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La paroisse veut démolir le clocher de l’église Saint-Sauveur

Une demande de démolition a été adressée à la Ville, qui a décidé de relancer les discussions avec le Diocèse de Québec.

Trois pièces de clocher au sol.

Le clocher de l'église Saint-Sauveur repose en trois pièces détachées sur le parvis depuis l'été 2017.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Sans une intervention de la Ville de Québec ou une solution miracle pour sauver le clocher de l'église Saint-Sauveur, le curé de la paroisse est d'avis que la démolition des trois imposantes pièces détachées est « la seule façon de s'en débarrasser ».

Démantelé en août 2017 car il menaçait de s'effondrer, le clocher de l'église Saint-Sauveur est devenu un véritable fardeau à gérer pour l'Église. Il s'apprête aujourd'hui à passer un cinquième hiver de suite sur le parvis du bâtiment religieux.

Sans argent pour procéder elle-même aux réparations et à sa reconstruction, la paroisse débourse 5000 $ par année pour assurer la sécurité des trois pièces et celle de la population parfois trop curieuse.

Devant l'impasse des pourparlers pour trouver une solution, une demande de démolition a été acheminée à la Ville de Québec en toute discrétion, en décembre 2020. Requête à laquelle l'administration municipale n'a visiblement pas accédé, puisque le clocher jonche toujours le sol devant la cour de l'école primaire Marguerite-Bourgeoys.

Le clocher de l'église Saint-Sauveur avant son démantèlement.

Le clocher de l'église Saint-Sauveur, qui menace de s'effondrer, a été démantelé à l'été 2017. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Alexandra Duval

On a demandé une permission d'enlever les morceaux de clocher qui sont là. On a appelé ça un permis de démolition, mais c'est aussi une demande d'enlever les parties de clocher qui bloquent le devant de l'église, explique le curé Michel Drouin, responsable de la paroisse Sainte-Marie-de-l'Incarnation.

Cette demande est toujours d'actualité.

La seule façon de se débarrasser de ça, c'est de les démolir.

Une citation de :Michel Drouin, curé de la paroisse Sainte-Marie-de-l'Incarnation

Pour déménager, il faut détruire, selon M. Drouin. On ne pourra pas les déplacer comme ça parce que c'est très gros. Les rues du quartier Saint-Sauveur sont trop étroites et les fils électriques trop bas.

La paroisse plaide sa cause à la Ville depuis au moins 2018. Si elle n'a pas encore obtenu le droit de démolir les pièces, elle a néanmoins provoqué de nouvelles négociations dans ce dossier. Le fait qu'on ait demandé un permis de démolition de ces parties de clocher là, ça a fait reprendre les discussions.

Amorcées en juin, elles se poursuivent toujours à l'heure actuelle. J'imagine que dans les prochaines semaines, on aura un oui ou un non pour procéder à la démolition, ou si on laisse ça là, espère Michel Drouin.

La Ville confirme qu'elle négocie. La Ville est toujours en discussion avec le diocèse afin d’en arriver à une entente quant à sa restauration et la mise sur pied d’un projet pour lui redonner une nouvelle vie, affirme le porte-parole, David O'Brien.

Un clocher d'église tronqué.

L'église Saint-Sauveur n'a plus son clocher complet depuis août 2017.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Pas d'argent

La démolition et le déplacement des morceaux, lesquels bloquent l'entrée principale ainsi que le passage des piétons entre l'avenue des Oblats et la rue Boisseau, semblent aussi constituer la seule solution à la portée financière de l'Église. Elle ne ferme cependant pas la porte à un projet proposé par la Ville de Québec ou le ministère de la Culture.

S'ils nous disent "on remonte le clocher", on est rendu au point où on ne s'opposera pas à ça. Sauf que nous, on n'a pas les sous, insiste le curé Drouin. Le problème, c'est toujours les sous. Elle est classée par la Ville, on ne peut pas faire n'importe quoi.

L'église Saint-Sauveur fait partie des huit églises à valeur patrimoniale exceptionnelle ciblées par un plan de protection de la Ville en collaboration avec le provincial. Elle n'a par contre reçu aucune subvention récente pour des travaux. La Ville avait toutefois épongé 660 000 $ des 825 000 $ qu'a coûté le démantèlement du clocher.

Clocher de l'Église Saint-Sauveur.

Remonter le clocher coûterait, selon des estimations obtenues par la paroisse, entre 1,4 et 3 millions $.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Plus concrètement, la paroisse dispose aujourd'hui d'environ 80 000 $ issus d'une collecte de fonds lancée dans la foulée du retrait du clocher. La cagnotte accumulée auprès des paroissiens et de divers donateurs était de 100 000 $, mais une partie a été utilisée pour permettre de clôturer les lieux, notamment.

Même avec le montant complet, la paroisse est loin du compte. Selon les dernières estimations, divers scénarios de reconstruction de la structure étaient évalués entre 1,4 et 3 millions $. Globalement, en ajoutant l'immeuble complet, l'église Saint-Sauveur a besoin de réparations dont le montant s'élève à plus de 4 millions $, entre autres pour la maçonnerie, les fenêtres et la toiture.

La paroisse plaide finalement qu'il s'agit d'un enjeu de sécurité. Michel Drouin rappelle que des squatteurs pénétraient dans les clochers. Des seringues y ont été trouvées, dit-il, et des enfants allaient y jouer avant que la sécurité ne soit renforcée. On a peur pour le feu aussi, surtout.

Une statue avec en arrière-plan une fenêtre brisée.

Il n'y a pas que le clocher de l'église Saint-Sauveur qui a besoin de soins; la toiture, les fenêtres et la maçonnerie aussi.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Désacralisée?

Comme pour l'ensemble des paroisses sur son territoire, le Diocèse de Québec a demandé à la fabrique de Sainte-Marie-de-l'Incarnation de réévaluer son parc immobilier au cours des prochains mois.

À savoir si l'église Saint-Sauveur pourrait un jour être fermée au culte, comme ce fût le cas pour l'église Saint-Jean-Baptiste sur la rue Saint-Jean, Michel Drouin évite de s'avancer, et n'oppose pas un non catégorique.

Le diocèse nous invite à faire un plan pour voir si on a besoin de tous les bâtiments, admet-il. J'aime garder les églises ouvertes et fonctionnelles, mais ça dépend toujours de la communauté qui l'habite.

La paroisse compte quatre églises, soit Saint-Sauveur, Saint-Roch, Notre-Dame-de-la-Recouvrance et Saint-Malo. L'église Saint-Roch, elle aussi protégée par son statut de bâtiment à valeur exceptionnelle, a déjà reçu des soins importants comparativement à Saint-Sauveur.

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