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Une épidémie attaque les arbres de la côte sud de la Colombie-Britannique

Des arbres dans la forêt proche de l’Université de Colombie-Britannique.

Le sapin de Douglas est très répandu sur toute la côte sud de la Colombie-Britannique.

Photo : Radio-Canada / Alexandre Lamic

Alexandre Lamic

La rouille des aiguilles du sapin de Douglas est un champignon qui attaque l'un des arbres les plus répandus en Colombie-Britannique, le sapin de Douglas. Le pathogène fongique et le conifère cohabitent depuis des millions d'années sans poser de réels problèmes, mais les changements climatiques favorisent le développement de ce champignon et ses effets néfastes sur les arbres.

Gros plan sur une branche de sapin de Douglas infecté par le champignon. Les aiguilles de la branche sont partiellement rouges.

La rouille des aiguilles du sapin de Douglas tient son nom de la couleur rouge qu’il donne aux aiguilles de l’arbre.

Photo : Nicolas Feau

Comme l’explique Richard Hamelin, professeur et directeur du département de science forestière à l'Université de la Colombie-Britannique, bien que le champignon soit rarement mortel pour les arbres, il attaque les aiguilles des sapins et obstrue les stomates, les pores microscopiques à travers lesquels les arbres absorbent le dioxyde de carbone de l'atmosphère.

Les aiguilles deviennent alors rouges et finissent par tomber. Cela provoque une sorte d'asphyxie chez l’arbre et ralentit sa croissance annuelle de 25 % à 30 % en moyenne.

La perte d’aiguilles affaiblit les arbres, ce qui permet à d'autres maladies ou insectes de les attaquer plus facilement. L'équilibre qui permet aux arbres, aux insectes et aux pathogènes de cohabiter est ainsi ébranlé.

Richard Hamelin regarde une branche d’arbre à la loupe.

Richard Hamelin, professeur et directeur du département de science forestière à l'Université de la Colombie-Britannique.

Photo : Radio-Canada / Alexandre Lamic

Dans l'État américain de l’Oregon, plus de 250 000 hectares de forêts ont été touchés par la rouille des aiguilles du sapin de Douglas. L'épidémie coûte environ 160 millions de dollars par an au secteur forestier de l'État.

Il y a encore quelques années, la rouille des aiguilles du sapin de Douglas n'était même pas répertoriée comme un agent pathogène préoccupant par le ministère des Forêts de la province. Des hivers plus doux et des printemps plus humides ont créé des conditions favorables à sa propagation et à son développement.

Avec cette épidémie [...], on a un très bon exemple de l’impact des changements climatiques sur des maladies forestières. On passe en quelques dizaines d'années d’une maladie que même les pathologistes forestiers ne remarquaient pas dans les forêts à quelque chose de problématique.

Une citation de :Nicolas Feau, chercheur au Centre de recherche du Pacifique du Service canadien des forêts
Nicolas Feau examine des arbres dans une forêt.

Nicolas Feau, chercheur au Centre de recherche du Pacifique du Service canadien des forêts, inspecte la santé des arbres.

Photo : Radio-Canada / Alexandre Lamic

Une des solutions serait plus de diversité dans les forêts.

Plus on a de diversité, plus on augmente la résilience des forêts, plus on interrompt la propagation des insectes et des maladies, souligne Richard Hamelin.

Ce problème donne des sueurs froides aux professionnels de l’industrie forestière de la Colombie-Britannique, qui pourrait perdre de 25 % à 30 % du volume de bois qu'elle peut exploiter.

La côte sud de la Colombie-Britannique compte trois principales variétés d'arbres : la pruche de l’ouest, le cèdre rouge et le sapin de Douglas. La pruche de l’ouest est à peu près 60 % moins rentable que le sapin de Douglas. Quant au cèdre rouge, il souffre de dessèchement, aussi provoqué par le réchauffement climatique, selon les experts.

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