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Santé : espoir et scepticisme dans la région face au plan annoncé par Québec

Deux infirmières qui travaillent dans une unité de soins intensifs.

Le gouvernement Legault a présenté jeudi un nouveau modèle de gestion du réseau de la santé qui permettra de gérer la pénurie d’infirmières.

Photo : getty images/istockphoto

Radio-Canada

Les réactions sont partagées, dans la région, face au plan proposé par le premier ministre François Legault pour tenter d’enrayer la pénurie de main-d'œuvre du réseau public de la santé. Plusieurs craignent que les impacts bénéfiques de la « petite révolution » promise par François Legault tardent à se faire sentir sur le plancher.

C’est le cas d’Émilie Ricard, infirmière à l’hôpital du Centre-de-la-Mauricie, à Shawinigan, qui s’était fait connaître en dénonçant ses conditions de travail. Elle constate que les bris de services se multiplient dans les hôpitaux de la région et craint que le plan annoncé ne soit pas suffisant pour ramener des infirmières qui ont quitté. De plus, la prime de 15 000 dollars promise par Québec aux infirmières à temps plein n’apporte pas une solution, selon elle, au personnel déjà à bout de souffle.

Ce que je trouve plate, c’est qu’on se démène à dire qu’on est fatigués, que du temps plein, on n’est plus capable d’en faire. Ça fait que ceux qui se démènent à temps partiel ou qui ont d’autres obligations qui ne leur permettent pas de faire du temps complet, puis qui sont là quand même à tenir le réseau, eux, ils n’ont rien. Ça, ça va déranger.

Une citation de :Émilie Ricard, infirmière
Une dame portant un masque de procédure.

L'infirmière Émilie Ricard

Photo : Facebook

Elle craint aussi que ce boni pour les infirmières à temps plein soit assorti de conditions dictées par Québec. On attend d’avoir le pamphlet qui dit ce qui exclut, parce qu’on s’attend qu’il va y avoir des normes à travers de ça. C’est beaucoup de sous et ce serait étonnant qu’il donne ça trop facilement.

Par ailleurs, plusieurs se réjouissent de l’ajout d’agents administratifs pour épauler les infirmières. Ces dernières réclament de l’aide depuis des années pour les tâches cléricales, afin qu’elles puissent se consacrer davantage aux patients.

Le syndicat reconnaît que certaines mesures annoncées par Québec représentent un bon point de départ, mais que ce n’est peut-être pas suffisant pour régler les bris de services et le délestage, comme l’explique la présidente du Syndicat des professionnelles en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec Nathalie Perron.

Cette annonce-là, ne fera pas à court terme ce qu’on voudrait qu’elle fasse. Donc, ramener rapidement des gens, ramener beaucoup de gens sur le plancher parce qu’on sait qu’il va y avoir beaucoup de départs avec la vaccination obligatoire.

Nathalie Perron accorde une entrevue.

Nathalie Perron, présidente du Syndicat des professionnelles en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

Photo : Radio-Canada

Depuis l’annonce de la vaccination obligatoire du personnel du réseau de la santé qui entrera en vigueur le 15 octobre, Nathalie Perron redoute les départs massifs. On a des départements où il n’y aura plus du tout d’infirmière. Ça fait qu’on ne sait pas ce qu’il va se passer le 15 octobre. C’est extrêmement inquiétant, autant pour nous, autant pour le personnel sur le plancher, de savoir comment on va pouvoir continuer à offrir des services, des services qui sont essentiels, qu’on ne pourra pas délester.

L’infirmière Émilie Ricard estime aussi que l’un des principaux problèmes est l’instabilité des équipes, la mobilité et les quarts de travail changeants. Dans son annonce jeudi, le gouvernement du Québec n’a rien proposé pour y remédier à court terme et stabiliser les horaires de jour, de soir, de nuit et de fin de semaine.

Les intervenants rencontrés se demandent quel sera l’impact réel des mesures annoncées jeudi et si ce sera suffisant.

Avec les informations d’Amélie Desmarais

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