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T.-N.-L. veut sévir contre les véhicules hors route sur les chaussées

Un véhicule noir et un VTT rouge accidentés.

À T.-N.-L., on note une hausse des accidents impliquant des véhicules hors route.

Photo : Steve Jolicoeur

Radio-Canada

Le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador promet de resserrer la réglementation qui encadre l'utilisation des véhicules hors route pour réagir à la hausse des accidents impliquant ces bolides sur les routes de la province.

Au mardi 21 septembre, six personnes avaient été tuées dans des accidents impliquant des véhicules tout-terrain (VTT).

Ces données ne tiennent pas compte des accidents mortels impliquant d'autres types de véhicules, comme la collision survenue le 18 septembre entre une motocyclette et une moto hors route sur l'autoroute Pitts Memorial, qui a fait un mort.

Doug Kavanagh et sa femme ont été témoins de cet accident, alors qu'ils circulaient sur l'autoroute. Selon Doug Kavanagh, l'accident s'est produit lorsque l'adolescent sur la moto hors route a tenté de traverser l'autoroute.

Le motocycliste est mort sous nos yeux. Cette mort aurait pu être évitée, affirme M. Kavanagh.

Tandis qu'il appelait le 911, deux jeunes ont quitté les lieux sur un VTT. Doug Kavanagh affirme qu'il voit des jeunes sur la route depuis des années.

« Je n'avais jamais vu d'accident, mais quand ça se produit devant vous et que vous en êtes témoin, ça vous atteint et vous vous dites que ça doit cesser. »

— Une citation de  Doug Kavanagh

Quelques jours plus tard, une autre collision entre un VTT et une auto coûtait le vie au pilote du VTT.

Une voiture compacte dont l'avant est enfoncé et le pare-brise fracassé

Le véhicule impliqué dans une collision avec un VTT sur une autoroute a été lourdement endommagé.

Photo : CBC / Ted Dillon

Une nonchalance qui tue

Ces accidents mortels frustrent Darren Dunphy, instructeur en chef au sein de l'organisme Safety NL. À une certaine époque, les gens hésitaient à longer une autoroute en VTT, mais maintenant, il semble que tout le monde pense avoir le droit de le faire, sans se préoccuper des conséquences.

Darren Dunphy rappelle que le nombre d'accidents mortels liés aux VTT a augmenté, passant de 12 en 2019 à 17 en 2020. Selon lui, cela démontre qu'il s'agit d'un problème qui atteint toutes les régions de la province.

Je n'ai entendu aucun politicien en parler, note Darren Dunphy, qui se désole de l'inaction à ce chapitre, comparativement à toutes les mesures de santé publique adoptées pour répondre à la pandémie.

Dans [notre] province, les VTT et les véhicules hors route tuent plus de gens que la pandémie. Si vous agissez pour la pandémie, il devrait y avoir une réponse équivalente si vous savez que des gens meurent sur ces machines, avance Darren Dunphy.

Vendredi, le gouvernement provincial s'est engagé à modifier les règlements, ce qui pourrait se produire dès le mois prochain.

Nouveaux règlements en vue

Nous allons déposer des recommandations lors de la session d'automne de l'Assemblée législative, précise Sarah Stoodley, ministre responsable de Service NL et des services numériques. D'ici quelques semaines, il y aura une nouvelle réglementation pour encadrer la sécurité des VTT et des motoneiges.

Les travaux de l'assemblée reprennent le 18 octobre. Sans vouloir divulguer la nature exacte des changements qui seront proposés, Mme Stoodley indique qu'ils toucheront notamment les limites d'âge et les critères d'utilisation des véhicules côte à côte. La surveillance sera un point majeur, ajoute la ministre Stoodley.

Sarah Stoodley lors de son assermentation.

Sarah Stoodley, ministre responsable de Service NL et des services numériques de Terre-Neuve-et-Labrador.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

À l'heure actuelle, la portion de la Loi sur les véhicules à moteur qui encadre les motoneiges et VTT stipule qu'une personne de moins de 14 ans ne peut pas piloter un VTT. Des restrictions liées à la puissance du véhicule s'appliquent aux personnes de moins de 16 ans.

Les jeunes âgés d'au moins 12 ans sont autorisés à piloter des véhicules côte à côte, sans casque et sans ceintures de sécurité.

Les changements proposés clarifieront les règles pour que les gens comprennent et qu'ils sachent à quelles amendes ils s'exposent. Mais ces changements doivent en entraîner d'autres, explique Sarah Stoodley.

« Il faut un changement de culture. Il faut privilégier la sécurité avant le plaisir. »

— Une citation de  Sarah Stoodley, ministre responsable de Service NL et des services numériques

Adopter une loi... et l'appliquer

C'est une chose d'adopter des règlements. C'en est une autre de les faire respecter.

Tous ceux et celles qui sont responsables d'appliquer les lois vous le diront, on manque de ressources, affirme Darren Dunphy, malgré les efforts accrus de la GRC, qui a notamment lancé une campagne de sensibilisation et augmenté ses effectifs l'an dernier.

Selon Darren Dunphy, il est difficile d'arrêter les fautifs, qui peuvent s'échapper dans des boisés où les véhicules de police ne peuvent aller. Tout le monde sait cela et les agents abandonnent.

L'instructeur note que de nombreux jeunes s'aventurent en VTT sur les routes, où ils roulent comme si la voie leur appartient à eux seuls, sans égard aux autres usagers. Si c'est le cas, leurs parents devront s'en mêler, estime Darren Dunphy.

Plus tôt ce mois-ci, la GRC a mis à l'amende un adolescent de 15 ans et un parent, après que le jeune laissé à lui-même aux commandes d'un véhicule côte à côte a été impliqué dans une collision avec un VTT.

Les parents d'un autre adolescent de 13 ans ont reçu une amende pour une collision impliquant leur enfant, survenue à Clarks Beach en août.

Les nouvelles règles sur la surveillance des jeunes utilisateurs prévoient des amendes plus sévères, mais la mise en application représente toujours un défi. Il n'existe pas de solution facile, reconnaît Sarah Stoodley.

Avec des renseignements de CBC

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