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Ottawa enverra de l’aide fédérale à l’Alberta

Une infirmière et une bénévole de Services de santé Alberta sont assises dans un couloir d'hôpital.

Le personnel hospitalier de l'Alberta avait déjà été épuisé par la troisième vague de la pandémie.

Photo : Leah Hennel/AHS

Radio-Canada

Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Bill Blair, acquiesce à la demande d’aide formulée par l’Alberta. Le gouvernement pourrait donc y déployer des membres des Forces armées canadiennes (FAC) et de la Croix-Rouge pour combattre la pandémie de COVID-19.

Dans un message publié sur Twitter, le ministre Blair s'est engagé à fournir le soutien nécessaire aux Albertains en cette période difficile.

Il répond ainsi à la demande d'aide transmise par la province plus tôt cette semaine pour soulager le système de santé, qui venait de battre son record d’hospitalisations en lien avec la COVID-19.

L'ex-ministre de la Santé, Tyler Shandro, a démissionné dans la foulée de la crise.

C'est le ministre albertain des Affaires municipales, Ric McIver, qui a demandé l’aide du fédéral mardi. Il a demandé à Ottawa d’aider l’Alberta à transférer des patients en dehors de la province, par exemple en augmentant les ressources d’évacuation médicale aérienne.

Il a aussi demandé au fédéral d’envoyer à Services de santé Alberta (AHS) plus de personnel essentiel, notamment des infirmières pour les unités de soins intensifs et des inhalothérapeutes.

L'aide fédérale comprend un large éventail de ressources, comprenant le déploiement de ressources médicales des [Forces armées canadiennes] et/ou une capacité d'évacuation médicale aérienne, ainsi que le déploiement de ressources de la Croix-Rouge canadienne [...] ainsi que d'autres ressources humaines, indique le ministre Blair dans son message sur Twitter.

L'armée prête à intervenir

Les Forces armées canadiennes ont confirmé avoir reçu une demande d'aide de l'Alberta. Les FAC dépêcheront des infirmières spécialisées en soins intensifs, ainsi que des appareils et du personnel pour le transport aérien de patients, dans le cadre de l'opération Laser, a précisé un porte-parole dans une réponse écrite à CBC.

Les équipements et le personnel pour les évacuations aériennes devraient être disponibles d'ici 24 heures; jusqu'à huit infirmières spécialisées pourraient être déployées dans les trois prochains jours, a précisé la Défense nationale.

L'Alberta compte présentement plus de 20 000 cas actifs de COVID-19, plus que n'importe quelle autre province canadienne. On y dénombre 1500 nouveaux cas d'infection par jour en moyenne. Un pic de plus de 2000 cas a même été déclaré vendredi dernier.

En date de jeudi, 1058 patients étaient hospitalisés en raison de la maladie, dont 226 aux soins intensifs. Les décès s'accumulent, dont 29 signalés mardi, 20 autres mercredi, y compris la première personne de moins de 20 ans, et 17 jeudi.

Les unités de soins intensifs de plusieurs régions ont atteint 100 % de leur capacité d'accueil cette semaine. À l'échelle de la province, selon AHS, les soins intensifs sont à 89 % de leur capacité d'accueil, en incluant les lits d'appoint.

Le gouvernement du Parti conservateur uni s'est efforcé d'ajouter des lits de soins intensifs, doublant ainsi le total initial de 173, et a encore envoyé du personnel pour les gérer.

La principale conséquence de ces mesures est l'annulation massive de chirurgies non urgentes à travers l'Alberta. Les médecins ont aussi été informés de la façon de procéder s'ils devaient être amenés à choisir qui pourra recevoir des soins et qui n'en recevra pas, si les ressources restantes s'épuisent.

Le leadership de Jason Kenney en question

À Calgary, la cheffe de l'opposition néo-démocrate de l'Alberta, Rachel Notley, a déclaré qu'il est temps que le premier ministre Jason Kenney remette les décisions de santé publique liées à la crise de la COVID-19 aux professionnels de la santé.

Elle a ajouté qu'il est devenu clair que M. Kenney est plus concentré sur sa survie politique que sur la pandémie.

Cela n'aurait jamais dû en arriver là, a déclaré Mme Notley.

Jason Kenney savait que son plan ne fonctionnait pas dès le mois de juillet et il n'a rien fait. En fait, il est parti [en vacances]. Pendant tout le mois d'août et jusqu'en septembre, le Parti conservateur uni a refusé d'agir alors que la crise s'intensifiait.

Maintenant, tous les Albertains subissent les conséquences de l'inaction et de l'incompétence collective du Parti conservateur uni.

Mme Notley a déclaré que les bonnes décisions en matière de santé publique sont arbitrées par des compromis politiques. Elle a demandé que ces décisions soient remises entre les mains de la Dre Deena Hinshaw, médecin hygiéniste en chef de l'Alberta, soutenue par un groupe de conseillers scientifiques indépendants.

Le premier ministre Jason Kenney, à gauche et la cheffe du NPD, Rachel Notley, à droite.

Rachel Notley, à droite, a dénoncé la gestion de la pandémie du premier ministre albertain Jason Kenney, à gauche.

Photo : CBC/Mike Symington

[Les Albertains] exigent un meilleur leadership de leur gouvernement pour traverser cette pandémie. Mais au lieu de prendre des mesures pour protéger les Albertains, Jason Kenney et le Parti conservateur uni semblent se concentrer sur leur propre protection, a déclaré la cheffe de l'opposition néo-démocrate.

Le premier ministre de l'Alberta fait face à une escalade de critiques qui appellent à sa démission pour sa piètre gestion de la pandémie de COVID-19. Les critiques ont commencé avant Noël dernier, lorsque son gouvernement a tardé à réagir à la deuxième vague qui a rapidement submergé les hôpitaux. Le gouvernement était à nouveau en retard lors de la troisième vague, en mai, et dans ce qui est devenu la quatrième et pire vague à ce jour.

M. Kenney a été accusé de se plier aux éléments antirestrictions de son parti et de son caucus au détriment de la santé publique.

Des associations dans certaines circonscriptions des conservateurs unis font pression pour que son leadership fasse immédiatement l'objet d'une révision.

Joel Mullan, vice-président du parti chargé de la politique, a ouvertement appelé à la démission de M. Kenney, en affirmant que le public et le parti avaient perdu confiance.

M. Kenney a rencontré son caucus mercredi et a ensuite demandé au parti de devancer l'examen de son leadership.

Le premier ministre s'est entretenu avec le président du parti mercredi et a demandé que l'UCP 2022 [assemblée générale annuelle] ait lieu au printemps et que l'examen du leadership prévu ait lieu à ce moment-là, a déclaré Dave Prisco, directeur des communications du parti de Jason Kenney.

Le parti travaille à confirmer une date et un lieu pour [concrétiser cela].

Jason Kenney a détourné les questions des journalistes plus tôt cette semaine à propos d'une potentielle démission, affirmant qu'il se concentrait sur la crise de la COVID-19 et non sur les intrigues politiques.

L'évolution de la COVID-19 d'heure en heure.
Avec les informations de La Presse canadienne

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