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Élections fédérales : espoir et déception dans les PME

Une employée place des bagels et du pain dans un sac, sur un comptoir, avec le reste de la boulangerie en arrière-plan.

Le propriétaire de la boulangerie torontoise What A Bagel se réjouit de la réélection des libéraux. Il affirme que les subventions fédérales l'ont aidé à traverser le pire de la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Spencer Gallichan-Lowe

Les réactions sont mitigées au sein des propriétaires de petites entreprises canadiennes après la réélection des libéraux de Justin Trudeau, qui forment de nouveau un gouvernement minoritaire.

À la populaire boulangerie torontoise What A Bagel, les ventes ont rebondi à leur niveau prépandémie. Seth Buchman, propriétaire de la succursale située sur l’avenue St. Clair Ouest, se réjouit de voir les libéraux reconduits au pouvoir.

Selon lui, c’est grâce aux subventions fédérales dont il a bénéficié durant la crise sanitaire qu’il est toujours en affaires. Il dit avoir reçu des centaines de milliers de dollars.

Ça nous a permis de survivre et de continuer.

Une citation de :Seth Buchman, propriétaire d’une franchise What A Bagel

M. Buchman estime que le gouvernement Trudeau a réagi rapidement à la crise et qu’il a soutenu les petites et moyennes entreprises de façon généreuse.

J'espère que cette aide restera disponible aux petites entreprises jusqu'à ce que toutes les restrictions soient levées, souligne l’homme d’affaires, qui travaille dans le secteur de la restauration depuis une dizaine d’années.

Un homme masqué devant la salle à manger d'un restaurant.

Seth Buchman a ouvert une franchise de la populaire boulangerie torontoise What A Bagel sur l'avenue St. Clair Ouest quelques mois avant que la pandémie de COVID-19 soit déclarée.

Photo : Radio-Canada / Spencer Gallichan-Lowe

Tout ça pour ça?

Rocco Rossi, de la Chambre de commerce de l’Ontario, estime que, malgré les nombreuses dépenses promises par les différents partis, il n’y a pas eu de vrai débat sur la relance économique ni de solutions concrètes avancées pour s’attaquer à la pénurie de main-d’œuvre.

C'est un peu décevant parce qu'on a perdu du temps et du focus, alors qu’il y a des enjeux qui sont très importants dans la crise de la COVID.

Une citation de :Rocco Rossi, président, Chambre de commerce de l’Ontario

Hortenzia Papp, propriétaire de la librairie Pannonia, à Toronto, abonde dans le même sens. Elle déplore le fait que cette élection ait coûté environ 610 millions de dollars, selon les estimations d'Élections Canada, soit 108 millions de plus qu'en 2019.

Je crois que c’était juste une perte de temps, d’argent et de ressources – et presque rien n’a changé, dit-elle.

Une femme portant des lunettes devant des étagères de livres.

Hortenzia Papp est propriétaire de la librairie Pannonia Books, à Toronto, l'une des seules en Amérique du Nord à vendre des livres hongrois.

Photo : Radio-Canada / Spencer Gallichan-Lowe

Elle espérait en fait voir un changement de gouvernement à Ottawa parce qu’elle ne se sentait pas adéquatement soutenue par les libéraux durant la pandémie. La libraire souligne qu'elle n'a pas pu recevoir de subventions puisque ses ventes n'avaient pas suffisamment chuté, selon les critères, même si ses coûts avaient grimpé.

Tout ce que j’ai pu obtenir, c’est un prêt de 40 000 $ que je dois rembourser. Je peux garder environ 10 000 $ de ce montant, mais c’est pratiquement rien. Ça ne couvre pas du tout mes coûts.

Une citation de :Hortenzia Papp, propriétaire, librairie Pannonia

Elle ajoute que le propriétaire de ses locaux a d’ailleurs refusé de lui accorder un répit durant les mois de fermeture forcée.

Seth Buchman est maintenant dans le même bateau. Même si nos ventes sont de retour, nous avons beaucoup plus de coûts, donc nous perdons plus d’argent, dit-il.

L'inflation a fait grimper le coût des ingrédients et, maintenant que le passeport vaccinal est implanté en Ontario, il doit embaucher davantage d'employés.

Prolongation des subventions réclamées

Avant le déclenchement des élections, le gouvernement Trudeau a prolongé jusqu’au 23 octobre les subventions salariales et celles pour les loyers commerciaux. Cette aide financière sera toutefois réduite à compter de dimanche.

Jasmin Guénette, de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, souhaite que ces subventions soient de nouveau prolongées — au-delà du mois d'octobre. La première chose à faire, c'est de prolonger le programme à tout le moins jusqu'au mois de novembre. La loi prévoit que c'est possible de le faire, dit-il.

Il y a encore un très grand nombre de PME qui ne sont pas complètement ouvertes dans le secteur de la restauration et du tourisme.

Une citation de :Jasmin Guénette, vice-président aux affaires nationales, Fédération canadienne de l’entreprise indépendante
Jasmin Guénette en entrevue dans son bureau.

Jasmin Guénette, vice-président aux Affaires nationales de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante

Photo : Radio-Canada

Le président de la Chambre de commerce de l’Ontario rappelle que les entreprises situées près des tours de bureaux souffrent aussi de l’absence de leurs clients, majoritairement toujours en télétravail, et peinent à retrouver leurs revenus prépandémie.

Si vous êtes une petite entreprise au centre-ville de Toronto ou de Montréal, oui vous pouvez être ouverte, mais les grands édifices sont vides, affirme M. Rossi.

M. Guénette espère que le gouvernement Trudeau collaborera avec les partis d’opposition, qui avaient suggéré de bonnes initiatives, selon lui, pour soutenir les petites entreprises :

  • Le Parti conservateur proposait jusqu’à 200 000 $ de prêts sans intérêt aux entreprises – celles qui connaissent des pertes importantes pourraient ne pas rembourser jusqu’à 25 % de ces prêts.

  • Le Bloc québécois voulait que le gouvernement recadre la Prestation canadienne de la relance économique (PCRE) pour qu’elle cible uniquement les industries et les travailleurs qui en ont encore besoin, tout en la suspendant dans les autres secteurs.

  • Le NPD et le Parti vert proposaient de garder en place les programmes d'aide, y compris les subventions aux salaires et aux loyers commerciaux, jusqu'à ce que toutes les restrictions sanitaires soient levées.

Ça serait la bonne chose à faire de la part du gouvernement de prendre ces idées-là, de voir comment on peut les mettre en œuvre et de travailler avec les partis d'opposition, lance M. Guénette.

La collaboration est nécessaire. Ils n’ont pratiquement pas le choix parce que c'est un gouvernement minoritaire, dit-il.

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