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Pas de protocole de triage en Alberta, mais les médecins rationnent les soins

Une équipe des unités de soins intensifs de Services de santé Alberta.

La majorité des patients atteints gravement de la COVID-19 dans les unités de soins intensifs de la province n'est pas vaccinée, met en lumière Paul Park.

Photo : (Leah Hennel/AHS)

Radio-Canada

Plusieurs éléments clés du protocole de triage ont déjà commencé en Alberta, affirme le président exécutif des membres des soins d’urgences de l’Association médicale de l’Alberta.

Le médecin Paul Park témoigne que plusieurs patients atteints gravement de la COVID-19 ne peuvent avoir accès à un respirateur pour leurs soins dans les derniers jours.

Il reconnaît ne pas être à un point où les médecins doivent prendre des décisions médicales entre la vie et la mort dans l'immédiat. Par contre, l’urgentologue révèle ne pas en être très loin, et que la situation va dégénérer une fois arrivée à ce stade.

Nous mettons déjà en œuvre certaine de ces choses qui sont drastiques et nous souhaitons que nous ne l'ayons jamais fait , déplore-t-il.

Les gens souffriront et mourront à cause de cela.

Une citation de :Dr Paul Park, président, exécutif des membres des soins d’urgences, Association médicale de l’Alberta

Il ajoute que de depuis deux semaines, il est devenu commun de faire attendre les patients souffrant de la COVID-19 avant de les envoyés aux soins intensifs pour y être placés sous respirateur faute de ressource.

Nous pouvons offrir cette option qu’au moment où [l’état des patients] se détériore entièrement, déclare le médecin.

Rien d'officiel, rétorque AHS

Si les patients atteints de la COVID-19 poussent le système de santé au-delà de sa capacité, ceux qui ont les meilleures chances de survie seront priorisés aux soins intensifs, selon un document de 52 pages de Services de santé Alberta (AHS) détaillant la manière dont les décisions seraient prises s'il est nécessaire d'adopter un processus de triage.

La décision de mettre en place cette politique de triage revient à le PDG de l’agence de santé publique en consultation avec l’équipe de direction et s’appliquerait à tous les établissements de soins de santé.

Même si le Dr Paul Park assure que certains éléments du protocole de triage sont utilisés, une porte-parole de Services de Santé Alberta souligne que rien d’officiel n’est encore en vigueur.

Le triage n’est pas mis en œuvre, et notre espoir est de ne jamais le faire, insiste Kerry Williamson par déclaration. Il le sera seulement si tous les efforts pour augmenter la capacité des soins intensifs sont épuisés. Ce n’est pas encore arrivé.

La porte-parole explique que l'AHScontinue de faire tout son possible pour assurer d’avoir suffisamment de capacité pour accueillir tous les patients, incluant l’ajout de lits d’appoint et le redéploiement d’effectifs.

Vendredi, la province signalait 304 patients aux soins intensifs, dont la majorité atteinte de la COVID-19. Alors que l'Alberta compte normalement 173 lits aux soins intensifs, l’agence de santé publique dit en disposer actuellement de 368. Un nombre atteint en réaffectant du personnel et certains espaces des hôpitaux comme les blocs opératoires.

Sans lits d'appoint, les unités de soins intensifs seraient à 177 % de leur capacité, a fait savoir l'AHS.

Le nombre de patients morts de la COVID-19 est en partie responsable du fait que les unités de soins intensifs n'ont pas été submergées par la 4e vague, a déploré la tête dirigeante de l'AHS, la Dre Verna Yiu.

Il est tragique que nous puissions seulement suivre le rythme [...] parce que certains de nos patients aux soins intensifs se sont éteints, a-t-elle avoué. Cette réalité a un impact profond et tenace pour les équipes de ces unités.

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