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Les agronomes du Québec ne pourront plus conseiller et vendre en même temps

Un tracteur épand des pesticides dans un champ.

La majorité des agronomes qui conseillent les agriculteurs sont salariés des compagnies qui commercialisent les pesticides.

Photo : iStock

Radio-Canada

L’Ordre des agronomes du Québec séparera désormais le rôle de conseiller et de vendeur après des années de controverses en matière de pesticides.

L’annonce a été faite jeudi par la présidente, Martine Giguère, lors du congrès 2021 de l’Ordre qui a pour thème cette année Agronome et société : partenaires de changements.

Elle a expliqué que l’Ordre avait reçu l’aval du conseil d’administration pour orienter ses travaux de manière à séparer la pratique de la vente et du conseil.

Cette décision s’applique au champ de la phytoprotection, ainsi qu’à tous les autres champs de la pratique agronomique, a-t-elle précisé.

Cette décision s’inscrit dans le cadre du projet visant à moderniser la Loi sur les agronomes.

Notre participation au projet nous a nécessairement conduits à revoir certaines pratiques, dont celle de la vente et du service-conseil en phytoprotection qui éclabousse la profession depuis les dernières années, a-t-elle déclaré.

Des conflits d'intérêts

Radio-Canada révélait en 2017 au terme d’une enquête que les agriculteurs sont majoritairement conseillés par des agronomes vendeurs, payés par les entreprises de pesticides.

Notre reportage exposait les conflits d’intérêts apparents des agronomes qui travaillent à la fois à conseiller les producteurs et à leur vendre des pesticides.

De plus, un rapport d'enquête rédigé pour l'Ordre des agronomes démontrait en 2019 que la plupart de ces agronomes – les indépendants ne sont pas visés – touchent des primes, bonis ou commissions, une pratique illégale pouvant les inciter à recommander trop de pesticides.

Or, l'article 31 du Code de déontologie des agronomes du Québec indique qu'un agronome doit s’abstenir de recevoir, en plus de la rémunération à laquelle il a droit, tout avantage, ristourne ou commission relatifs à l’exercice de sa profession.

L'Ordre des agronomes du Québec reconnaissait le 1er mai 2021 l’existence de conflits d’intérêts chez certains de ses membres, sans toutefois interdire à un agronome qui conseille des agriculteurs dans l’utilisation de pesticides ou d’engrais d’être en même temps rémunéré par une entreprise qui vend ces produits.

À ce moment, le conseil d’administration de l’Ordre avait adopté un Code d’éthique et de déontologie, revu la manière d'élire les personnes qui occupent la présidence et la vice-présidence et instauré une formation continue obligatoire des agronomes.

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