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Vaccins et myocardite : une étude erronée partagée en masse sur les réseaux sociaux

Une main tient une dose du vaccin Moderna et y insère l'aiguille.

L'étude suggérait un taux très élevé d’inflammation cardiaque après l’injection de vaccins à ARN messager contre la COVID-19.

Photo : CBC / Robert Short

Radio-Canada

Une étude canadienne suggérant un taux extrêmement élevé (1 sur 1000) d’inflammation cardiaque après l’injection de certains vaccins contre la COVID-19 s’est révélée erronée en raison d’une erreur mathématique majeure, mais pas avant que des groupes contre la vaccination s’en emparent et la partagent en masse sur les réseaux sociaux.

L’étude, conduite par des chercheurs de l’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa, a été publiée la semaine dernière sur un serveur de préimpression, donc avant d’être relue et révisée par des pairs. Elle analysait le taux de cas de myocardite et de péricardite (une inflammation du cœur) sur des personnes ayant reçu le vaccin de Moderna ou de Pfizer-BioNTech.

Les chercheurs ont identifié 32 patients ayant subi ce rare effet secondaire sur un total de 32 379 doses de vaccin à ARN messager injectées à Ottawa entre le 1er juin et le 31 juillet 2021. Cela équivaut à un taux de 1 sur 1000, soit un taux beaucoup plus élevé que ce que les données internationales avaient montré jusqu'à présent.

Toutefois, ce résultat est dû à une erreur importante des chercheurs, qui se sont trompés dans le nombre réel de doses administrées au cours de cette période de deux mois, et ce, même si les données sont publiées quotidiennement par la santé publique de l’Ontario. En réalité, plus de 800 000 doses de vaccin ont été administrées entre le 1er juin et le 31 juillet. Le vrai taux de myocardite et de péricardite se situe donc à 1 sur 25 000.

Le taux dans l’étude est incorrect, a admis le Dr Peter Liu, directeur scientifique de l’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa et coauteur de l’étude, en entrevue avec CBC News.

Vendredi soir, l’étude avait été retirée du serveur medRxiv (un serveur de préimpression pour les sciences de la santé) avec un lien vers une déclaration citant une sous-estimation majeure du nombre de doses administrées.

La préimpression, ou prépublication, est une étape normale dans la publication d’études scientifiques permettant aux chercheurs de partager leurs résultats préliminaires avec leurs collègues, qui peuvent alors les réviser et donner des commentaires. Ces résultats ne doivent pas être utilisés pour guider la pratique clinique ou les comportements liés à la santé et ne doivent pas être rapportés dans les médias comme des informations établies.

Source : medRxiv

Afin d’éviter d'induire en erreur des collègues, le public et les médias, nous, les auteurs, souhaitons retirer cette étude sur la base de données incorrectes, est-il écrit.

Nous remercions nos pairs, qui ont fait tout ce qui était en leur pouvoir pour nous indiquer notre erreur. Nous nous excusons à tous ceux et celles qui ont été contrariés ou dérangés par notre rapport.

Une citation de :Déclaration des auteurs de l'étude erronée

Le Dr Andrew Crean, l’auteur principal de l’étude, explique que l’erreur a été découverte plusieurs jours après la publication du rapport sur le serveur. Les chercheurs ont alors rapidement demandé à ce que l'étude soit retirée.

Les vaccins contre la COVID-19 sont sécuritaires

Il arrive régulièrement que des erreurs soient révélées à l’étape de prépublication et les études fautives sont généralement retirées rapidement. C’est la science qui fait ce qu’elle doit faire, dit même Ivan Oransky, cofondateur de Retraction Watch, un site traquant les erreurs dans les revues scientifiques.

Mais cette fois, les résultats de l’étude ont été publiés sur les réseaux sociaux avant qu’elle soit retirée du serveur et ont été partagés en masse par des groupes réfractaires à la vaccination contre la COVID-19.

L’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa a donc tenu à rétablir les faits dans une déclaration envoyée à CBC News.

Les vaccins contre la COVID-19 sont sécuritaires et se sont avérés efficaces contre la maladie. Nous invitons toute personne qui n’a pas encore reçu ses doses de vaccin à le faire.

Une citation de :Déclaration de l'Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa

Des données ont montré un risque d’inflammation cardiaque lié au vaccin contre la COVID-19, mais il s’agit d’un effet secondaire très rare.

La vaste majorité des gens, même les plus jeunes, ne vont pas souffrir de myocardite après avoir reçu le vaccin, rassure le Dr Christopher Labos, cardiologue et épidémiologiste de Montréal. Et la petite proportion de gens qui subissent cet effet secondaire vont ressentir des symptômes bénins pouvant être traités sans soins hospitaliers, conclut-il.

Avec les informations d'Adam Miller, de CBC

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