•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La création de mode pour amorcer un dialogue de réconciliation

L'artiste et designer Sho Sho Esquiro assise avec en arrière-plan des mannequins vêtus de robes.

L'artiste et designer Sho Sho Esquiro présente sa collection « Doctrine of Discovery ».

Photo : Radio-Canada / Richard Thériault

Richard Thériault

Le musée Bill Reid d'art du Nord-Ouest Pacifique à Vancouver consacre sa nouvelle exposition Doctrine of Discovery aux créations de la couturière yukonnaise Sho Sho Esquiro dont les vêtements aux énoncés politiques invitent au dialogue.

Sho Sho Esquiro a réalisé ses premiers vêtements pour ses poupées Barbie alors qu’elle avait 6 ans. Une fois adulte, elle a délaissé les poupées pour produire des vêtements attrayants et elle y a ajouté une dimension politique. Elle voulait des créations écoresponsables et engagées. 

À cause de l'impact de la mode jetable sur l'environnement, je voulais faire ma place dans la mode, mais aussi être pertinente dans le monde de l'art.

Une citation de :Sho Sho Esquiro, créatrice de mode
Deux robes dans une vitrine.

Une création de Sho Sho Esquiro qui intègre une image inversée du pape François.

Photo : Radio-Canada / Richard Thériault

Sho Sho Esquiro a grandi dans la petite communauté autochtone de Ross River au Yukon, sans téléviseur ni autre divertissement. Sa jeunesse en aura été une centrée sur l'apprentissage des traditions. Elle attribue à ses tantes le mérite de son apprentissage des techniques de couture, de perlage et de broderie. 

Des photographies, une fourrure et dans une boîte de fer blanc circulaire des ciseaux de couture, des bouts de tissus et un ruban à mesurer.

La designer Sho Sho Esquiro puise son inspiration dans les traditions de sa nation Kaska Dena.

Photo : Radio-Canada / Richard Thériault

Depuis quelques années, les mots sont apparus sur ses vêtements. Des mots qui sont souvent ceux des autres et qui donnent un ton plus politique à ses créations. C'est sa façon d'amorcer le dialogue avec son public.

Je voulais avoir des conversations avec les gens [...] espérons que mon travail parle par lui-même

Une citation de :Sho Sho Esquiro, créatrice de mode
Le dos d'un mannequin qui porte un manteau de fourrure et une veste de cuir avec la mention : aucune excuse n'est nécessaire.

« No Apology Necessary » est une oeuvre que Sho Sho Esquiro a présentée lors d'un défilé à Paris en 2019.

Photo : Radio-Canada / Richard Thériault

Par exemple, une robe met en évidence la décision du pape François de ne pas offrir les excuses du Vatican pour le rôle joué par des membres de l'Église catholique dans les abus commis dans les pensionnats fédéraux pour Autochtones au Canada.

En inscrivant les mots « no apology necessary », Sho Sho Esquiro veut rappeler les torts et souffrances de son peuple. Elle ajoute que l'objectif de cette collection est de permettre une guérison et une reconnaissance [de cette souffrance] avec ou sans excuses.

Une grande salle avec des mannequins qui portent des vêtements et des robes.

La veste avec l'inscription « Idle no More » est une réalisation de Sho Sho Esquiro.

Photo : Radio-Canada / Richard Thériault

La créatrice compare ses vêtements à des pancartes ou des bannières que les gens agitent lors de manifestations publiques. Son médium lui permet toutefois d'apporter plus de nuances.

Pour une autre de ses créations, elle utilise une citation du directeur d’un pensionnat de Pennsylvanie, qui, au XIXe siècle avait déclaré : Tuez l’Indien, sauvez l’homme, estimant que les peuples autochtones devaient être assimilés en tuant leur culture pour les préserver.

Sho Sho Esquiro dit avoir fait et défait la robe à plusieurs reprises avant de finalement broder la phrase sur le devant de la robe, tout en l'inversant. La citation doit être lue dans un miroir.

Un mannequin qui porte une robe devant un miroir.

Le message sur le vêtement de So Sho Esquiro portant la citation « Kill the Indian, Save the Man » n'est lisible qu'avec l'aide d'un miroir.

Photo : Radio-Canada / Richard Thériault

Son art est solitaire, mais elle est consciente qu’elle parle au nom d’une communauté. D’exposer son travail, c’est comme retirer un immense poids de sur ses épaules, évoque-t-elle.

Cette invitation au dialogue est présentée au musée Bill Reid d'art du Nord-Ouest Pacifique jusqu’au 5 juin 2022.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !