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Les récifs coralliens ont diminué de moitié depuis les années 1950

Des poissons nagent près d'un récif de corail.

Même si les récifs de corail occupent moins d’un pour cent de la superficie du plancher océanique, ils abritent le quart de toutes les espèces marines connues.

Photo : BBC

La couverture mondiale de coraux a diminué de moitié depuis les années 1950, selon une récente étude de l'Université de la Colombie-Britannique (UBC). Ce déclin menace des écosystèmes entiers à travers le monde et les communautés autochtones et côtières risquent d’être les premières à en subir les conséquences.

Des espèces de coraux ont déjà complètement disparu. Celles qui sont les plus sensibles au climat ont disparu le plus rapidement. Celles que nous avons maintenant sont les plus résilientes, mais elles ne le seront que jusqu'à un certain point, alerte l'un des co-auteurs du rapport, Gabriel Reygondeau.

L’étude publiée dans la revue One Earth montre que les causes de ce déclin sont notamment à chercher dans les changements climatiques, la surpêche et la destruction d'habitats marins, autant de facteurs dont l’être humain est le grand responsable.

C’est une synergie de variables et ça s'empire avec le temps, car on augmente exponentiellement nos activités dans les océans, explique Gabriel Reygondeau.

Ce que la nature a réussi à construire en des millions d’années, on est en train de le perdre en 50 ans.

Une citation de :Gabriel Reygondeau, co-auteur du rapport, et associé de recherche à l’Université de la Colombie-Britannique

Le corail, vital à la biodiversité et à l'humanité

Ce déclin est d’autant plus préoccupant que les coraux jouent un rôle essentiel dans la nature et les océans.

Ils hébergent à la fois une grande biodiversité, nourrissent des espèces, capturent du carbone, régulent les océans et protègent des tempêtes.

Lyne Morissette, biologiste marine à M-Expertise Marine, explique que les récifs coralliens sont également une source d'approvisionnement importante pour les pêcheries.

Le corail est une machine extraordinaire, un réservoir important de biodiversité.

Une citation de :Lyne Morissette, biologiste marine à M-Expertise Marine

Quand les coraux vont mal, les pêcheries qui en dépendent vont mal, explique-t-elle.

De plus, les récifs coralliens seraient, selon Lyne Morissette, l'un des meilleurs freins à l'érosion côtière.

Ça aussi, c’est un enjeu global de plus en plus important avec l'élévation du niveau de la mer. Une des meilleures machines physiques pour nous protéger de l’érosion ce sont des structures comme des récifs coralliens, qui vont briser l’effet des vagues puis protéger les rivages.

La biologiste rappelle que le Canada et la Colombie-Britannique ont aussi des récifs coralliens.

On a des coraux et des éponges d’eaux froides, des écosystèmes tout aussi fragiles aux impacts des changements climatiques. Il n’y pas de raison de penser qu'eux aussi connaissent le même sort.

Un récif d'éponges siliceuses.

Un récif d'éponges siliceuses dans le détroit d'Hécate, en Colombie-Britannique

Photo : Pêches et Océans Canada

Les communautés autochtones, premières victimes et premiers sauveurs?

Ce sont surtout les communautés autochtones et côtières qui risquent de subir de plein fouet les contrecoups du déclin du récif corallien.

Des communautés entières en vivent et en dépendent, explique Gabriel Reygondeau, qui évoque plusieurs îles du Pacifique et de l’océan indien dont les ressources reposent exclusivement sur les coraux.

L’étude explique, par exemple, que les communautés autochtones consomment 15 fois plus de poisson que la population générale.

Si elles sont les premières victimes de cette disparition, les communautés autochtones sont aussi celles qui permettraient de sauver le corail. Les auteurs du rapport suggèrent de s’inspirer de leurs méthodes et de leur gestion durable des récifs coralliens.

Ils connaissent mieux leur système que nous. On n’a pas grand-chose à leur enseigner, [puisque] ça fait des milliers d’années qu’ils exploitent leurs coraux de façon pérenne. Il faut leur laisser le choix et la gestion de leur système, poursuit Gabriel Reygondeau.

Laissons les communautés autochtones tranquilles et essayons, en bonne intelligence, de faire en sorte que les coraux retrouvent leur productivité.

Une citation de :Gabriel Reygondeau, co-auteur du rapport, et associé de recherche à l’Université de la Colombie-Britannique

Des solutions existent

Malgré ce constat alarmant, il existe des solutions pour sauver le corail.

La priorité est de limiter le réchauffement climatique, le nerf de la guerre, selon Lyne Morissette.

Plus concrètement, il existe aussi de nombreux projets qui visent à rebâtir des récifs coralliens. On s’est rendu compte que le corail poussait quatre fois plus vite quand il était greffé à des structures électrifiées. Donc on a des technologies qui visent à donner une chance aux récifs coralliens, ajoute la biologiste marine.

L’étude de UBC propose également plusieurs solutions : une meilleure coopération mondiale, le respect des Accords de Paris pour limiter l’impact du réchauffement climatique ou encore la restauration des récifs.

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