•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Edmonton va retirer la fresque de l’évêque Grandin cet automne

Murale montrant Mgr Grandin en compagnie d'une soeur grise tenant un enfant autochtone.

Des milliers de personnes ont réclamé le retrait de cette murale de l'évêque Vital Grandin de la station de train léger Government Centre.

Photo : Radio-Canada / Hugo Lévesque

La Ville d’Edmonton a décidé de retirer définitivement, cet automne, la fresque de l’évêque francophone Vital-Justin Grandin, un ancien partisan du système des pensionnats pour Autochtones, de la station de train léger Government Centre.

En juin, le conseil municipal d’Edmonton a adopté à l'unanimité une motion visant à recouvrir temporairement la fresque et de retirer le nom de l’évêque du nom de la station.

Les aînés autochtones que nous avons consultés nous ont dit que cette fresque était irrespectueuse et leur rappelait des traumatismes passés, explique Emilea Saadeh, du Bureau des relations avec les Autochtones de la Ville d’Edmonton.

Les personnes qui empruntent le train léger n’ont pas le choix de voir ou non cette fresque, et ce, tous les jours. Ce n’est pas devenu plus facile au fil des années.

C’est aussi un traumatisme intergénérationnel, ajoute Danielle Dolgoy, du Conseil du patrimoine d’Edmonton, qui a participé aux consultations qui ont cours depuis septembre 2020.

Cette fresque perpétuait leur douleur et la retirer est un choix d’arrêter cette douleur et de prendre une autre direction.

Une citation de :Danielle Dolgoy, gestionnaire des programmes et des partenariats du Conseil du patrimoine d'Edmonton

La fresque a été réalisée en 1989 par l’artiste franco-albertaine Sylvie Nadeau, afin de commémorer l’histoire et l’héritage francophone en Alberta. Elle dépeint l’évêque Vital-Justin Grandin ainsi qu’une religieuse tenant un enfant autochtone dans ses bras.

Sylvie Nadeau a affirmé qu’elle n’était pas au courant de l’héritage douloureux des pensionnats pour Autochtones à l’époque.

Le système des pensionnats pour Autochtones a été mis en place pour assimiler les enfants autochtones, souvent retirés de force à leur famille. La Commission de vérité et réconciliation a recensé 3201 décès d'enfants autochtones dans ces pensionnats, mais elle estime qu'il pourrait y en avoir le double.

Sylvie Nadeau a collaboré avec l’artiste autochtone Aaron Paquette, en 2014, pour ajouter une autre fresque à côté de l’originale. Cette nouvelle oeuvre dépeint de jeunes Autochtones épanouis. Cette nouvelle portion de la fresque demeurera en place.

Les prochaines étapes

La fresque originale sera cachée à la vue du public le temps que la Ville d’Edmonton et ses partenaires décident d’un nouveau nom et d’une nouvelle vision pour la station.

Quant à la fresque originale, le maire d’Edmonton, Don Iveson, indique qu’elle sera retirée cet automne et pourrait être exposée autrement en expliquant son contexte et son héritage douloureux. Des consultations sont menées à ce sujet.

L’organisme Francophonie Jeunesse Alberta, qui fait partie des organismes consultés par la Ville d’Edmonton, souhaite que la nouvelle oeuvre d’art de la station reflète les communautés autochtones et francophones d’aujourd’hui.

On va prioriser l'acceptabilité et la durabilité de la nouvelle œuvre d'art, pour qu’on n’ait pas à refaire tout ce processus dans 20 ans, explique sa présidente, Gloria Livingston.

Elle affirme que la communauté francophone était d’accord pour retirer la fresque. L’histoire de la francophonie albertaine n'est pas seulement l'histoire de Vital Grandin. Notre rôle dans l’histoire est massif, rappelle-t-elle.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !