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La levée des restrictions au N.-B. aurait dû être moins hâtive, pense un expert

Un portrait-photo de Benoît Barbeau.

Le Nouveau-Brunswick aurait gagné à attendre la rentrée scolaire avant d'assouplir les restrictions sanitaires en place, soutient Benoît Barbeau, spécialiste en virologie de l'Université de Québec à Montréal.

Photo : Gracieuseté de Benoît Barbeau

Maya Chebl

Le spécialiste en virologie, Benoît Barbeau, ne mâche pas ses mots quand il dit que le gouvernement du Nouveau-Brunswick a levé toutes ses mesures sanitaires trop hâtivement. En juillet, alors que le variant Delta était déjà bien établi au pays – la province ne faisait pas exception – les élus auraient assurément gagné à jouer la carte de la vigilance.

On aurait dû attendre le retour en classe des élèves avant d’enlever les restrictions. Et elles auraient dû être retirées progressivement, signale le professeur du département des sciences biologiques de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

Il maintient que le succès de la campagne vaccinale ne devait pas précipiter la décision d’abandonner l’ensemble des gestes barrières, incluant le port du masque et la distanciation physique. Enlever les mesures sanitaires revient un peu à dire qu’on enlève notre deuxième approche de protection, déclare Benoît Barbeau. Et le variant Delta n’attendait que ça.

Jennifer Russell et Blaine Higgs qui dansent.

La Dre Jennifer Russell et le premier ministre Blaine Higgs ont dansé sans masque pour la fête du Nouveau-Brunswick en août alors que la province était en phase verte.

Photo : Radio-Canada

C’est d’ailleurs ce qu’on l’on constate actuellement en Alberta et en Saskatchewan. En Alberta, toutes les mesures sanitaires avaient été retirées au début du mois de juillet. Face à une pression inédite sur son système de santé dans les dernières semaines, le premier ministre Jason Kenney avait décrété à nouveau l’état d’urgence dans la province.

Éviter une circulation active du virus

Ce n'est pas parce que la population est majoritairement vaccinée que les mesures barrières doivent être assouplies, croit-il.

Le virus peut alors plus facilement sauter d'une personne non vaccinée à une personne vaccinée.

Or, on veut que les vaccins continuent à faire leur travail– soit d’empêcher les hospitalisations – poursuit-il.

Si le virus circule trop activement, ça nous ramènerait en quelque sorte à la case départ.

Une citation de :Benoît Barbeau, professeur et spécialiste en virologie

Bien que l’apparition de nouveaux variants est plus probable dans des pays densément peuplés comme l'Inde ou la Chine, Benoît Barbeau ne pense pas que la transmission du virus devrait être négligée dans un endroit comme le Nouveau-Brunswick.

Deux victoires : le masque et le vaccin

Pour Benoît Barbeau, le Nouveau-Brunswick a bien agi en réintroduisant le masque dans les lieux publics intérieurs. On a gagné des batailles pendant la pandémie grâce au vaccin et au masque, rappelle le professeur de l’UQAM.

Toutefois, il y a d’autres mesures qui se sont montrées bénéfiques par le passé, mais qui ne font pas partie des nouvelles règles appliquées dans la province. On peut penser notamment à la distanciation physique et un nombre limité d’individus au sein d’un groupe. La bulle sociale en est un exemple.

L’obligation de s’enregistrer avant de rentrer dans la province est aussi une bonne stratégie, conçoit Benoît Barbeau. Il concède que ça ne règlera pas tout. Le problème maintenant, au Nouveau-Brunswick, c’est la transmission communautaire. Donc c'est un problème qui est interne, nuance-t-il.

Usage de tests rapides

Ils ont été critiqués quand ils ont vu le jour au début de la pandémie. Mais aujourd’hui, on pourrait difficilement s’en passer, croit Benoît Barbeau.

Certes, les tests rapides ne sont pas aussi précis que les tests de dépistage traditionnels. Ils offrent néanmoins la possibilité de prendre le pouls d’un endroit où l'on suspecte de nouvelles infections.

C'est le cas dans les écoles, entre autres. Même si c'est moins efficace, ça envoie des red flags, dit Benoît Barbeau. Il pense également que c'est un autre outil nécessaire dans la prévention des éclosions.

Le Québec a commencé à s'en servir dans ses écoles et compte, à terme, les rendre disponibles à l'ensemble de ses établissements du primaire.

Les nouvelles mesures mises en place au Nouveau-Brunswick – l'obligation de porter le masque dans les lieux publics intérieurs, la présentation d'une preuve vaccinale et l'enregistrement à la frontière – le sont depuis mercredi.

Il faudra toutefois attendre au moins deux semaines avant de constater leurs répercussions sur le nombre de cas. En l'absence de changements, de nouvelles mesures seront à prévoir, avance le spécialiste.

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