•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Trèva Cousineau : francophone sans titre

Lorsqu’on lui demande de se présenter, Trèva Cousineau hésite. « Je n’ai pas vraiment de titre », répond simplement l’Orléanaise d’adoption.

Trèva Cousineau, souriante.

Trèva Cousineau a siégé sur quantité de conseils scolaires et d’administration, conseillé des ministres et dirigé nombre d’organismes locaux, provinciaux et nationaux.

Photo : Radio-Canada / Photo : Avec la gracieuseté de Trèva Cousineau

Radio-Canada

Du haut de ses 84 ans, cette personnalité de la francophonie ontarienne a été membre de quantité de conseils scolaires, comités et commissions; elle a conseillé des ministres et dirigé nombre d’organismes. Jamais la dernière pour faire avancer la cause des francophones de l’Ontario, on lui a donné les étiquettes « d’infatigable militante » et de « figure de proue », mais celle apposée en 2012 par le chroniqueur Denis Gratton, donne toute la mesure du personnage : le « bouclier de la francophonie ».

Cette étiquette supplémentaire lui a fait plaisir, sourit celle qui a notamment piloté l’Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO) et la Fédération nationale des conseils scolaires francophones. Mais je ne me présente pas comme ça! s’empresse-t-elle de préciser.

La fibre d’une leader, la native de Timmins l’a toujours eue. Pensionnaire à l’Académie Sainte-Marie de Haileybury, l’élève était première de classe, mais indisciplinée – trop pour être présidente de classe.

C’étaient toujours les sœurs qui décidaient, […] et c'était toujours une des filles qui étaient dociles. J’aurais voulu! Je voulais me présenter, mais on me disait : "Non mademoiselle, ça va être une telle!"

C’est plus tard qu’elle a enfin pu répondre à l’appel de l’engagement.

En 1969, elle était mère à la maison de quatre enfants – elle en a eu six en tout. Cette vie domestique ennuyait la diplômée universitaire en nutrition et en enseignement. À la suggestion de son mari, elle s’est fait élire au sein d’un conseil scolaire, où toutes les réunions se déroulaient en anglais même si huit de ses neuf collègues étaient francophones.

Ce fut une prise de conscience pour Trèva Cousineau. Je trouvais ça injuste, se souvient-elle.

Je pense que c’est là qu’est venu ce désir de travailler pour la francophonie. Une étape mène à une autre. Je ne sais pas si c’est ce jour-là [...], ou si c’est la première fois où j’ai été nommée à un conseil provincial, où dans les discussions, il fallait toujours rappeler aux gens : "Ben oui, il y a une francophonie ontarienne", ajoute-t-elle.

Un rendez-vous manqué avec la politique

Son seul regret est de ne pas avoir réalisé un rêve : devenir ministre provinciale de l’Éducation.

Elle aurait pu cheminer sur cette voie, croit-elle, si toute la famille n’avait pas déménagé en 1985, à Sudbury, où son mari a accepté un poste de juge.

Avant qu’on déménage de Timmins, c’était la piste que je prenais : je me présentais aux prochaines élections provinciales, se remémore-t-elle.

Une version précédente de ce texte indiquait que Mme Cousineau aurait voulu faire carrière sur la scène politique fédérale. Il s'avère qu'elle aurait aimé être élue au provincial.

Si Mme Cousineau aurait voulu être ministre dans un gouvernement conservateur, elle précise que ces derniers la déçoivent depuis le passage à la tête de la province de Michael Harris, élu en 1995. Il ne l’a jamais rencontrée au cours des deux années pendant lesquelles elle était présidente de l’ACFO, déplore-t-elle.

Je n’ai jamais accepté son attitude. Mike Harris, je le connaissais, j’avais siégé avec lui à la table des conseillers scolaires Ontario School Trustees’ Council. […] Je pensais que c’était un ami.

Une citation de :Trèva Cousineau

Et son successeur, Doug Ford? Elle émet un soupir. J’aimerais ça, m’asseoir avec lui, même une demi-heure, pour lui parler de sa francophonie et des gens qui contribuent à la province de plein de façons. [...] Mme Mulroney comprend, j’en suis certaine. J’ignore comment ça fonctionne au cabinet de M. Ford, mais évidemment, il ne doit pas l’écouter trop trop!, glisse malicieusement l’octogénaire.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !