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Twitter supprime un message de Bernier qui partage les coordonnées de journalistes

Le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, et sa femme Catherine Letarte.

Maxime Bernier a encouragé ses abonnés à contacter les journalistes, en publiant des extraits de leurs demandes de commentaires après les élections fédérales de lundi.

Photo : La Presse canadienne / Liam Richards

La Presse canadienne

Twitter a supprimé une publication du chef du Parti populaire du Canada (PPC), Maxime Bernier, après qu'il eut insulté des journalistes sur les réseaux sociaux et partagé leurs coordonnées.

Dans une publication mercredi, Maxime Bernier a qualifié trois journalistes de grands médias d'idiots et a publié leur courriel en écrivant : Ils veulent jouer sale, nous jouerons sale aussi.

Il a encouragé ses 160 000 abonnés à contacter les journalistes, en publiant des extraits de leurs demandes de commentaires après les élections fédérales de lundi comme preuve de ce qu'il considérait comme de la diffamation dégoûtante.

Les journalistes de CTV News, de Global News et du Hill Times avaient posé des questions sur l'appui des groupes nationalistes blancs au Parti populaire et sur les craintes de Canadiens racialisés à propos de ce que le parti représente. Ils demandaient aussi si le parti de M. Bernier tolérait de possibles actes de haine de la part de certains partisans pendant la campagne électorale.

L'Association canadienne des journalistes affirme que ses membres ont l'obligation légale et éthique d'envoyer des questions aux politiciens, et le fait de s'en prendre à des journalistes parce qu'ils font leur travail est inacceptable et dangereux.

Le message équivaut à des tactiques d'intimidation, a déclaré le président de l'association, Brent Jolly.

M. Jolly a comparé la tactique de Maxime Bernier aux efforts de certains républicains aux États-Unis pour diaboliser la presse.

Il canalise, semble-t-il, beaucoup des mêmes comportements que nous voyons de la part de politiciens américains et de leurs relations avec les médias, a-t-il déclaré. C'est ce que nous avons vu avec Donald Trump et d'autres politiciens de droite.

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) a également dénoncé le geste de M. Bernier dans un tweet jeudi.

CBC/Radio-Canada a réagi par voie de communiqué (Nouvelle fenêtre) dans lequel elle a déclaré que ce harcèlement constitue un comportement inacceptable, d'autant plus lorsque ce sont des personnalités publiques qui incitent à harceler les journalistes.

La critique fait partie du métier, poursuit le diffuseur public. Mais le harcèlement en ligne, tout particulièrement lorsqu'il y a incitation à attaquer quelqu'un pour la seule raison qu'il fait son travail, compromet la sécurité des personnes.

Un porte-parole de Twitter Canada a déclaré que l'entreprise a supprimé un message du compte de Maxime Bernier parce qu'il a enfreint sa politique en matière de confidentialité.

Le Parti populaire n'a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.

Fondé par Maxime Bernier en 2018, après que ce dernier eut perdu de justesse la course à la direction des conservateurs face à Andrew Scheer, le Parti populaire du Canada occupe le terrain à droite des conservateurs et prône une réduction draconienne des niveaux d'immigration, le retrait de l'Accord de Paris sur le climat et l'opposition aux mesures sanitaires.

Pendant la campagne électorale, certains manifestants contre la vaccination portaient des pancartes du PPC. Le parti a renvoyé l'un de ses présidents d'association de circonscription de l'Ontario après que des allégations eurent fait surface voulant qu'il ait jeté du gravier sur le premier ministre Justin Trudeau lors d'un événement de campagne à London, en Ontario.

Un homme du nom de Shane Marshall a été accusé d'agression armée à la suite de cet incident.

Le Parti populaire du Canada n'a pas répondu à La Presse canadienne lorsque l'agence a demandé s'il s'agissait de l'ancien président d'association de circonscription du parti.

Maxime Bernier a condamné l'attaque sur Twitter, affirmant que la violence physique est toujours mauvaise.

L'ancien ministre conservateur a attiré des foules bruyantes au cours du dernier mois pendant qu'il faisait campagne contre les mesures sanitaires, en pleine quatrième vague de COVID-19.

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