•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La fin d’un mandat parfois houleux pour la conseillère Mariannick Mercure

Mariannick Mercure assise à son siège de conseillère devant son ordinateur, qui parle au micro.

La conseillère municipale du district des Forges, Mariannick Mercure.

Photo : YouTube/Ville de Trois-Rivières

Radio-Canada

La conseillère du district des Forges, Mariannick Mercure, se retire de la vie politique, après quatre années à siéger au conseil municipal. Connue pour ses prises de position et déclarations publiques qui ont parfois semé la controverse, la conseillère a accordé une entrevue à la cheffe d’antenne du Téléjournal week-end, Sarah Désilets-Rousseau, pour faire le bilan de ses années en politique municipale.


Sarah Désilets-Rousseau (SDR) : Quand je pense à vous, je pense à deux qualificatifs, soit « intègre » et « polarisante ». Est-ce que ça a marqué vos quatre années en politique?

Mariannick Mercure (MM) : C’est sûr que oui et j’ai donné le ton en partant. Quand je me suis justement engagée à faire juste un mandat, c’est un peu vers ça que ça allait m’orienter et fondamentalement, je suis comme ça aussi. Mais c’est sûr qu’à partir du moment où on dit qu’on n’est pas là pour la réélection, qu'on est vraiment là pour les dossiers, pour autre chose finalement que nos intérêts personnels, bien c’est sûr qu’on s’enligne vers quelque chose comme ça, parce qu’on n’a rien à perdre. On ne veut pas faire plaisir un peu à tout le monde, ce qui est un peu le propre de la politique. Mais il y a des dossiers comme la sécurité routière, comme l’environnement où on ne pourra pas faire plaisir à tout le monde. Moi, ça m’a permis de m’en tenir à mes engagements et de foncer droit vers le but. Ça m’a beaucoup aidée de prendre cette décision-là en partant, de faire juste un mandat.


SDR : Est-ce que ça vous a tenté à un moment donné d'en faire un autre?

MM : Dans les semaines qui ont suivi [les élections municipales de 2017], je me suis rendu compte qu’on était majoritaire à vouloir de la sécurité routière, de l’environnement et à vouloir plus de transparence. Là, j’ai compris que je ne serais pas dans l’opposition. Ça a été très grisant les premiers mois après l’élection, quand on a renversé le budget. On n’avait pas de bureaux à l’hôtel de ville, alors on se réunissait au parc Champlain et on se faisait des petits meetings express et ça a fonctionné. On y est arrivé et on arrivait à faire changer les choses. À ce moment-là, au tout début, je me disais : Pourquoi je me suis engagée à faire seulement un mandat? C’est vraiment trippant. Mais je voulais quand même me ramener à me dire que mon but, ce n’est pas d’être réélue. C’est la plus belle job que j’ai faite de ma vie, la plus dure des fois aussi, mais certainement la plus forte en émotions et en empowerment, d’avoir l’impression de faire changer les choses.

Le budget 2018 de Trois-Rivières a été rejeté.

Le budget 2018 de Trois-Rivières a été rejeté. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Yoann Denece


SDR : Quel bilan faites-vous de votre mandat?

MM : Moi, dans ma campagne, je m’étais engagée à trois choses principales : le premier grand thème, c’était la sécurité routière. Je ne connaissais pas grand-chose en sécurité routière, mais il m’avait été imposé un peu par la population, parce que c’était vraiment de ça que les gens me parlaient tout de suite au début, avec mon porte-à-porte. Donc, la sécurité routière, j’allais en faire ma priorité principale.

Mariannick Mercure en entrevue à Radio-Canada.

La conseillère municipale du district des Forges, Mariannick Mercure, en entrevue à Radio-Canada, en août 2020. (Archives)

Photo : Radio-Canada


SDR : Il y a eu aussi la transparence. Ça, j’ai l’impression que c’est quelque chose aussi qui a marqué votre mandat.

MM : Ça a été le dossier le plus difficile. L’autre engagement que j’avais pris en campagne, c’était l’environnement. On a quand même réussi à faire des gains intéressants. Mais l’autre aspect qui vient aussi rejoindre ma fibre assez critique du système démocratique actuel, c’était d’améliorer les aspects démocratiques et de transparence de l’institution-Ville elle-même et c’est celui qui a été le plus difficile. Moi, ce que je demandais, c’est que les débats se fassent tous publiquement comme à l’Assemblée nationale. J’avais vu des choses à huis clos qui n’avait pas d’allure, des gens qui disaient l’inverse en public qu’à huis clos et ça m’avait choquée. Ça n’a pas passé et les gens ont refusé de faire ça. Donc, la conclusion à laquelle j’en viens, c’est que c’est le gouvernement provincial qui va devoir agir. J’ai quand même l’impression d’être allée au bout de ce que je pouvais faire dans ce dossier-là.


Mariannick Mercure et Yves Lévesque discutent

Lors de la marche pour le climat, en 2019, la conseillère municipale de Trois-Rivières Mariannick Mercure a apostrophé le candidat conservateur Yves Lévesque. (Archives)

Photo : Facebook

SDR : Revenons sur cette marche sur le climat qui s’est déroulée en 2019 où vous avez traité Yves Lévesque de criminel climatique. Est-ce que vous referiez ça différemment aujourd’hui avec le recul?

MM : Je suis assez impulsive comme personne, mais je ne suis pas une personne qui a beaucoup de regrets dans la vie. Donc, est-ce que je le regrette? Bien non. Ça a vraiment mis l’éclairage sur les aspects délinquants ou manquants du Parti conservateur et je le pense encore aujourd’hui. Autrement dit, je n’ai pas changé d’idée sur le fond, mais effectivement, c’est le contexte dans lequel on se retrouvait, avec le Parti conservateur qui se présentait à une manifestation pour demander aux dirigeants plus d’actions climatiques. Donc, c’était pour dénoncer. Est-ce que c’était la meilleure méthode? En tout cas, c’était ma méthode. Qu’on soit pour ou contre, ça a quand même semé une graine dans l’esprit des gens et c’est ce qui compte. Après, ce que les gens pensent de moi…


SDR : C’est quoi la suite pour vous? Si ça ne se passe pas en politique municipale, est-ce que vous pensez que ça se passe en politique ailleurs?

MM : Il ne faut jamais dire jamais! Mais peut-être quand ma fille sera adulte, elle a 5 ans, peut-être que je referai de la politique un jour. C’est là où j’en suis. J’en vois des gens qui s’en vont du conseil et qui ont plein de projets et qui repartent, mais moi, je ne suis pas là. Je suis fatiguée, mais je ne vais pas lâcher, j’ai encore des projets. Il nous reste [une séance du] conseil et je dépose encore des affaires importantes. Donc, c’est sûr que je ne lâche pas d’ici la fin du mandat, mais un coup le mandat fini, je vais avoir besoin de repos. Et pour la suite, j’ai eu plein d’offres. Je n’en ai signé aucune. Je ne sais pas vers où je vais m’en aller. Peut-être en communication, je ne sais pas. Un jour à la fois!

Les réponses et les questions de cette entrevue ont été raccourcies par souci de clarté.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !