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Des serveurs formés en prévention contre la violence sexuelle

Une femme tient un verre de bière.

Cette décision est bien accueillie par les serveurs et les défenseurs des victimes d'agressions sexuelles, qui disent faire pression pour son introduction depuis des années.

Photo : Getty Images / Izabela Habur

Radio-Canada

Le programme de formation obligatoire de l'Ontario pour ceux qui vendent, servent, livrent ou manipulent de l'alcool contiendra bientôt un module sur la façon de repérer la violence sexuelle dans un bar ou un restaurant et d'y réagir.

Dans un communiqué de presse, Smart Serve Ontario annonce le lancement d'un nouveau module d'apprentissage vendredi.

Reconnus comme la première ligne de défense au sein de divers établissements, les serveurs sont essentiels à la protection et au bien-être des clients contre les violences sexuelles, indique le communiqué.

Smart Serve Ontario a refusé de partager plus de détails avant l'annonce (notamment ce qu’inclura le programme), mais indique que plus de renseignements seront dévoilés au cours d'un événement dans un restaurant d'Etobicoke, dans l’ouest de Toronto, vendredi.

Alors que les serveurs et les défenseurs des victimes d'agressions sexuelles applaudissent cette décision, certains se demandent pourquoi un tel ajout s'est fait attendre aussi longtemps. Depuis 2015, des pressions s'exercent pour que le programme Smart Serve inclue une formation sur la violence sexuelle, et certains allèguent que de nombreux incidents auraient pu être évités si elle avait été mise en place plus tôt.

Smart Serve Ontario offre une formation en personne et en ligne pour les serveurs travaillant dans les établissements où de l'alcool est vendu. Elle est approuvée par la Commission des alcools et des jeux de l'Ontario (CAJO) et est obligatoire pour ceux qui servent de l'alcool dans la province. La formation comprend un test de certification final.

Dans l'avis aux médias, l’organisme vante les rôles importants que jouent les serveurs.

Le lien entre les établissements qui servent de l'alcool et le risque de violences sexuelles ne peut être ignoré.

Une militante déçue que cela ait pris si longtemps

Je suis heureuse que cela se produise, mais déçue que cela ait pris si longtemps, réagit Farrah Khan, responsable de Consent Comes First (le consentement avant tout) au bureau de soutien et d'éducation en matière de violence sexuelle de l'Université Ryerson.

Dans son rôle de coprésidente de la Table ronde sur la lutte contre la violence faite aux femmes de 2015 à 2018, elle a poussé, avec d'autres, la province à intégrer une formation sur la reconnaissance et la réponse à la violence sexuelle dans Smart Serve.

Farrah Khan face à l'objectif.

Farrah Khan fait pression depuis 2015 pour que la formation obligatoire Smart Serve inclue un volet sur la détection et la prévention de la violence sexuelle.

Photo : CBC/Grant Linton

Nous voulions qu'on prenne conscience que, dans certaines situations, les gens peuvent utiliser l'alcool pour rationaliser le mal qu'ils vont commettre, pour renforcer leur sentiment qu'ils peuvent s'en tirer s’ils commettent une agression, dit-elle.

Mme Khan se dit maintenant impatiente d'en savoir plus sur le programme pour savoir s'il est complet et s'il comprend également un volet sur la façon de répondre aux violences sexuelles contre les membres du personnel.

Une formation comme celle-ci doit traiter non seulement des violences sexuelles auxquelles les clients peuvent être soumis, mais aussi des serveurs et de la façon dont ils vont veiller les uns sur les autres, dont ils vont s'assurer de la sécurité , a-t-elle déclaré.

 C'est une victoire, mais c'est une victoire différée. Nous aurions pu empêcher beaucoup plus de cas de violence sexuelle si nous avions institué la formation plus tôt.

En 2016, le conseil municipal de Toronto a présenté une motion demandant à la province et à la CAJO de modifier Smart Serve afin d'inclure des mesures sur la façon de traiter les agressions sexuelles, le harcèlement et la violence.

Former les novices

La serveuse torontoise Brigitte de Man se félicite de la décision de Smart Serve d'imposer le programme de formation, surtout maintenant.

La COVID a fait partir beaucoup de gens. La plupart des nouveaux sont inexpérimentés et il y a tellement de nouvelles personnes dans l'industrie, des jeunes qui n'ont peut-être pas la confiance requise pour se défendre ou les moyens de le faire, dit-elle, forte de ses neuf années d’expérience.

Brigitte de Man dans une rue.

Serveuse à Toronto, Brigitte de Man croit que le nouveau module de formation Smart Serve aidera les jeunes serveurs à entrer dans l'industrie.

Photo : CBC/Farrah Meralil

Qu'on pense au moins à ce genre de chose pour notre secteur et qu'on mette en place des politiques gouvernementales concernant ces problèmes, ça fait plaisir.

Elle aussi apprécierait une formation sur la façon de détecter les agressions sexuelles ou la violence non seulement contre les clients, mais aussi contre le personnel. Elle pense toutefois que le gouvernement pourrait faire beaucoup plus pour s'attaquer à certaines des racines du problème.

Cela commence par une éducation sexuelle complète à l’école, clame-t-elle.

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