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Pas de compensation pour les pétrolières, réclament les environnementalistes

Forage au puits Galt no 4 de Junex.

Le forage aux puits Galt en Gaspésie a fait l'objet d'une poursuite déposée par Gaspé Énergies. (archives)

Photo : Radio-Canada

Un regroupement de citoyens et d'organisations environnementalistes demandent au gouvernement de mettre fin dès maintenant à l’exploration des hydrocarbures au Québec.

Une coalition de citoyens et de groupes environnementalistes veut que Québec ferme la porte à tout versement de compensation aux entreprises qui possèdent encore des licences actives au Québec.

Selon Pascal Bergeron, porte-parole d’Environnement Vert Plus, un rapport juridique rédigé par le Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE), l’été dernier, fait la démonstration que le pouvoir législatif de Québec lui permet de ne pas verser de telles compensations.

D’autant plus, soutient le porte-parole du groupement écologiste, que ces compensations comme les poursuites sont des options envisagées en amont par ceux qui investissent dans les projets d’hydrocarbures. Ils achètent en sachant que si ça ne marche pas, on peut prendre cette direction-là, croit M. Bergeron.

Pancarte installée aux abords de la route menant au puits Galt no 4 de Junex

Pancarte installée aux abords de la route menant au puits Galt no 4 de Junex en 2017

Photo : Radio-Canada

Selon le porte-parole d’Environnement Vert Plus, les compensations versées par le gouvernement serviront à financer d’autres projets. Comme ce fut le cas, selon lui, lorsque Québec a versé des compensations aux entreprises qui détenaient des droits d’exploration à l’île d’Anticosti. Plus on leur donne d’argent, dit-il, plus ils vont continuer ailleurs dans le monde.

Il donne l’exemple d’Utica, dont la filiale Gaspé Énergies possède le gisement Galt en Gaspésie et la filiale Utica Sud-Ouest de licences d’exploration dans la vallée du Saint-Laurent. Si on les compense pour la fin de Galt, ils pourraient transférer l’argent vers Bécancour dans la Vallée du Saint-Laurent. Le financement qui est sorti de Galt pourrait aller vers Bécancour, si on continue ce niaisage.

Ces projets, même s’ils sont présentés comme carboneutres, demeurent des projets d’énergie fossile, souligne la coalition.

Mettre fin à d'autres projets

La semaine dernière, le gouvernement de François Legault a fait savoir qu’il souhaitait mettre définitivement fin à tout projet d’exploration pétrolière et gazière.

Le porte-parole d'Environnement vert plus (EVP), Pascal Bergeron

Le porte-parole d'Environnement vert plus (EVP), Pascal Bergeron, lors de la contestation de 2017

Photo : Radio-Canada

Bien que le regroupement salue cette décision, le groupe souhaite que Québec n’attende pas le résultat du jugement de la poursuite déposée par Gaspé Énergies contre le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, sur son refus d’autoriser l’exploration d’hydrocarbures à moins de 1000 m d’un milieu hydrique. La cause a été entendue en mars 2021.

Nous demandons à la CAQ, peu importe le jugement dans le procès Galt, de prendre les mesures pour retirer toutes les licences d’exploration et d’exploitation pétrogazière au Québec.

Une citation de :Carol Saucier, Solidarité Gaspésie, dans le secteur de Gaspé

Le porte-parole d’Environnement Vert Plus, Pascal Bergeron, croit que le jugement, s’il est favorable au gouvernement, ne sera pas suffisant pour empêcher d’autres projets.

Il craint que le gouvernement estime que ce soit le cas. Si c’est ça l’intention, qu’il ne prenne pas le risque qu’un autre ministre plus favorable, comme c’était le cas avec les libéraux avant la CAQ, fasse volte-face sur cette intention et rouvre le dossier. On demande qu’une fois pour toutes, on mette des clous dans ce cercueil et qu’on arrête d’en entendre parler.

Pas de nouvelle loi pour le moment

Québec n'a pas l'intention pour le moment d'adopter une nouvelle loi pour interdire les forages pétroliers et gaziers.

Un forage de gaz de schiste à Saint-Edouard-de-Lotbiniere (archives)

Un forage de gaz de schiste à Saint-Edouard-de-Lotbiniere (archives)

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, envisage toutefois de renforcer la loi actuelle, si la Cour du Québec devait donner gain de cause à Gaspé Énergie sur le dossier du site Galt, situé près de Gaspé.

Selon le ministre Julien, tous les scénarios sont actuellement étudiés, incluant celui de verser des compensations financières.

Par contre, il fait valoir que même si Québec devait verser de telles compensations, les entreprises ne pourront pas les utiliser pour financer d'autres projets gaziers ou pétroliers dans la province, puisque la loi l'interdit.

On ne peut pas attendre le jugement pour prendre une position éventuelle, dit-il. Parce que si le jugement - ce n'est pas ce qu’on souhaite - était négatif, on va être obligés de réagir et de peut-être de renforcer la loi.

Je regarde la possibilité de renforcer la loi et les implications que ça aurait. Mais si je renforce la loi, il n'y aura pas plus d’exploration et l’exploitation des hydrocarbures au Québec.

Une citation de :Jonatan Julien, ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles

La Cour du Québec doit rendre son jugement dans ce dossier d'ici le 15 novembre.

Cette sortie des organismes environnementaux survient à la veille des marches mondiales pour la justice climatique prévues un peu partout dans le monde, dont une aura lieu à New Richmond.

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