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Du plastique industriel se déverse dans les Grands Lacs, préviennent des experts

La pollution plastique devient un problème croissant dans les Grands Lacs, en particulier près des villes achalandées et des industries très fréquentées.

Des déchets trouvés dans le lac sur une table.

Des chercheurs de l'Université de Toronto analysent les déchets collectés par des poubelles flottantes dans le lac Ontario pour déterminer ce qui se retrouve dans l'eau.

Photo : Radio-Canada / Inayat Singh

Radio-Canada

Alors que les Torontois affluaient au bord du lac Ontario pour nager, pagayer et échapper à l'isolement de la pandémie, des étudiants de l'Université de Toronto jetaient à l'eau des poubelles flottantes munies de traceurs GPS.

L'objectif de l'équipe de recherche est de suivre les déchets qui se retrouvent dans le lac, de déterminer où ils s'accumulent dans l'eau et d'où ils proviennent.

Comment fonctionnent les poubelles flottantes?

De gros récipients de plastique équipés d’une passoire sont installés sur une plateforme flottante pour être à peine au-dessus du niveau de l’eau. L’eau est ensuite pompée à l’intérieur et tous les débris flottants sont interceptés et gardés captifs.

Ces dispositifs de captation des déchets de plastique sont vidés quotidiennement et les débris qui y sont collectés sont examinés pour découvrir quels types de déchets se trouvent dans le lac.

Les déchets comprennent des produits à usage unique comme les contenants à emporter et les emballages en plastique transparent, mais ils incluent également des pastilles plastiques.

Chelsea Rochman tient une poubelle flottante dans sa main.

La professeure adjointe à l'Université de Toronto, Chelsea Rochman, et son équipe ont analysé les déchets plastiques trouvés dans le port de Toronto.

Photo : Radio-Canada / Inayat Singh

Ce sont de minuscules granulés qui sont ensuite fondues en plastique et transformées en différents produits, explique Chelsea Rochman.

Ils ont un aspect très distinct, nous pouvons donc les retracer. Nous travaillons maintenant avec l'industrie [concernée] pour nous assurer que ces granulés de plastique soient capturées à la source et qu'elles ne se déversent pas dans le lac, ajoute-t-elle.

On estime que 10 000 tonnes de déchets plastiques pénètrent dans les Grands Lacs chaque année, menaçant l'un des plus grands réservoirs d'eau douce de la planète qui fait vivre près de 50 millions de personnes au Canada et aux États-Unis.

L'industrie des plastiques affirme qu'elle s'attaque au problème par le biais d'initiatives, mais les défenseurs de l'environnement estiment qu'il y a un manque de réglementations gouvernementales pour lutter contre ce type de pollution.

Initiative de l'industrie pour nettoyer le plastique

L'année dernière, l'équipe de Chelsea Rochman a collecté environ 85 000 morceaux de microplastiques, en plus de plus gros morceaux de plastique dans le port de Toronto.

Environ 13 % des microplastiques trouvés étaient des pastilles de préproduction d’origine industrielle.

Une poubelle flottante dans le lac.

Une poubelle flottante (seabin), placée dans l'eau du port de Toronto, aspire les déchets.

Photo : Radio-Canada / Inayat Singh

Le programme de recherche fait partie du plus grand nettoyage des plastiques des Grands Lacs, soutenu par diverses agences gouvernementales et organisations privées.

Des poubelles flottantes sont maintenant installés dans les marinas de la région des Grands Lacs pour lutter contre le problème.

Une poubelle flottante (seabin) coûte environ 6500 dollars, pour une durée de vie de 20 à 30 ans.

L'Association de l'industrie chimique du Canada représente environ 75 entreprises de plastique.

L'année dernière, elle a adhéré à un programme mondial (Operation Clean Sweep) visant à empêcher que les matières plastiques provenant d'opérations industrielles ne se retrouvent dans les lacs et les rivières.

Nous travaillons avec nos membres pour nous assurer qu'ils mettent en place la technologie, les politiques et les pratiques [nécessaires] afin de garantir que ces granulés de plastique ne se retrouvent pas dans l'environnement, affirme la vice-présidente de la division des plastiques de l'Association de l'industrie chimique du Canada, Elana Mantagaris.

L'initiative commence par une évaluation dans les installations de leurs membres, selon Elana Mantagaris, pour déterminer où les plastiques s'échappent. Les entreprises sont ensuite tenues de mettre en place des mesures ou des équipements pour capturer ce plastique.

Appels à l'intervention du gouvernement

Il est temps d'agir plus sérieusement, estime le directeur général pour l'Ontario et le Nord canadien à la Fondation David Suzuki, Yannick Beaudoin.

Nous savons d'où viennent les granulés de plastique de préproduction. [...] Il n'y a aucune vraie excuse pour que [cette pollution] se produise en premier lieu, dit-il.

Le Canada a un objectif de zéro déchet de plastique d’ici 2030.

Yannick Beaudoin.

L'écologiste Yannick Beaudoin est le porte-parole de la Fondation David Suzuki.

Photo : Radio-Canada / Philippe de Montigny

Selon Yannick Beaudoin, même si les initiatives menées par l'industrie comme Operation Clean Sweep aident, elles ne règlent pas le problème. L'intervention du gouvernement ainsi que la pression des consommateurs sont nécessaires pour réduire la présence de ces plastiques dans le lac, estime l'expert.

Les granulés de plastique sont comme un déversement de pétrole. Ils en sont juste une version solide. Alors, pourquoi ne réagissons-nous pas de la même manière, lance-t-il.

En théorie, les gouvernements provinciaux ont plus de pouvoir sur la protection de l'environnement, mais M. Beaudoin affirme que l'application de la loi relative aux granulés de préproduction n'est tout simplement pas appliquée.

Le ministère de l'Environnement de l'Ontario n'a pas répondu à la demande d'entrevue de CBC News.

Avec des informations d'Inayat Singh de CBC News

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