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Des centaines de travailleurs en CPE manifestent à Sherbrooke

Un groupe de manifestants marche dans la rue, une grande banderole en main sur laquelle on peut lire : Estrie.

Selon les organisateurs, quelque 600 personnes étaient rassemblées lors de la marche.

Photo : Radio-Canada / Titouan Bussière

Radio-Canada

Plusieurs centaines de travailleurs et travailleuses des centres de la petite enfance (CPE) ont manifesté dans les rues de Sherbrooke, vendredi, jusqu'au bureau de la députée de Saint-François, Geneviève Hébert. Ils souhaitaient faire pression sur Québec pour obtenir de meilleures conditions de travail.

Des éducatrices aux autres membres du personnel des CPE de la région, les travailleurs sont unanimes : ils se disent épuisés de travailler dans les conditions actuelles.

Ça me fait penser beaucoup à l'état des CHSLD, il y a 5 ans, où là, ça se voyait. Le monde quittait, ils n'en pouvaient plus. Dans les CPE, j'ai ce même sentiment, le monde est au bout [du rouleau]. Avec la non-reconnaissance, les problèmes d'avoir assez de personnel, les surcharges, et là arrive la pandémie, la cerise sur le "sundae". Alors, c'est clair qu'il y a une fatigue générale, indique le président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS) affiliée à la CSN, Jeff Begley.

Ça fait 17 ans. [...] Je pense juste à prendre ma retraite parce que j'en ai assez.

Une citation de :Daniel Brousseau, cuisinier en CPE

La hausse du salaire de 20 % des travailleurs en CPE est une des demandes principales de ce mouvement de grève.

On ne se sent pas reconnus du tout. Les gens, ils n'ont pas idée du travail qu'une éducatrice doit faire, et comme on dit, tout se joue de 0 à 5 ans pour les jeunes enfants. C'est le temps que le gouvernement fasse un rattrapage salarial, a souligné Manon Giguère, une éducatrice rencontrée à la manifestation.

Des manifestants brandissant des affiches colorées.

Plusieurs manifestants avaient confectionné des affiches sur lesquelles des revendications étaient inscrites.

Photo : Radio-Canada / Titouan Bussière

De nombreux employés revendiquent également le respect du nombre maximal d'enfants à la charge d'une éducatrice.

On se fait dire que le ratio, c'est un ratio global appliqué dans un établissement. Ça prend un ratio par éducatrice, comme c'est écrit dans la loi, déplore la présidente du Syndicat des travailleuses des CPE de l'Estrie, Lise Deschênes.

Les ratios, il faut les respecter. On ne peut pas avoir des éducatrices qui continuent d'être à bout de souffle comme ça.

Une citation de :Lise Deschênes, présidente du Syndicat des travailleuses des CPE de l'Estrie

Un calvaire pour les parents

À ces conditions décriées s'ajoute la pénurie de main-d'oeuvre. D'ailleurs, si ce manque criant de personnel mène la vie dure aux travailleurs et travailleuses, il est également difficile à vivre pour les parents.

Il y a une panoplie de parents, si vous regardez dans votre entourage, qui sont présentement en attente d'avoir une place [dans un milieu de garde] parce que faute d'avoir des travailleuses, ça fait en sorte qu'on n'est pas en mesure d'offrir le service dans les CPE, ajoute la vice-présidente de la CSN en Estrie, Julie Bolduc.

Cette journée de manifestation tenue par les employés des CPE de la région est la première d'un mandat de 10 jours de grève, dont les prochaines dates n'ont pas encore été annoncées.

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