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Le Canada appelé à partager plus de ses vaccins contre la COVID-19

Plus de 82 % des doses de vaccins dans le monde ont été acquises par des pays riches et moins de 1 % sont allées à des pays à faible revenu.

Des flacons vides de différents vaccins de Moderna, Pfizer-BioNTech et AstraZeneca contre la COVID-19

Le taux de vaccination varie encore fortement entre les régions du monde.

Photo : Getty Images / CHRISTOF STACHE

La Presse canadienne

Le Canada devrait partager une plus grande partie de ses excédents de vaccins contre la COVID-19 avec les pays moins fortunés, a déclaré le représentant permanent du Canada auprès des Nations unies, Bob Rae.

En entrevue à La Presse canadienne, M. Rae a convenu que les responsables canadiens avaient été préoccupés par les dossiers intérieurs à cause de l'élection fédérale, mais il les a appelés à ne pas perdre de vue l'importance de l'aide internationale pour mettre un terme à la pandémie.

Nous devons continuer à chercher des moyens de répartir davantage les excédents que nous avons actuellement au Canada, a-t-il affirmé.

Il a ajouté qu'il était dans l'intérêt national du Canada d'en faire plus en raison de la montée de nouveaux variants et du fait que l'économie du pays dépend du commerce international.

La moitié de notre PIB provient du commerce. Nous sommes aussi touchés que n'importe quel pays du monde, en raison de notre niveau d'intégration, non seulement avec l'économie américaine, mais avec d'autres économies du monde, a mentionné l'ambassadeur.

Nous savons que ces variants se propagent et se développent notamment parce que nous n'avons pas été en mesure de fournir suffisamment de vaccins dans suffisamment de bras à travers le monde. Et j'espère que l'opinion publique nationale reconnaîtra de plus en plus le fait que le problème que l'Afrique a, ou que l'Asie a, n'est pas seulement leur problème.

C'est aussi notre problème.

Bob Rae parle, assis devant des drapeaux canadiens.

Le Canada doit en faire plus pour la vaccination dans le monde, selon Bob Rae (archives).

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

De fortes disparités entre les régions

Selon le projet Our World In Data, qui suit les cas de COVID-19 et la vaccination dans le monde, 49,87 % des personnes en Asie ont reçu au moins une dose de vaccin, tandis que 35,14 % sont entièrement vaccinées. En Afrique, seulement 6,29 % ont reçu au moins une dose et 4,08 % des gens sont complètement vaccinés.

Au Canada, 75,8 % de la population totale a reçu au moins une dose, tandis que 69,8 % de la population totale est complètement vaccinée.

Bob Rae s'exprimait lors des réunions de l'Assemblée générale des Nations unies des dirigeants mondiaux cette semaine, qui comprenaient un sommet sur la pandémie mercredi organisé par le président américain Joe Biden. Ce sommet a pour but de discuter de la façon d'atteindre un taux de vaccination mondial de 70 % à cette date l'année prochaine.

Le premier ministre Justin Trudeau a participé au sommet sur la pandémie et a soutenu l'initiative de Joe Biden.

Edwin Ikhuoria, directeur général pour l'Afrique de l'organisation non gouvernementale ONE Campaign, a déclaré que le sommet de Joe Biden était une étape importante pour mettre en évidence le problème persistant du faible déploiement de vaccins dans les pays les plus pauvres.

Trop d'agents de santé de première ligne dans le monde n'ont toujours pas reçu leurs premières doses. Cela signifie que la courbe n'est pas aplatie, le virus continuera de se propager, de muter et de menacer la communauté mondiale, a déclaré Edwin Ikhuoria.

Des pays comme le Canada se sont engagés à partager leurs vaccins supplémentaires, et nous célébrons ces promesses, mais elles doivent être suivies de livraisons et de transparence.

Les dons tardent à venir

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) affirme que les pays riches, qui ont accès à de grands approvisionnements de vaccins, ont livré seulement 15 % des dons promis.

Ottawa a promis un total de 40 millions de doses jusqu'à présent, mais n'a pas dévoilé exactement combien de vaccins avaient été livrés.

Le Canada a besoin d'environ 11 millions de doses pour vacciner complètement tous les Canadiens de plus de 12 ans qui ne sont pas encore vaccinés, et a plus de 18 millions de doses en main pour y parvenir. Les vaccins pour les enfants de moins de 12 ans ne sont pas encore autorisés.

Des documents publiés par l'alliance mondiale de partage de vaccins COVAX, l'Organisation panaméricaine de la santé et des sites web de certains gouvernements suggèrent que le Canada a déjà fait don de près de trois millions de doses de vaccin à 10 pays d'Afrique, d'Amérique du Sud, d'Amérique centrale et des Caraïbes, mais le Canada n'a publiquement confirmé qu'un don de 82 000 doses à Trinité-et-Tobago.

Plus de deux millions de ces doses provenaient des vaccins que le Canada a achetés par l'entremise de COVAX, tandis que le reste était des dons directs de l'approvisionnement du Canada en vaccin d'AstraZeneca-Oxford dans le cadre d'accords bilatéraux.

Un responsable du bureau de la ministre du Développement international Karina Gould n'a pas pu expliquer pourquoi le Canada n'avait rendu public aucun des dons autres que les 82 000 doses d'AstraZeneca envoyées à Trinité-et-Tobago le 12 août. Le responsable parlait sous couvert d'anonymat parce qu'il n'avait pas la permission de discuter publiquement de la question.

Ce responsable canadien a déclaré qu'il n'y avait pas de date limite concernant l'engagement de 40 millions de doses et que le calendrier dépendait d'un certain nombre de facteurs, notamment des accords juridiques avec les pays bénéficiaires et les fournisseurs de vaccins, et la garantie de la capacité du pays bénéficiaire à administrer les vaccins avant qu'ils expirent.

Dans l'interview de jeudi, Bob Rae a suggéré que le temps des retards était révolu.

Nous devons continuer. Nous devons faire ce que nous avons dit que nous ferions. Nous devons comprendre l'importance d'en faire plus.

Des leaders africains dénoncent l'iniquité vaccinale

De nombreux leaders africains ont profité de leur tribune aux Nations unies, jeudi, pour dénoncer les inégalités dans la distribution des vaccins contre la COVID-19 dans le monde.

Devant l'Assemblée générale, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a qualifié, jeudi, de très préoccupant que la communauté internationale n'ait pas soutenu les principes de solidarité et de coopération pour garantir un accès équitable aux vaccins.

C'est un acte d'accusation contre l'humanité que plus de 82 % des doses de vaccins dans le monde aient été acquises par des pays riches, tandis que moins de 1 % sont allées à des pays à faible revenu.

Gros plan de Cyril Ramaphosa

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa (archives)

Photo : Getty Images / Gulshan Khan

M. Ramaphosa et d'autres leaders ont exhorté les États membres de l'ONU à soutenir une proposition prévoyant de renoncer temporairement à certains droits de propriété intellectuelle sur les médicaments établis par l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Cette suspension permettrait à davantage de pays, en particulier ceux à revenu faible et intermédiaire, de produire des vaccins contre la COVID-19.

M. Biden a rompu avec ses alliés européens, plus tôt cette année, en soutenant l'idée de déroger aux droits de propriété intellectuelle pour les vaccins, mais il n'y a eu aucun mouvement mercredi vers un consensus mondial requis par les règles de l'OMC.

Le président angolais João Lourenço a qualifié de choquante cette disparité vaccinale, qui permet d'administrer des troisièmes doses dans certains pays, alors que dans d'autres, comme en Afrique, la grande majorité de la population n'a même pas reçu la première dose.

Les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne et Israël font partie des pays qui ont commencé à administrer des troisièmes doses de rappel ou ont annoncé leur intention de le faire.

En parallèle, Benido Impouma, directeur de programme pour l'Afrique à l'OMS, a soutenu lors d'une vidéoconférence hebdomadaire que la quatrième vague sur le continent [africain] sera probablement la pire, la plus brutale à ce jour.

Avec des informations de l'Associated Press

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