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Envoyée spéciale

Le long périple des réfugiés haïtiens : « Dieu seul peut nous aider »

Après un long périple, les quelques centaines de réfugiés haïtiens refoulés à Acunia, au Mexique, près de la frontière américaine, ne savent toujours pas quel sort les attend.

Un homme avec une tuque sur la tête entouré de déchets.

Ennel Germain est un réfugié haïtien rencontré au camp d'Acunia, au Mexique.

Photo : Radio-Canada / Azeb Wolde-Giorghis

ACUNIA, Mexique – Ils ont tout vendu et dépensé toutes leurs économies pour cette longue traversée vers l'eldorado américain. Les voilà au Mexique, sans le sou, sans pays.

Cela fait une semaine qu'Ennel Germain, un Haïtien de 31 ans, vit dans un camp de fortune pour migrants à Acunia, au Mexique.

Il y est arrivé avec sa femme et sa fille de quatre ans après un long périple en autobus et à pied, qui les a menés du Chili à cette ville mexicaine, en passant par la Colombie et le Panama.

Ennel Germain a épuisé toutes ses économies pour ce long voyage, qui lui a coûté 5000 $, un montant qu'il a accumulé après avoir travaillé pendant quatre ans dans les champs au Chili.

Ma femme n'a pas trouvé de travail au Chili. Il fallait qu'on envoie de l'argent à nos familles en Haïti, raconte-t-il.

Ils ont quitté le Chili avec l'espoir de vivre aux États-Unis, mais ils se retrouvent aujourd'hui sans rien.

Dieu seul peut nous aider.

Une citation de :Ennel Germain, un migrant haïtien

La situation en Haïti est terrible, lance Denis Onack. On ne peut pas retourner là-bas et il n'y a pas de travail, affirme-t-il. Imaginez, on tue le président, malgré toute la sécurité autour de lui. Imaginez-moi tout seul.

Il est lui aussi parti du Chili pour le Mexique, avec sa femme et ses deux enfants. Encore marqué par son périple, Denis Onack raconte que beaucoup de gens sont morts de faim et de soif sur la route de la Colombie vers le Panama.

Lui aussi a décidé de ne pas tenter sa chance à Del Rio, au Texas. Il espère maintenant vivre au Mexique.

Un homme devant une tente.

Denis Onack est un réfugié haïtien qui a abouti au camp d'Acunia, au Mexique.

Photo : Radio-Canada / Azeb Wolde-Giorghis

La population mexicaine solidaire

À l'entrée du camp, des Mexicains viennent apporter à manger aux migrants. Une sorte de solidarité humaine s'est formée autour d'eux à Acunia. Un contraste avec l'accueil des patrouilleurs texans qui tentaient de les agripper avec un lasso, alors qu'ils cherchaient de la nourriture.

Toute la semaine, les autorités fédérales américaines et texanes ont vidé le camp de fortune qui s'était formé sous le pont international qui enjambe le fleuve Rio Grande, reliant le Mexique à la ville de Del Rio, à l'insu des caméras de télévision.

Le département de la sécurité intérieure des États-Unis a rejeté notre requête pour aller filmer les migrants sous le pont. Tard le soir, on apercevait des autobus quitter le pont pour une destination inconnue.

Selon le département de la sécurité intérieure, plus 5000 dossiers d'Haïtiens seraient traités par l'immigration aux États-Unis. Au moins 1500 personnes ont été expulsées vers Haïti.

Une foule de gens devant une maison.

Le long périple des réfugiés haitiens

Photo : Radio-Canada / Azeb Wolde-Giorghis

Au camp de fortune à Acunia, un des conseillers municipaux a informé les migrants qu'ils allaient devoir déménager. Les autorités mexicaines tentent de les envoyer vers la ville de Tapachula.

Pour Ennel Germain et sa famille, il s'agirait d'une mini-déportation. Il n'y a pas de travail là-bas, dit-il.

En quittant le camp, nous sommes passés près de l'emplacement où Ennel et sa femme se trouvaient. Il n'y avait déjà plus personne.

Le pont international a rouvert samedi à 16 h, après avoir été minutieusement nettoyé. Les affaires ont repris entre Acunia et Del Rio; le casse-tête haïtien est réglé pour les autorités américaines.

Les réfugiés, eux, continuent leur périple, en s'accrochant à l'espoir qu'un pays voudra bien les accueillir un jour.

Une mère peigne les cheveux de sa fille.

Les migrants haïtiens qui se sont réfugiés au camp d'Acunia, au nord du Mexique, dorment dans des tentes.

Photo : Radio-Canada / Azeb Wolde-Giorghis

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