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La vie et les morts de Maria Callas, dans l’Athènes de sa jeunesse

Une artiste donne une performance sur scène devant un écran géant qui projette son propre visage.

Dans «Les sept morts de Maria Callas», Marina Abramovic invite sept sopranos à chanter les airs célèbres de la diva.

Photo : afp via getty images / ARIS MESSINIS

Agence France-Presse

De son vivant, Maria Callas regrettait d'être au centre « d'innombrables commérages ». Quarante-quatre ans après sa mort, la diva ressuscite le temps d'une semaine dans l'Athènes de son adolescence pour « clarifier » sur scène sa vie et ses « sept morts », à travers deux vedettes contemporaines.

J'ai vu le jour à New York, sous le signe du Sagittaire, déclame Monica Bellucci, revêtue d'une authentique robe noire de Maria Callas. Sur la scène du théâtre antique Herodes Atticus d'Athènes, la comédienne italienne rentre dans l'âme de la cantatrice grecque, en récitant les Lettres et mémoires de la diva.

Sagittaire comme la Callas, l’artiste de performance Marina Abramovic, fascinée par la personnalité, la vie, voire la mort de la célébrissime soprano, a voulu rejouer à l'Opéra national de Grèce sept morts que la tragédienne avait vécues sur scène avant elle. Car, comme bon nombre des héroïnes d'opéra qu'elle créa sur scène, elle aussi est morte d'amour. Elle est morte d'un cœur brisé, confie l'artiste serbe.

Une actrice en chemise de nuit se tient debout devant un lit.

Marina Abramovic dans une scène de la pièce «Les sept morts de Maria Callas»

Photo : afp via getty images / ARIS MESSINIS

La Callas considérait que la Grèce était à l'origine de son extraordinaire ascension dans le chant lyrique, auquel elle a été formée dès l'âge de 13 ans au conservatoire national à Athènes.

C'est en Grèce, où la virtuose cosmopolite a vécu une dizaine d'années avec sa mère, à la séparation de ses parents grecs, qu'elle interpréta certains de ses grands rôles : de La traviata de Verdi, à Madame Butterfly de Puccini, dont Marina Abramovic scénarise les fins tragiques à l'Opéra.

J'étais déclarée à l'état civil Sophia Kalogeropoulou. Ma mère ne me permettait pas de le citer plus de cinq minutes devant un miroir. Je devais travailler, je ne pouvais pas perdre mon temps avec des bêtises, disait-elle, susurre Monica Bellucci, en lisant en français les émouvantes lettres intimes scénographiées par Tom Volf.

Monica Bellucci sur scène.

Monica Bellucci interprète Maria Callas à Athènes, le 21 septembre.

Photo : Getty Images / Milos Bicanski

Les lettres sont tellement belles [...] c'était impossible de ne pas rentrer dans l'âme de cette artiste merveilleuse, a déclaré à la presse Monica Bellucci, peu avant le spectacle joué pour la première fois cette semaine à Athènes.

La Callas écrivait avoir vu le jour à New York, un matin du 2 ou du 4 décembre. Mon passeport indique que je suis née le 2 alors que ma mère soutient m'avoir mise au monde le 4, moi je préfère le 4 décembre [...] parce que c'est le jour de sainte Barbara, une sainte fière et combative.

De l'enfance de la diva à New York à ses années en Grèce, dont elle a pris la nationalité en 1966, des premiers pas de sa carrière à son mariage et à son histoire d'amour tragique avec l'armateur grec Aristote Onassis, Monica Bellucci interprète avec émotion les mémoires de l'icône internationale.

Maria Callas dans une scène du film tourné en noir et blanc à Rome.

Maria Callas dans une scène du film «Médée» (1969) de Pier Paolo Pasolini

Photo : Getty Images / Keystone Features

De la Grèce, sa véritable patrie autoproclamée, la Callas se souvient de l'hiver 1941, la Grèce envahie par les Allemands et depuis plusieurs mois la population réduite à la famine, rapporte l'actrice. Celui qui n'a jamais connu la misère de l'occupation et la faim ne peut savoir ce que signifie la liberté, écrivait la cantatrice décédée d'une crise cardiaque à l'âge de 53 ans à Paris.

Dans son appartement parisien reconstitué à Athènes, la Callas ressuscitée par Marina Abramovic s'éteint, en soupirant : Ari, c'est moi, en référence à Aristote Onassis, décédé avant elle.

J'avais 14 ans quand je l'ai entendue à la radio dans la cuisine de ma grand-mère; j'ai pleuré tellement j'ai été touchée par la beauté de sa voix, disait en août la papesse de l'art de performance aux longs cheveux noirs.

Une femme portant une robe dorée joue sur une scène plongée dans le noir.

Marina Abramovic

Photo : afp via getty images / ARIS MESSINIS

Dans Les sept morts de Maria Callas, l’artiste invite sept sopranos à chanter les airs célèbres de la diva pendant que, sur un écran à l'arrière-scène, elle réinvente, avec audace et modernité, la mort des héroïnes d'opéra, de Tosca, qui plonge dans le vide, à Carmen poignardée, que la Callas avait incarnées. À la manière d'une tragédie grecque.

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