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Pénurie d’essence au Royaume-Uni : un tiers des stations-service de BP à sec

Des pompes sont encerclées d'un cordon de sécurité.

Des stations-service du géant pétrolier BP ont fermé leurs pompes en raison d'une pénurie d'essence.

Photo : Reuters / PETER NICHOLLS

Reuters

BP a fait savoir que près d'un tiers de ses stations essence étaient à sec dimanche en ce qui concerne les deux principales variétés de carburant, alors que la ruée des consommateurs paniqués vers les pompes a obligé le gouvernement à suspendre les règles de concurrence.

De longues files de véhicules se sont formées devant les stations-service pour un troisième jour consécutif, et certains automobilistes ont dû parfois attendre plusieurs heures pour faire le plein.

Selon les groupes pétroliers, une pénurie de chauffeurs routiers complique l'acheminement des carburants depuis les raffineries.

Certains opérateurs ont été contraints de mettre en place des rationnements, d'autres ont fermé des stations.

Une station essence à Grove Park.

Une station essence à Grove Park, à Londres, affiche qu’elle n’a plus de carburant.

Photo : Getty Images / Chris J Ratcliffe

Avec la forte demande constatée ces deux derniers jours, nous estimons qu'environ 30 % des sites de ce réseau n'ont plus ni l'un ni l'autre des principaux types de carburant, a indiqué le géant pétrolier BP, qui opère 1200 sites en Grande-Bretagne, dans un communiqué.

Nous travaillons à rétablir l'approvisionnement aussi vite que possible, a-t-il déclaré.

La panique des automobilistes intervient au moment où le pays doit faire face à plusieurs crises : une hausse mondiale des prix du gaz qui provoque la faillite de compagnies dans l'énergie, une pénurie afférente de dioxyde de carbone qui menace de faire dérailler la production de viande et une pénurie de chauffeurs routiers qui sème le désordre dans la grande distribution en laissant certains rayons vides.

En réponse, le ministre des Entreprises, Kwasi Kwarteng, a annoncé qu'il suspendait les règles de concurrence afin de permettre aux entreprises de partager leurs informations et de coordonner leurs réponses.

Le ministre des Transports, Grant Schapps, avait un peu plus tôt lancé un appel au calme, en affirmant que les pénuries étaient provoquées par la réaction de panique des consommateurs et que le problème finirait par se résoudre de lui-même.

Il y a énormément de carburant, il n'y a pas de pénurie de carburant dans le pays.

Une citation de :Grant Schapps, ministre des Transports
Un rayon vide dans une épicerie.

Un rayon vide au supermarché Asda, péninsule de Greenwich, à Londres.

Photo : Getty Images / Chris J Ratcliffe

Appel au calme

Il faut donc que les gens se comportent normalement, qu'ils remplissent le réservoir de leur voiture comme ils le feraient en temps normal, et ainsi il n'y aura pas de files et pas de rupture d'approvisionnement dans les stations-service, a assuré le ministre.

Grant Schapps a fait valoir que le manque de routiers était lié à la COVID-19, qui a empêché la formation et le passage de permis de nouveaux professionnels.

Certains ont toutefois pointé du doigt le Brexit et les mauvaises conditions de travail, qui ont fait fuir les conducteurs étrangers.

Une ambulance sort d’une station essence après avoir fait le plein de carburant à Blackheath à Londres.

Des files interminables de voitures se sont constituées près des stations-service.

Photo : Getty Images / Chris J Ratcliffe

Le gouvernement a annoncé dimanche qu'il allait accorder quelque 10 000 visas temporaires pour des travailleurs européens, dont la moitié pour des routiers.

Cette mesure, que les groupes de logistique et de distribution réclament depuis plusieurs mois, mais que le gouvernement avait jusque-là refusée, car elle va à l'encontre des promesses des partisans du Brexit, sera insuffisante pour débloquer la situation, ont cependant prévenu les professionnels des secteurs concernés.

Selon la fédération britannique du transport routier (RHA), la Grande-Bretagne a besoin de 100 000 routiers supplémentaires pour faire face à la demande.

Le ministre des Transports a ouvertement mis en cause l'attitude des transporteurs routiers, leur reprochant de créer délibérément une situation de blocage.

Ils veulent désespérément avoir plus de routiers européens pour réduire les salaires des Britanniques, a accusé Grant Shapps sur Sky News.

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