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Drame familial à Gatineau : un signalement avait été fait à la DPJ

Des fleurs et des peluches ont été déposées sur un banc alors que des chandelles sont aussi sur le balcon.

Des fleurs et des peluches ont été déposées devant la maison où les corps d'Orli Kpatcha et Liel Kpatcha ont été retrouvés sans vie, dans le secteur Aylmer.

Photo : Radio-Canada / Estelle Côté-Sroka

Radio-Canada

Radio-Canada a appris que la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) a reçu un signalement, à la fin du mois d'août, concernant la sécurité de Orli Kpatcha et Liel Kpatcha, les deux fillettes tuées par leur père, mercredi, à Gatineau. Des intervenants plaident en faveur d’un changement de système pour éviter de tels drames.

Jeudi, le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) a confirmé qu’Essodom Kpatcha, 51 ans, a assassiné ses deux filles, âgées de 3 et 5 ans, avant de se donner la mort.

La DPJ avait reçu un signalement au mois d’août, a confirmé une source gouvernementale, qui n'avait pas été retenu en raison de l'existence d'un jugement de la Cour supérieure interdisant aux deux parents de se voir, a-t-on appris.

Ni la police de Gatineau ni le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l’Outaouais n’ont voulu commenter ces informations.

Le père et la mère des deux jeunes filles n’avaient pas d'antécédents au niveau de la protection de la jeunesse. Et selon les informations de Radio-Canada, Essodom Kpatcha n'avait pas non plus d'antécédents criminels au Québec.

Mais selon plusieurs voisins, la police était intervenue pour violence conjugale à la résidence du père, il y a quelques semaines.

Dans une déclaration écrite, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, a qualifié l’événement de tragique.

Nos pensées sont avec les proches et la famille des deux enfants, a-t-il déclaré, refusant toutefois de commenter cette affaire, considérant qu’une enquête policière est en cours.

Nous suivons la situation de près pour que la lumière sur les événements soit faite.

Changer le système

Les drames, comme celui survenu au 9, rue Dunkerque, doivent conduire à des changements, plaide Geneviève Landry, directrice d'Entraide pour hommes et présidente de l'association À cœur d'homme

Si on veut vraiment endiguer la violence conjugale ainsi que les homicides au Québec, il va falloir mettre en place un système d'évaluation systématique, qu'à toutes les fois où il y a une arrestation policière, qu’il puisse y avoir une évaluation de cet homme-là, évaluer la sévérité de la violence et aussi ce qui en est en termes de dangerosité, d'homicide et de suicide, dit-elle.

Il faut revoir tout le système.

Une citation de :Geneviève Landry, directrice d'Entraide pour hommes et présidente de l'association À cœur d'homme.

Sans vouloir jeter le blâme sur les policiers, la DPJ ou d’autres, dit-elle, Mme Landry appelle à ne plus travailler en silo.

Dans cette situation-là, ce qui aurait été intéressant, c'est que le corps policier, un organisme pour homme, une maison d'hébergement pour femmes, le Directeur des poursuites criminelles et pénales puissent se réunir et discuter ensemble pour installer un filet de sécurité, ce qu'on appelle les cellules d'intervention rapide. [...] Une des solutions, selon moi, est là. Il faut encore plus investir dans les cellules d'intervention rapide pour les promouvoir.

Mme Landry plaide aussi pour la mise en place de tribunaux spécialisés, afin de pouvoir prendre en charge l’agresseur.

Tout le monde doit être pris en charge, autant la conjointe que l'homme, pour pouvoir prévenir de tels drames. [...] On a beaucoup de travail à faire au Québec, mais il y a espoir. Les travaux de la ministre Guilbeault dernièrement, ainsi que les recommandations du rapport Bâtir la confiance, vont amener à un changement dans notre système et effectivement, mettre des actions beaucoup plus favorables pour réduire ce risque-là.

Le rôle de l'entourage

Mais au-delà même des changements systémiques, la directrice générale d'Entraide pour Hommes estime également qu'il faut arriver à dédramatiser la demande d’aide des hommes.

Un homme qui ne va pas bien - car de toute évidence si on commet un homicide, c’est qu’on ne va pas bien -, n’aura pas le réflexe spontané d'aller chercher de l’aide. [...] Il y a tout un processus de sensibilisation à faire, estime Mme Landry.

Karina Machado, intervenante jeunesse, volet sensibilisation à la maison d'aide et d'hébergement L’Autre chez soi, appelle tout un chacun à intervenir en cas de doute.

Au niveau des témoins, des proches et des voisins, des amis, des membres de la famille des victimes, il y a des choses que les gens peuvent faire. [...] C'est vraiment important de ne jamais confronter l'agresseur, car on ne veut pas mettre en danger la famille, mais on peut créer un lien de confiance avec [la victime] afin qu’elle sache qu’elle peut venir nous voir en cas de besoin, dit-elle, les proches peuvent parler de nos services à ces victimes.

Les services offerts par un organisme comme celui de Mme Machado sont gratuits, confidentiels, mais aussi volontaires. La démarche doit donc venir de la victime elle-même, mais son entourage aussi peut contacter les services existants.

On a des services externes, notre intervenante communautaire s'occupe des femmes qui ne sont pas nécessairement en hébergement à L’Autre chez soi, mais qui veulent tout de même recevoir de l'aide, parler de ce qu'elles ont vécu, comprendre également c'est quoi la violence... On a également une ligne téléphonique qui est disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pour les femmes et les proches qui veulent nous contacter, recevoir des conseils, du support.

L’Outaouais compte sept maisons d’hébergement, rappelle-t-elle, et un projet existe pour une huitième afin de répondre à la forte demande.

Élan de solidarité

Quelques jours après le drame, l’élan de solidarité se poursuit dans le quartier. Beaucoup d’oursons et de fleurs ont été déposés devant la résidence de la rue Dunkerque.

Des fleurs et des peluches déposées sur un banc devant un mûr de briques.

L’élan de solidarité se poursuit dans le quartier.

Photo : Radio-Canada / Estelle Côté-Sroka

Une veillée aux chandelles a été organisée et des voisins se sont réunis pour prier et chanter.

Avec les informations d'Estelle Côté-Sroka

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