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« Ce sont des détenus, pas des animaux »

Un homme souriant, tatoué et le crâne rasé, tient une pancarte pour dénoncer le traitement des détenus.

Harold Williams estime qu'il manque de ressources en prison à T.-N.-L. pour aider les détenus aux prises avec la maladie mentale ou des dépendances.

Photo : Radio-Canada / Danny Arsenault/CBC

Radio-Canada

Un homme a dénoncé le manque de ressources en prison pour les détenus aux prises avec des troubles de santé mentale et des dépendances.

Harold Williams a manifesté seul jeudi devant le pénitencier de Sa Majestéà Saint-Jean à Terre-Neuve-et-Labrador.

L'homme avait à la main une pancarte, sur laquelle il était écrit : Ce sont des détenus, pas des animaux.

Un agent correctionnel déambule dans un corridor du pénitencier.

Le pénitencier de Sa Majesté a été construit en 1859. Modernisée depuis, la prison provinciale comprend des sections à sécurité moyenne et des sections à sécurité maximale.

Photo : CBC

Des détenus en détresse

Harold Williams dit qu'il a lui-même passé du temps derrière les barreaux. Il souhaite attirer l'attention sur les ressources et les soins pour les détenus en milieu carcéral, qu'il juge inadéquats.

Je me sens investi d'un rôle, de parler pour ceux qui ne sont plus là pour se défendre eux-mêmes, confie Harold Williams. Il indique que c'est la mort récente de Greg Pike qui l'a poussé à manifester devant l'établissement.

Greg Pike a été trouvé inanimé dans sa cellule le 16 septembre. Il est mort à l'hôpital trois jours plus tard.

Ses proches affirment que le détenu a mis fin à ses jours, alors qu'il avait été laissé seul dans sa cellule, sans surveillance.

Le ministère de la Justice a promis une enquête approfondie.

Depuis 2017, au moins six détenus sont morts dans une prison provinciale à Terre-Neuve-et-Labrador, rapporte CBC, dont deux femmes au Centre correctionnel pour femmes à Clarenville en 2018.

En 2019, un homme de 33 ans détenu au pénitencier de Sa Majesté est mort avant de subir son procès pour meurtre. Sa mort a été attribuée à un homicide.

Dix agents correctionnels ont été arrêtés accusé relativement à cette affaire. Les accusations ont été retirées contre un des agents.

Le corridor d'une prison avec à gauche un gros plan sur les barreaux d'une cellule.

Depuis 2017, au moins six détenus sont morts dans une prison provinciale à Terre-Neuve-et-Labrador.

Photo : Radio-Canada

Des changements à venir, répond le ministère de la Justice

Selon Harold Williams, les détenus accros à la drogue ont peu de soutien offert au pénitencier. Il estime aussi que les agents correctionnels n'ont pas les ressources nécessaires pour intervenir auprès des détenus en détresse ou en crise.

Dans un courriel envoyé à CBC, une porte-parole du ministère de la Justice a précisé que le ministère procède à des changements pour traiter les problèmes de santé mentale et de dépendance, des questions complexes, en milieu carcéral.

D'après Danielle Barron, la régie de la santé de l'est devrait jouer un plus grand rôle dans les situations où des soins médicaux sont requis. Un rapport publié en 2019 par une surintendante de police à la retraite notait que la plupart des détenus avaient besoin de soins pour des problèmes de santé mentale ou de dépendance, sans recevoir d'aide adéquate pendant leur incarcération.

Danielle Barron souligne que tout adulte mis en détention est soumis à une évaluation pour déterminer son état de santé mentale et adressé à des professionnels dans ce domaine ou celui de dépendances, incluant des groupes de soutien.

Le ministère de la Justice prend ses responsabilités très au sérieux, vis-à-vis de la population carcérale, écrit Mme Barron dans son courriel. Si on détermine qu'un détenu a besoin de consulter un psychiatre, un rendez-vous est fixé et un programme de soins est établi.

Selon la porte-parole, une personne a récemment été embauchée pour voir à ce que les agents correctionnels soient adéquatement formés pour pouvoir identifier les troubles de santé mentale, les soins à offrir et l'intervention auprès des personnes en détresse.

Les employés en milieu correctionnel ne sont pas des experts en soins médicaux, ils s'en remettent aux médecins, explique Danielle Barron.

Harold Williams indique que c'est sa foi qui l'a aidé à lutter contre son problème de dépendance.

Il estime toutefois que le système correctionnel n'en fait pas assez pour la réhabilitation des détenus. Nous devons trouver un moyen de les outiller pour qu'ils puissent retourner dehors, se trouver un travail et devenir des citoyens qui contribuent à la société.

Danielle Barron affirme que les détenus ont accès à un vaste choix de programmes de formation. Elle ajoute qu'il y a un instructeur en éducation aux adultes dans chaque établissement.

Harold Williams estime pour sa part que les services offerts ne suffisent pas, faisant en sorte que le cycle de troubles de santé mentale et de dépendances se perpétue. Il y a une nouvelle vague de maladie mentale et je crois que personne n'est en mesure de la gérer.

Avec des renseignements de CBC

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