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Envoyé spécial

Qui est Olaf Scholz, celui qui pourrait devenir chancelier d’Allemagne?

Si son parti de centre gauche réussit à former une coalition avec d’autres formations politiques, le candidat du SPD, qui a remporté de peu les élections législatives, a de bonnes chances de succéder à Angela Merkel, et de devenir chancelier allemand.

Olaf Scholz devant des partisans

Le chef des sociaux-démocrates, Olaf Scholz, pourrait bien remplacer Angela Merkel comme chancelier allemand.

Photo : Reuters / Hannibal Hanschke

BERLIN, Allemagne – « C’est un homme d’État, il est calme. »

Ce n’est pas le genre de commentaires que l’on entend souvent pour décrire l’engouement que suscite une personnalité politique.

Et pourtant, ce sont les mots utilisés par une électrice rencontrée il y a quelques semaines dans l’ouest de l'Allemagne pour décrire Olaf Scholz, le candidat du parti de centre gauche SPD.

Visible sur la scène politique nationale depuis la fin des années 1990, Olaf Scholz a occupé de nombreuses fonctions. Il a été successivement député, ministre du Travail et maire de Hambourg, la deuxième ville du pays.

Depuis mars 2018, les Allemands le connaissent mieux comme vice-chancelier et ministre des Finances dans la grande coalition qui dirige le pays et qui réunit le parti de centre droit d’Angela Merkel et le SPD de centre gauche.

Pendant la campagne, Angela Merkel a déclaré qu’il y avait d’énormes différences entre Olaf Sholz et elle.

Qu’à cela ne tienne, le candidat du parti adverse n’hésite pas à se présenter en digne successeur de celle qui a dirigé l’Allemagne pendant 16 ans. Sur des affiches de campagne d’Olaf Scholz, on pouvait ainsi lire il peut devenir chancelière. Dans un magazine, il est même apparu en plaçant ses mains devant lui en position de losange, un signe devenu une véritable marque de commerce d'Angela Merkel.

Gros plan sur les mains d'Angela Merkel placées en losange.

La chancelière allemande, Angela Merkel, au quartier général de son parti, dimanche soir, après le scrutin qui marque la fin de son règne de 16 ans.

Photo : Reuters / Kai Pfaffenbach

Selon Étienne Dubslaff, maître de conférence au Centre de recherches et d’études germaniques de l’Université Paul-Valéry Montpellier 3, malgré des divergences évidentes en matière de politique, un lien véritable existe sur la forme entre la chancelière de la CDU et le candidat du SPD, qui aspire à lui succéder.

Je pense qu’il a observé la manière qu’avait Angela Merkel de faire campagne avec le succès qu’on connaît depuis 16 ans, à savoir de ne pas être trop offensif, de ne pas être trop exposé.

Une citation de :Étienne Dubslaff, professeur, Université Paul-Valéry Montpellier 3

Si sa campagne a fait peu de vagues, le candidat a néanmoins fait l’objet de vives critiques de la part de ses adversaires pour des allégations d’entrave à la justice touchant l’unité du renseignement financier dans le ministère qu’il dirige.

À quelques semaines du vote, Olaf Scholz a même été appelé à répondre aux questions d’élus d’un comité parlementaire à propos de cette affaire.

À gauche, au centre? Place aux négociations

Au lendemain du vote, tant Armin Laschet de la CDU, le Parti conservateur, qu’Olaf Scholz, du SPD, affirment qu’ils tenteront de former une coalition et ainsi, devenir chancelier.

Avec cette légère avance du parti de centre gauche, qui dispose de 1,5 % des votes et d’une dizaine de sièges au Parlement de plus que son principal rival, Olaf Scholz semble en bonne position.

S’il parvient à la tête du gouvernement, faut-il s’attendre à un virage à gauche de la première économie d’Europe?

Je pense qu’il y aura certainement une continuité. Olaf Scholz n’est pas l’homme du grand soir, ce n’est pas un gauchiste invétéré, explique Étienne Dubslaff.

Ainsi, si sa formation politique propose cette année des mesures qui plaisent à l’électorat progressiste, notamment l’augmentation du salaire minimum à 12 euros l’heure, le candidat du SPD s’est aussi démarqué pendant sa longue carrière en défendant des mesures qui ont été critiquées à gauche.

Lorsqu’il était ministre du Travail, dans les années 2000, il a par exemple défendu l’idée d’augmenter progressivement l’âge de la retraite de 65 à 67 ans. Pendant la dernière campagne, il s’est toutefois opposé à une proposition visant à faire passer cette limite à 68 ans.

Mais la direction que prend le gouvernement allemand ne dépend pas d’une seule personne. Les différents partis appelés à former une coalition majoritaire au Bundestag, le Parlement, doivent s’entendre sur la rédaction d’un traité qui dictera les grandes lignes de gouvernance.

Selon le député fédéral du SPD, Nils Schmid, Olaf Scholz est particulièrement bien outillé pour négocier avec les représentants des autres formations politiques.

C’est un très bon négociateur, ce qui est très important tant au niveau national, parce qu’il y aura une coalition à former, qu’au niveau international.

Une citation de :Nils Schmid, député du SPD

L’élu donne ainsi l'exemple des tractations internationales visant à fixer un impôt minimum sur le revenu des entreprises auxquelles M. Scholz a participé en tant que ministre des Finances.

Compte tenu des résultats électoraux, des négociations assez compliquées s’annoncent. Le SPD voudra-t-il gouverner avec la CDU, le parti de Merkel, pour former une grande coalition semblable à celle qui était à la tête du pays ces dernières années? Ou souhaitera-t-il s’entendre avec les verts ou le parti libéral?

L’exercice pourrait prendre des semaines, voire des mois, comme ce fut le cas après les dernières élections fédérales. Ce sera le premier véritable défi de celui qui aspire à devenir le futur dirigeant allemand.

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