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Incitatifs aux infirmières : un bon accueil du CIUSSS, le syndicat ambivalent

L'hôpital de Chicoutimi.

L'hôpital de Chicoutimi

Photo : Radio-Canada / Lynda Paradis

Bien que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean accueille favorablement le plan de Québec pour attirer et retenir plus d'infirmières, ces dernières sont un peu restées sur leur appétit avec l'absence de mesures spécifiques pour réduire le temps supplémentaire obligatoire.

Jeudi après-midi, le premier ministre François Legault a annoncé que les infirmières travaillant à temps plein dans le réseau public pourront recevoir une prime de 15 000 $. Certaines régions, où la crise frappe durement, verront une prime additionnelle de 3000 $, mais le Saguenay-Lac-Saint-Jean n'en fait pas partie.

Les infirmières à temps partiel qui passent à temps complet recevront aussi 15 000 $, alors que celles qui font un retour dans le réseau public après l'avoir quitté obtiendront 12 000 $.

Dans un premier temps, la direction du CIUSSS a reçu positivement, sans surprise, le plan pour recruter 4300 infirmières de plus dans le réseau de la santé. La direction du CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean accueille favorablement toutes les mesures pouvant soutenir nos actions constantes qui visent à fidéliser l’ensemble de notre personnel et leur offrir de meilleures conditions d’exercice dans le cadre de leurs fonctions, a transmis en guise de réaction le service des communications du CIUSSS jeudi après-midi.

Des infirmières mitigées

Du côté du Syndicat des professionnelles en soins du Saguenay-Lac-Saint-Jean (FIQ), la présidente par intérim, Julie Boivin, a initialement été impressionnée par l'annonce du premier ministre. Quand j'ai entendu ça, là j'avais de l'espoir, j'avais les yeux qui brillaient et quand j'ai entendu tout ça, je me suis tout de suite posé des questions à savoir si c'est vraiment une révolution, parce qu'on avait besoin de solutions ici et maintenant sur beaucoup d'autres enjeux. [...] On avait besoin de l'entendre se commettre pas mal plus sur le temps supplémentaire obligatoire ici et maintenant parce que même si on réussissait à aller chercher des professionnelles en soins pour les ramener dans le réseau, ou convaincre des temps partiel de passer à temps complet, ça passe par enrayer le temps supplémentaire obligatoire, a-t-elle expliqué en entrevue.

Celle qui sera en poste comme présidente jusqu'à vendredi soir a aussi expliqué, tout simplement, qu'être cinq fois à l'horaire par semaine amène plus de chances de devoir faire du TSO qu'être seulement là trois ou quatre jours.

Une infirmière donne une entrevue dans un bureau.

La présidente par intérim du Syndicat des professionnelles en soins du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Julie Boivin

Photo : Radio-Canada

C'est aussi le son de cloche obtenu par Radio-Canada auprès d'infirmières qui travaillent actuellement dans le réseau. C'est tentant parce que je suis à quatre jours semaine en ce moment, mais je suis à quatre jours parce que c'est plus difficile pour moi d'être à temps complet parce que j'ai trois jeunes enfants et mon chum travaille dans le nord, a débuté Marie-Philippe Boucher, qui a avoué que l'argent supplémentaire était un très bon incitatif.

Sa collègue Véronique Bédard abondait dans le même sens. Être motivée à travailler à temps plein, ça ne donne pas plus de temps à nos enfants, mais ça va porter à réflexion. Il va falloir que j'y pense, à indiqué de son côté Véronique Bédard, pour qui le TSO est un lourd problème.

Par contre, une infirmière à la retraite, Martine Côté, n'a pas trouvé ce qui la satisferait assez pour reprendre du service. Je ne dis pas oui à une offre comme ça, parce que ça ne me tente pas d'aller dans le réseau présentement avec le temps supplémentaire obligatoire qui ne s'arrêtera pas là, demain. Ce n'est pas une question d'argent, c'est une question d'organisation du travail, a partagé Martine Côté, une infirmière retraitée.

Déjà des actions au CIUSSS

Plus tôt en journée, le directeur responsable du territoire de Domaine-du-Roy, Serge Lavoie, s'était réjoui du retour de deux infirmières parmi celles qui avaient démissionné à l'hôpital de Roberval.

Selon celui qui est également directeur des services multidisciplinaires au CIUSSS, le travail des gestionnaires locaux a favorisé leur réintégration. Il y avait eu des réaménagements faits par nos gestionnaires pour être en mesure d'alléger la tâche, de répartir la charge de travail, d'avoir des ratios qui tenaient la route. Donc, je pense qu'elles ont vu qu'il était en train de se passer des choses, avait-il mentionné avant la conférence de presse de 13 h.

Serge Lavoie devant l'hôpital de Roberval.

Le directeur des services multidisciplinaires au CIUSSS, Serge Lavoie

Photo : Radio-Canada / Laurie Gobeil

En dépit des incitatifs financiers que le gouvernement Legault vient d'annoncer pour augmenter le nombre d'infirmières, Serge Lavoie indique que le CIUSSS envisageait déjà de réorganiser les services pour éviter des découvertures ou pour mettre trop de pression sur le personnel infirmier

Dans le moment, ce qu'on réfléchit, c'est quelles sont les interventions qu'on peut faire à court terme qui vont rapidement faire baisser la pression sur les infirmières. Puis, regarder à moyen terme quelles sont les actions qu'on peut faire pour réorganiser nos services. Ça pourrait vouloir dire, par exemple, d'ouvrir des services en alternance d'un point de service à un autre, a-t-il ajouté.

Avec des informations de Michel Gaudreau et Catherine Paradis

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