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Lorraine Pintal : 70 printemps et un premier roman inspiré de sa vie

Lorraine Pintal

Lorraine Pintal, directrice artistique et générale du TNM

Photo : Jean-François Gratton

Radio-Canada

Figure infatigable du théâtre québécois, Lorraine Pintal a sorti mardi Pourquoi les larmes ont-elles le goût salé de la mère?. Ce roman à haute teneur autobiographique signe sa première incursion dans l’écriture de fiction alors qu’elle fête, cette année, ses 70 ans, tout comme le Théâtre du Nouveau Monde (TNM).

Je vieillis en même temps que le TNM, s’amuse Lorraine Pintal, directrice générale et artistique de ce théâtre montréalais depuis près de 30 ans. C’est comme une seconde jeunesse pour le TNM, je le prends comme ça pour moi aussi.

Soixante-dix ans, c’est un âge d’or qui nous permet d’espérer réaliser encore tellement de projets.

Se dévoiler dans un récit très intime

Pourquoi les larmes ont-elles le goût salé de la mère? est une fiction racontée au je dans laquelle Lorraine Pintal revient sur sa jeunesse, mais aussi sur sa vie adulte. Le récit qui explore également la question du lien filial est articulé autour de trois personnages : son père, sa mère et elle, la fille insoumise. 

Pour écrire cette fiction, Lorraine Pintal a donc puisé dans son enfance et ses souvenirs, parfois douloureux. Un exercice qu’elle a trouvé très difficile et qui a renforcé son admiration pour les écrivains et les écrivaines. 

Ça demande du temps, de l’introspection et de l’impudeur, explique-t-elle. Dans le métier que je fais, on peut justement se cacher derrière des personnages pour exprimer des émotions plus vives, plus intimes. Alors que là, c’est de moi, de ma mère et de mon père, dont il est question.

Au fil des pages, on découvre une autre Lorraine Pintal, et la part d’ombre d’une femme habituellement perçue comme lumineuse. En écrivant le roman, j’ai écrit l’autre, celle qu’on voit moins, car on n’est pas toujours en train de se confier publiquement, dit-elle. 

Couverture de livre montrant Lorraine Pintal quand elle était jeune

«Pourquoi les larmes ont-elles le goût salé de la mère?» est publié aux éditions Québec Amérique.

Photo : Québec Amérique

Un hommage à sa mère 

Dans Pourquoi les larmes ont-elles le goût salé de la mère?, Lorraine Pintal évoque donc sa mère, à qui elle dédie en partie son livre. Une femme passant par des périodes très sombres et dépressives, mais également une madame cent mille volts, infatigable, drôle, rieuse et festive.

Je suis héritière d’une mère qui était double. Toute ma joie de vivre vient d’elle, analyse-t-elle. 

J’ai été témoin, parfois un peu impuissante, de ces épisodes dépressifs, se rappelle-t-elle. Mais, j’en suis sortie grandie avec une mère qui croyait en moi.

Une mère qui aurait elle-même voulu monter sur les planches et chanter devant un public.

Elle avait la confiance absolue que j’allais réussir dans ce beau métier. Ma mère a été ma meilleure fan.

La fierté d’avoir duré

Loin d’être obsédée par les années qui s'additionnent au compteur, l’énergique femme de théâtre ressent de la joie quand elle regarde dans le rétroviseur. Lorsqu’elle a terminé ses études théâtrales au début des années 1970, on lui avait dit que posséder du talent était certes essentiel, mais que l’important était de durer. 

Après toutes ces années, je me dis : "Tu as duré, tu as gardé le cap sur ta ferveur, sur ta passion. Ce métier que tu voulais faire à l’âge de 7-8 ans, tu l’as fait et tu le fais encore."

Merci la vie, merci à je ne sais trop qui de m’avoir permis de réaliser [...] mon rêve, qui a toujours été le même : faire de l’art et donner de la beauté à ce monde, ajoute-t-elle. 

Photo en noir et blanc de Lorraine Pintal

Lorraine Pintal en 1991

Photo : Radio-Canada/Robert Baron

Rares étaient les metteuses en scène quand Lorraine Pintal a commencé sa carrière. C’est dans des personnages comme celui d’Antigone ou encore de Bérénice Einberg, l’héroïne de L’avalée des avalés, qu’elle a trouvé des modèles féminins pour la guider dans ce milieu d’hommes.

J’ai vécu un engagement féministe dès l’adolescence qui aura teinté toute ma quête.

Avec les informations de Catherine Richer, chroniqueuse culturelle à l'émission Le 15-18

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