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Une nouvelle journée des Franco-Ontariens sous le signe des défis

Des individus devant le drapeau franco-ontarien.

Le maire de Windsor (à droite) et le député de Windsor-Tecumseh (à gauche) sont présents aux côtés de membres de l'ACFO pour le lever du drapeau franco-ontarien.

Photo : Elvis Nouemsi Njiké

Cette année, pour la deuxième fois de suite, la journée des Franco-Ontariens est célébrée en pleine pandémie.

Une pandémie qui n’est pas sans effets sur les communautés francophones du Sud-Ouest de l’Ontario, comme l’explique Didier Marotte, directeur du Carrefour francophone de Windsor-Essex-Kent.

La pandémie nous empêche d’accueillir le public librement, nous empêche d’organiser des activités de programmation. Normalement, l’ambition de ce projet [le Carrefour francophone] est d’offrir une gamme d’activités, services, programmes à la communauté qui pourrait physiquement les accueillir, explique-t-il.

Les occasions de se rassembler et de célébrer en français, c’est pas évident, ça n’arrive que dans la communauté francophone. Ce n’est pas organisé par des commerçants, ce n’est pas organisé par la Municipalité.

Une citation de :Didier Marotte, directeur du Carrefour

Le Carrefour francophone a ouvert ses portes en 2020, sept mois après la date initialement prévue. M. Marotte pensait que le Carrefour tournerait déjà à plein régime aujourd’hui.

Un homme au micro dans un studio.

Didier Marotte affirme que la pandémie ne permet pas au Carrrefour communautaire de servir les francophones, les adolescents notamment.

Photo : Radio-Canada / CAROLLE-ANNE LEVASSEUR-TREMBLAY

Il explique à quel point l’absence de services est préjudiciable pour les francophones, notamment ceux qui fréquentent habituellement le centre d’orientation des adolescents nouveaux arrivants qui est fermé depuis 18 mois et qui est situé à l’intérieur du Carrefour.

Normalement, pré-COVID on recevait en moyenne 35 à 40 jeunes tous les jours, cinq jours par semaine. [Ils] participaient à des activités de rapprochement, d’intégration, des activités sociales, des jeux et avaient accès à Internet et aussi aux services de tutorat et de mentorat que nous offrons, indique-t-il.

Des besoins accrus en perspective

Pour Didier Marotte, les francophones du Sud-Ouest de l’Ontario ont d’importants besoins. Des besoins auxquels le Carrefour francophone tente depuis des mois de répondre de manière virtuelle, même si tout cela a des limites.

On entend que la communauté commence à être fatiguée des choses virtuelles. L’élément humain, le contact humain, apparaît comme étant un besoin, précise-t-il.

Pour Paul Levac, directeur général par intérim de l’Entité de planification des services de santé en français Érié St-Clair–Sud-Ouest, la pandémie est une période extrêmement difficile pour les francophones du Sud-Ouest de l’Ontario.

La communauté francophone a été touchée davantage, surtout nos aînés. On espère que la gamme de services pour nos aînés qui ont été isolés dans plusieurs cas sera mise au premier plan par les décideurs et les bailleurs de fonds, explique-t-il.

Les besoins en santé mentale [...] seront avec nous pour un bon bout de temps. On parle d’une croissance de certains de ces besoins, surtout en santé mentale à la suite de cette pandémie.

Une citation de :Paul Levac, Entité de planification des services de santé en français Érié St-Clair–Sud-Ouest

M. Levac veut néanmoins rester optimiste. Il note que les organismes francophones ont collaboré avec des organismes partenaires, non francophones parfois, pour obtenir une amélioration des services de santé en français.

Un homme assis sur une chaise dans un jardin.

Paul Levac se réjouit du fait que les francophones du Sud-Ouest aient lancé des initiatives pour mieux servir leur communauté durant la pandémie.

Photo : Gracieuseté de Paul Levac

Il se dit également encouragé par les avancées réalisées, notamment l’année dernière.

Que ce soit dans la région de Windsor-Essex, que ce soit dans la région de Sarnia-Lambton ou dans la région de London, elles [les communautés] se sont prises en main pour mettre des outils de communication en place pour pouvoir s’assurer de transmettre qu’il y a de l’information pour les francophones sur les services, explique-t-il.

Il cite à cet effet le projet Info Fran-Covid19, une ligne d’informations en français sur la pandémie mise en place à London.

Il indique également que les Entités de planification 1 et 2 compilent en ce moment les résultats d’un sondage sur l’impact de la COVID-19 auquel ont répondu plus de 700 francophones du Sud-Ouest.

Réitérer l’héritage français

En dépit des efforts réalisés, cette année encore, les célébrations de la journée des Franco-Ontariens sont sobres dans le Sud-Ouest.

Au cours d’une rencontre qui a eu lieu vendredi en fin d'après-midi, l’ACFO-WECK a décerné des prix aux conseils scolaires Providence et Viamonde, ainsi qu’aux organismes Family Services Windsor-Essex et Réseau femmes du Sud-Ouest de l’Ontario, qui ont fait œuvre utile durant la pandémie.

Cette année ont lieu les habituels levers du drapeau franco-ontarien dans les municipalités du Sud-Ouest de l’Ontario, même si cela se fait en présence de peu de monde.

Drew Dilkens, le maire de Windsor, a procédé vendredi matin au lever du drapeau franco-ontarien au carré Charles Clark en compagnie du député Irek Kusmierczyk et de quelques membres de l’ACFO.

Une femme et deux hommes devant le drapeau franco-ontarien.

Drew Dilkens (au centre) rappelle qu'il a des racines francophones et affirme que son but n'a jamais été d'offenser les francophones de Windsor.

Photo : Elvis Nouemsi Njiké

Il a réitéré son engagement à faire installer un mât permanent pour le drapeau franco-ontarien à proximité de l'hôtel de ville de Windsor.

Nous sommes en train d’élaborer les plans pour le réaménagement de la place de l’hôtel de ville. Une fois que ces plans auront été développés, une fois que la construction sera achevée et que nous installerons les nouveaux mâts plus près de l'hôtel de ville, vous verrez ce nouveau mât. Je m’y suis engagé, a-t-il précisé.

Le maire Dilkens est également revenu sur la polémique née en 2015 à la suite de propos relatifs à la communauté francophone de Windsor.

M. Dilkens avait dit qu’il était difficile d’offrir des services en français dans une communauté aussi multiculturelle que Windsor sans faire de favoritisme.

À l’époque, j’avais déjà dit que mon intention n’était pas d’offenser par mes propos et je dis la même chose aujourd’hui. J’aime nos racines franco-canadiennes, a-t-il indiqué.

En fait, a-t-il ajouté, j’ai moi-même des racines franco-canadiennes. Les racines de ma famille remontent à Louis Valère de Saint Louis, le fondateur de Sandwich Town. Ma mère est une Saint Louis. [...] Je suis fier de notre culture française, de mon propre héritage français.

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