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Le glyphosate pourrait être nocif pour les écosystèmes d’eau douce

De très faibles concentrations de glyphosate pourraient tuer le zooplancton, selon des études.

James Steidle pose devant des feuillus tués à l’aide de glyphosate.

Un homme pose devant des feuillus tués par l'utilisation de glyphosate (archives).

Photo : Radio-Canada / Maxime Corneau

Radio-Canada

Des résidents du comté de Colchester en Nouvelle-Écosse s’inquiètent des effets de l’épandage du glyphosate sur les écosystèmes d’eau douce de la région. Et des chercheurs de l’Université McGill croient qu’ils ont raison de s’en préoccuper.

Le glyphosate, l'ingrédient actif de l'herbicide Roundup, pourrait avoir un impact négatif sur les populations de bactéries et de zooplanctons d’eau douce, et ce, même en très petites quantités. Les chercheurs croient qu’une concentration de 0,1 milligramme par litre (mg/l) de glyphosate dans l’eau est suffisante pour entraîner une perte de diversité.

Le glyphosate est utilisé dans l'industrie forestière pour tuer certains types d’arbres à feuilles, ce qui permet aux résineux de pousser sans entrave. Ces derniers sont plus recherchés par l’industrie forestière.

Dans la région de Stewiacke en Nouvelle-Écosse, où de l’épandage a eu lieu cette année, des citoyens et des activistes craignent que la pluie n'amène l’herbicide à se déverser dans les lacs et les marais.

Ils ne sont pas autorisés à l’épandre près des cours d’eau, mais ils ne peuvent pas être évités dans le secteur, explique Ellen Durkee, une résidente de Middle Stewiacke.

Biodiversité en danger

Deux nouvelles études menées par l’Université McGill ont révélé que le glyphosate met en danger les écosystèmes d’eau douce, même lorsque son utilisation est conforme aux lignes directrices.

Nous avons fait une grande expérience où nous avions 100 étangs artificiels remplis avec de l’eau de vrais lacs, ainsi que des bactéries, des algues et des puces, explique Marie-Pier Hébert, doctorante à Université McGill et coauteure des études.

Ce que nous avons trouvé, c'est que des concentrations de glyphosate aussi faibles que 0,1 milligramme par litre pourraient entraîner la disparition d'une espèce de zooplancton, dit-elle.

Les recommandations canadiennes pour la qualité de l'eau permettent toutefois une concentration maximale de 0,8 milligramme de glyphosate par litre, ce qui pourrait facilement tuer le zooplancton.

Le zooplancton peuple les océans et les mers de la Terre.

Le zooplancton peuple les cours d'eau de la Terre.

Photo : iStock

Le zooplancton est un microorganisme aquatique qui vit dans les cours d'eau. Certains types de zooplancton se nourrissent de phytoplancton potentiellement nocif, comme les cyanobactéries.

Selon Marie-Pier Hébert, si le zooplancton est tué par le glyphosate, cela pourrait avoir un impact sur l’équilibre des écosystèmes et la chaîne alimentaire.

Elle ajoute qu'il est possible – bien que cela n’ait pas été prouvé – que la disparition de certains zooplanctons ait contribué à la prolifération d'algues bleu-vert en Nouvelle-Écosse. Ce type d’algue, qui est de plus en plus présente dans la province ces dernières années, peut être toxique pour les humains et les animaux.

Le glyphosate est le pesticide le plus utilisé au Canada et dans le monde.

Il est autorisé par Santé Canada et largement employé par les industries agricoles et forestières.

Toutefois, il est classé comme un cancérigène probable par l'Organisation mondiale de la santé depuis 2015.

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