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Des excuses qui arrivent trop tard pour une survivante des pensionnats autochtones

Gerry Shingoose.

Gerry Shingoose, qui vit maintenant à Winnipeg, a été forcée de fréquenter un pensionnat pour Autochtones en Saskatchewan, de 1962 à 1971.

Photo : Radio-Canada / (Marouane Refak

Radio-Canada

Trop peu, trop tard et pas adéquatement présentées : c’est ainsi que Gerry Shingoose qualifie les excuses faites vendredi par les évêques du Canada concernant les pensionnats pour Autochtones.

Gerry Shingoose, qui vit à Winnipeg, est une survivante des pensionnats. Elle a été forcée de fréquenter le pensionnat de Muscowequan en Saskatchewan de 1962 à 1971.

Aujourd’hui, elle pense que l’Église catholique doit rendre des comptes.

Si les évêques ont publié une déclaration écrite reconnaissant la participation de l’Église catholique à des abus perpétrés dans les pensionnats pour Autochtones, elle estime que ces excuses auraient dû être faites il y a des années et que l’Église devrait faire l'objet d'une enquête criminelle.

Ces excuses ne veulent rien dire pour moi en tant que survivante, parce que je les demande depuis 2015, année où ont commencé les travaux de la Commission de vérité et de réconciliation.

De plus, elle estime que les survivants auraient dû être présents pour entendre les excuses de la conférence des évêques, au lieu de les lire dans une déclaration écrite.

Sa réaction ressemble à celle qu’a eue l’Assemblée des Premières Nations (APN) dans les heures qui ont suivi la publication des évêques vendredi.

La cheffe de l’APN, RoseAnne Archibald, a exprimé des sentiments partagés au sujet de ces excuses, se disant déçue que la déclaration de la Conférence des évêques catholiques du Canada ne comporte pas une invitation pour le Pape François l’encourageant à venir au Canada offrir les excuses officielles de l’Église catholique aux peuples autochtones.

André Carrière, vice-président de la Fédération des Métis du Manitoba pour la région de Winnipeg.

André Carrière, vice-président de la Fédération des Métis du Manitoba pour la région de Winnipeg.

Photo : Radio-Canada / Abdoulaye Cissoko

De son côté, la Fédération métisse du Manitoba (MMF) croit que des excuses n’arrivent jamais trop tard.

Oui ça a pris du temps, reconnaît le vice-président de la MMF, André Carrière, mais d’arriver à ce point, c’est très important comme catholique et comme autochtone.

Il dit que l’Église doit maintenant reconnaître le tort générationnel infligé par les pensionnats, et admettre le mal qu’elle a fait en ne reconnaissant pas les atrocités qui ont eu lieu dans ces endroits.

La Conférence des évêques catholiques du Canada a rappelé qu’une délégation autochtone, composée notamment de survivants des pensionnats, ira rencontrer le pape François à Rome en décembre prochain.

Gerry Shingoose aimerait faire partie de cette délégation.

C’est une urgence, dit-elle, c’est une crise et ils doivent être tenus responsables.

Avec des informations de Zoé Le Gallic-Massie

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