, des composants électroniques qui sont utilisés dans de nombreuses industries comme l'automobile, l'informatique ou encore les jeux vidéo.

Depuis le début de l’année, celle-ci n'a d'ailleurs produit des minifourgonnettes que pendant 12 semaines.

En attendant, J. P. LeFave, chef de famille monoparentale, est au chômage technique et ses allocations doivent expirer en décembre.

Les factures sont payées, mais il n'y a pas grand-chose à la fin, une fois [qu'elles le sont], confie-t-il.

M. LeFave est l’une des nombreuses victimes de cette pénurie dans la région.

En août, Windsor affichait d’ailleurs un taux de chômage de 10,6 %, trois points au-dessus de la moyenne provinciale et l'un des plus élevés au pays.

Dans la région de Windsor, nous avons généralement entre 40 000 et 41 000 emplois dans le secteur manufacturier. Cela comprend les emplois à temps plein et à temps partiel. Cette année, nous sommes à environ 33 200 emplois dans [ce] secteur, indique Justin Falconer, PDG de Workforce WindsorEssex.

L'usine de Stellantis doit toutefois rouvrir cette semaine.

Un stationnement d'un vendeur de voitures au trois quarts vide.

En temps normal, le stationnement de ce concessionnaire de Windsor est rempli de véhicules.

Photo : CBC/Darrin Di Carlo

Des inventaires au plus bas

Les concessionnaires automobiles sont aussi directement concernés par cette pénurie. Il est d'ailleurs devenu assez rare de voir des véhicules neufs arriver chez un concessionnaire ces temps-ci dans la région de Windsor.

Notre inventaire a été réduit à environ 30 %, indique Moe Hazime, directeur des ventes pour Performance Ford, qui s’estime toutefois chanceux étant donné la situation.

Selon Greg Layson, producteur numérique pour Automotive News Canada, un grand nombre de concessionnaires sont à court de stocks de véhicules.

Je ne nommerai pas celle que j'ai vue, mais il y a une marque particulière qui a quatre véhicules devant son magasin en ce moment qui ne sont pas fabriqués par ce constructeur automobile. Ce sont des véhicules d'occasion, raconte-t-il.

Selon lui, les constructeurs automobiles nord-américains ont été les plus durement touchés, mais des compagnies japonaises sont sur le point de ressentir les effets de cette pénurie.

Honda et Toyota vont réduire leur production ici à l'automne. Lorsqu'ils arrêtent la production, il s'écoule généralement un mois à un mois et demi avant que les concessionnaires ne soient réellement touchés. Par conséquent, si un concessionnaire n'a rien sur son terrain en ce moment et que la production s'arrête, il faudra beaucoup de temps pour le réapprovisionner, explique M. Layson.

Gros plan sur une puce électronique.

Les semi-conducteurs sont utilisés dans différents secteurs, notamment dans l'industrie automobile, mais aussi dans les appareils électroniques.

Photo : Getty Images / Justin Sullivan

Produire les puces localement

Pour Emil Nabbout, président de la section locale 195 d'Unifor, qui représente les travailleurs de Syncreon et de 20 autres fournisseurs, le gouvernement fédéral doit travailler avec une entreprise privée pour créer une installation de production de micropuces à Windsor afin de ne plus dépendre des importations.

Une avenue loin d'être à privilégier, selon Greg Layson.

Cela pourrait prendre des années pour obtenir des usines de micropuces très coûteuses, très détaillées et très complexes. Il est donc impossible d'en mettre une sur pied pour résoudre ce problème, explique l'expert, qui s'attend à ce que la pénurie se poursuive jusqu'au milieu de l'année prochaine.

Entre-temps, les responsables d'Unifor travaillent avec les députés locaux pour obtenir du gouvernement fédéral qu'il prolonge les prestations de chômage.

Des travailleurs ont du mal à accumuler suffisamment de semaines de travail pour avoir droit aux prestations, note Emile Nabbout qui ajoute que certains fournisseurs peinent aussi à se maintenir à flot.

Avec des informations de CBC

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