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Bootlegger, un film sur l’autodétermination des communautés autochtones

Une jeune femme épluche des pommes de terre entre deux personnes plus âgées.

Une scène de « Bootlegger », un film de la réalisatrice algonquine Caroline Monnet.

Photo : Microclimat Films

Emilie Daveluy

Une communauté autochtone du nord du Québec, qui vise à assumer son indépendance, débat de l'interdiction de l’alcool sur ses terres. C’est le sujet principal d’un film de fiction tourné à Kitigan Zibi, en Outaouais, par l'artiste multidisciplinaire algonquine Caroline Monnet.

La réalisatrice du film Bootlegger affirme avoir choisi cet angle afin de mettre en lumière, dans son premier long métrage, les inégalités qui se font toujours sentir pour les Autochtones.

C’est la résilience pour moi qui est la plus importante, explique Caroline Monnet. Comment au fil des générations, on a réussi à toujours être là, à se tenir debout et à être capable de passer à travers beaucoup de traumatismes intergénérationnels.

Elle sent, en ce moment, un vent de changement et une volonté de changer les choses.

Le film est une des rares productions autochtones tournées en français, en anishinaabemowin et en anglais.

Il suit Mani (Devery Jacobs), une jeune avocate déterminée, qui revient dans la communauté autochtone où elle a grandi pour renouer des liens. Elle plaide en faveur d’un référendum pour annuler la prohibition dans sa communauté, s’opposant à Laura (Pascale Bussières), une contrebandière tenace qui profite de la vente d’alcool.

L'actrice Pascale Bussières dans une scène de « Bootlegger ».

Pascale Bussières interprète le rôle de Laura dans « Bootlegger ».

Photo : Microclimat Films

Autodétermination

Tout comme son personnage principal Mani, la cinéaste souhaite que les communautés autochtones prennent leur place et participent aux décisions politiques, plutôt que de se les faire imposer.

Avant d’avoir de la réconciliation, il faudrait avoir une conciliation, affirme la réalisatrice. Il faudrait qu’on puisse coexister de façon égale et je pense qu’il y a encore des lois en place, qui font que nous sommes des citoyens de seconde zone. Le film parle de ça justement… comment ça se fait qu’on n'est pas tous égaux devant les structures gouvernementales.

Les femmes autochtones à l’avant-plan

Le long métrage présente des personnages tenaces et les femmes sont au premier rang, explique Mme Monnet. Les deux personnages principaux – Mani et Laura – sont unis par un fil conducteur : leur besoin d’avoir un sentiment d’appartenance.

Elles sont vraiment deux pôles opposés qui se réfléchissent et qui avancent, presque comme une roue, et toute la communauté se concentre autour d'elles, raconte Caroline Monnet.

Le film se veut un regard vers l’avant. On veut pouvoir regarder le chaos du passé, mais tout en s’assurant d’être tourné vers l’avenir.

Une citation de :Caroline Monnet, réalisatrice de Bootlegger

Un voyage immersif

La productrice Catherine Chagnon, de Microclimat Films, explique l’importance de montrer une communauté vibrante, active, fière, malgré les traumatismes vécus.

On voulait donner cette sensation-là que tout repose sur l’ensemble de la communauté, parce que ça, c’est la culture autochtone, raconte-t-elle à propos du film.

La réalisatrice Caroline Monnet souhaite également apporter une meilleure représentation des communautés autochtones et transcender les stéréotypes.

Cette idée de retour vers la communauté, cette volonté de contribuer à changer les choses de façon positive, c’est un travail que j’essaie de faire avec mes œuvres, conclut-elle.

Le film produit par Microclimat Films ouvrira le 50e Festival du nouveau cinéma (FNC) qui aura lieu du 6 au 17 octobre et il sortira en salle le 8 octobre.

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