•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Déménagement de la SOPFEU : un nouveau plan attise la colère des élus

Plusieurs personnes portant le masque applaudissent ou brandissent le point.

Une vingtaine de personnes sont venues manifester en faveur du maintien d'une direction à la base de Maniwaki, vendredi.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) a fait le point, vendredi, sur l’avenir de la base d’opérations de Maniwaki. Les élus ont confié se sentir trahis et déplorent qu'on leur ait présenté un plan, sans même les avoir consultés préalablement.

Depuis le printemps dernier, des élus s'opposent au déménagement de la direction générale de la SOPFEU de Maniwaki au Centre de lutte régionale (CRL) de Val-d'Or, soulignant les retombées économiques néfastes que cette décision pourrait avoir sur la région la plus pauvre du Québec. Ils ont d'ailleurs réclamé l'intervention du premier ministre du Québec, François Legault.

Conscient des inquiétudes soulevées par cette réorganisation administrative, les représentants de la SOPFEU ont tenu à réitérer les engagements pris par la Société au printemps dernier concernant son apport économique et le maintien des emplois dans la région de la Vallée-de-la-Gatineau, peut-on lire dans le communiqué rédigé par la SOPFEU.

Lors d'une présentation vendredi après-midi, le directeur général de la SOPFEU, Éric Rousseau a assuré qu'il n'y aurait ni pertes d'emplois ni fermeture de la base de Maniwaki.

Éric Rousseau devant un panneau sur lequel on peut lire que 70 % des incendies sont déclenchés par des humains.

Éric Rousseau est le directeur général de la SOPFEU.

Photo : Radio-Canada

Dans le contexte du déploiement de la nouvelle direction régionale de l’ouest, M. Rousseau a aussi présenté trois mesures pour bonifier l’engagement de la Société envers Maniwaki, afin de rassurer la population et les élus.

Parmi celles-ci, on retrouve la création d'un Service des équipements et de la logistique basé à Maniwaki, d'un poste de direction de la prévention et support aux communautés également basé à Maniwaki et des investissements dans les infrastructures dans un délai de trois ans.

Le sentiment d'avoir été trahi, berné

La préfète de la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau, Chantal Lamarche n'est pas du tout rassurée par le plan qui a été présenté vendredi en début d'après-midi. Elle affirme s'être sentie trahie.

On est supposé être à l’écoute des régions.

Une citation de :Chantal Lamarche, préfète de la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau

On voulait quand même faire partie du processus, mais ce matin, ils nous ont présenté le plan [sans consultation préalable], a-t-elle fait valoir en entrevue. Nous, on est ouverts à des changements [...], mais on ne peut pas perdre la gouvernance, c’est pour ça qu’on se bat.

Conserver un directeur en poste à Maniwaki, c'est là que se trouve le nerf de la guerre pour les élus et c'est ce qui, selon eux, permettrait d'assurer les emplois à long terme. Mme Lamarche souligne une incohérence entre le discours entendu et ce qui a été présenté.

Chantal Lamarche en entrevue.

La préfète de la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau, Chantal Lamarche

Photo : Radio-Canada

C'est une fusion, a-t-elle d'abord indiqué avant de présenter le nouvel organigramme pour l'équipe de Val-d'Or. L’organigramme est identique [à celui de Maniwaki]. Comment vont-ils faire pour garder des employés [en double] quand il n’y aura plus de CRL à Maniwaki? a-t-elle demandé.

La préfète a posé la question à la SOPFEU lors de la présentation, mais n'a obtenu aucune réponse. Cette dernière compte bien étudier le plan afin de déposer une contre-offre dans deux à trois semaines.

Jean-Paul Gélinas, le porte-parole du comité de sauvegarde de la SOPFEU n'a pas caché sa frustration devant la présentation d'un plan qui a été conçu sans que tous les acteurs aient été consultés.

On ne peut pas se laisser berner comme ça.

Une citation de :Jean-Paul Gélinas, porte-parole du comité de sauvegarde de la SOPFEU

On sait ce qu’on veut. Depuis le début, on dit qu'on veut garder le CRL ici, dans la Vallée-de-la-Gatineau. On dit qu’on veut garder la gestion, a-t-il martelé sous les applaudissements d'une vingtaine de personnes venues offrir leur soutien. C’est à nous autres, on veut le garder.

Le directeur québécois d'UNIFOR, Renaud Gagné a aussi déploré le manque de consultation. Celui qui représente une grande majorité des employés basés à Maniwaki s'inquiète de la stabilité de l'emploi pour ces travailleurs.

Dans un cadre de fusion avec Val-d'Or, on risque d’être les derniers [à être appelés], a-t-il illustré. Donc en termes de sécurité d'emploi, la meilleure sécurité pour nos membres, c’est que la gouvernance soit maintenue à Maniwaki.

Ce dernier ne croit pas du tout en la volonté de la SOPFEU de maintenir ses opérations à Maniwaki, malgré les investissements annoncés dans la rénovation des installations et la création de l'entrepôt provincial. Un entrepôt, il n'y a rien de plus facile à fermer et à déménager, a-t-il conclu. Ça ne peut pas compenser pour la perte de la gouvernance.

Avec les informations de Marielle Guimond et de Nafi Alibert

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !