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Afghanistan : retour de la pendaison publique et risque « imminent » de famine

Deux talibans armés à Kandahar sur un char.

Les talibans ont repris le contrôle de l'Afghanistan en août 2021, après 20 ans de présence américaine au pays.

Photo : Getty Images / AFP/JAVED TANVEER

Radio-Canada

Les talibans, qui promettaient d’être plus cléments (Nouvelle fenêtre) lorsqu’ils ont pris le pouvoir en Afghanistan en août, ont tué quatre présumés criminels et ont pendu les cadavres à Herat, une ville de l’ouest du pays, a confirmé un représentant des autorités locales.

Les quatre hommes auraient enlevé un homme d’affaires et son fils, mais ils ont été arrêtés par des patrouilleurs à un des nombreux points de contrôle de la ville, a déclaré Sher Ahmad Ammar, vice-gouverneur de Herat.

Le chef de la police de district nommé par les policiers, Ziaulhaq Jalali, a déclaré que des talibans avaient sauvé un père et son fils de quatre ravisseurs et qu’un combattant taliban et un civil avaient été blessés par ces criminels lors d’un échange de tirs dans lequel ces derniers sont morts.

Leurs corps ont été exposés sur la place publique de la ville pour donner une leçon aux autres criminels, a expliqué Sher Ahmad Ammar.

Mohammad Nazir, un résident de Herat, faisait son épicerie près de la place Mostofiat lorsqu’il a entendu un taliban parler dans un haut-parleur afin d’attirer l’attention des passants.

J’ai avancé et j’ai vu qu’ils avaient transporté un corps dans un camion et l’avaient ensuite pendu à une grue.

Une citation de :Mohammad Nazir, résident de Herat

Des images du cadavre recouvert de sang ont fait le tour des réseaux sociaux samedi. Une note indiquant C’est la punition pour un enlèvement était épinglée sur sa poitrine.

Le but de cette action est d'alerter tous les criminels qu'ils ne sont pas en sécurité, a ajouté à l'Associated Press un commandant taliban qui ne s'est pas identifié dans une entrevue à la caméra menée sur la place.

Aucune image des autres cadavres ne semble avoir été publiée sur Internet, mais des citoyens assurent qu’ils ont aussi été exposés dans la ville.

En fait, les talibans auraient d'abord amené les quatre corps sur la place centrale de la ville d'Herat, puis en ont déplacé trois dans d'autres parties de la ville pour les exposer publiquement, selon Wazir Ahmad Seddiqi, qui gère une pharmacie près de la place.

Retour aux pratiques des années 1990

Depuis la reprise du pouvoir par les talibans en Afghanistan le 15 août dernier, la communauté internationale s'interroge sur la volonté réelle des talibans, craignant un retour du climat de terreur des années 1990 avec, notamment, les lapidations et amputations publiques.

Plus tôt cette semaine, le mollah Nooruddin Turabi, un haut responsable des talibans, a confirmé que le groupe rétablirait ces sanctions afin de dissuader les criminels.

Tout le monde nous a critiqués pour nos punitions publiques dans le stade, mais nous n’avons jamais rien dit sur leurs lois et leurs punitions, a ajouté Nooruddin Turabi.

Personne ne nous dira quelles lois nous devons adopter.

Une citation de :Nooruddin Turabi, haut responsable des talibans

Un porte-parole des Nations unies, Ned Price, a affirmé que l’ONU et la communauté internationale avaient l’intention de rester fermes devant de tels abus pour que leurs auteurs répondent de leurs actes.

Un risque de famine imminent en Afghanistan, s’alarme l’ONU

L’ONU s’inquiète également du risque imminent de famine qui guette au moins le tiers de la population afghane à l’approche de l’hiver, surtout avec la désorganisation des services engendrée par le retour des talibans au pouvoir, a prévenu dans un entretien avec l'AFP la directrice du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), Natalia Kanem.

Mme Kanem se dit particulièrement préoccupée par les violences dont sont désormais victimes les femmes et les filles, notamment les femmes déplacées.

Des femmes en burqa assises avec leurs enfants.

Des femmes assises avec leurs enfants à Spin Boldak, une ville afghane à la frontière du Pakistan.

Photo : afp via getty images / Bulent Kilic

Selon elle, la rudesse de l'hiver, qui entrave le bon fonctionnement des transports, et la pandémie vont détériorer une situation déjà difficile.

Il y a beaucoup d'inquiétudes sur la manière dont nous allons pouvoir soigner et nourrir les gens, a averti cette médecin panaméenne au siège du FNUAP à New York.

Natalia Kanem rappelle que, dans un Afghanistan ravagé par des décennies de conflit, les femmes, notamment dans les zones les plus durement touchées par la violence, sont le seul soutien des familles.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, La Presse canadienne, et Reuters

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