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Comprendre pour mieux intervenir et mettre fin aux bagarres organisées au parc Lepage

Une voiture de police stationnée devant le parc Lepage à Rimouski.

Un véhicule de police stationné au parc Lepage, en 2019, alors que la présence policière avait été accrue pendant quelque temps. (archives)

Photo : Radio-Canada

Les autorités scolaires, policières et municipales doivent se rencontrer prochainement pour trouver des solutions au problème de bagarres organisées au parc Lepage de Rimouski. Mais il n’est pas simple de comprendre les causes et d’intervenir.

Selon la Sûreté du Québec (SQ), près d'une dizaine de dossiers de voies de faits simples, de voies de fait graves et même d'agressions armées ont été ouverts depuis le début de l'année scolaire à la suite de ces bagarres.

Après une accalmie depuis le début de la pandémie, la SQ rapporte maintenant une recrudescence du phénomène.

Des jeunes des trois écoles secondaires de Rimouski seraient impliqués dans ces altercations. Dans certains, ils ne sont âgés que de 12 ou 13 ans.

Un arrêt sur image de la vidéo de bagarre.

Les images de cette vidéo ont été modifiées par Radio-Canada pour que les mineurs qui y figurent demeurent non identifiables. (archives 2019)

Photo : Radio-Canada

Selon le porte-parole de la SQ, le sergent Claude Doiron, plusieurs de ces bagarres n'ont pas été dénoncées, ce qui indique que le phénomène reprend de l'ampleur.

En entrevue à l'émission Même fréquence, Claude Doiron affirme que les policiers ont accru leur présence dans le parc Lepage sur une base régulière.

Ce sont des bagarres organisées, tellement bien organisées qu’ils ont des surveillants. Ils le savent quand les policiers arrivent et tout le monde se disperse comme si de rien n’était.

Une citation de :Sergent Claude Doiron, porte-parole de la Sûreté du Québec

C'est un peu la loi de l’omerta, ajoute-t-il. Personne n’ose dénoncer.

Le sergent Doiron souligne que la SQ prend la situation très au sérieux.

Pas tous les jeunes, pas juste à Rimouski

De leur côté, les travailleurs de rue interviennent tous les jours au parc, comme l’indique Luc Jobin, directeur de l’organisme En tout C.A.S de Rimouski.

L’organisme assure une présence tous les midis au parc Lepage. Mais comme son directeur le souligne, le parc est grand et les intervenants ne peuvent pas être partout à la fois.

Une bataille, parfois, ça ne dure que quelques instants et on n’a pas toujours la chance d’être près, explique Luc Jobin.

Le parc Lepage à Rimouski

Une des entrées du parc Lepage à Rimouski.

Photo : Radio-Canada / Samuel Ranger

Il mentionne que les travailleurs de rue de l’organisme ne sont pas amenés à intervenir au cours de bagarres parce que lorsqu'ils sont présents, ce genre de situation n’arrive pas.

C’est un peu à ça que ça sert, un travailleur de rue : le simple fait de mettre des adultes de confiance dans un lieu, ça a pour effet de calmer les ardeurs.

Une citation de :Luc Jobin, directeur de l’organisme En tout C.A.S de Rimouski

L’intervenant insiste pour rappeler que ces événements regrettables sont le fait d’une petite minorité.

Il y a trois écoles secondaires, ça veut dire environ 2000 élèves, précise-t-il. Ce sont des groupuscules. Et ça n’arrive pas seulement à Rimouski­.

Luc Jobin montre du doigt les réseaux sociaux qui sont souvent le véhicule utilisé pour planifier ces bagarres.

Un homme tient un téléphone intelligent avec les icônes des applications de réseaux sociaux Facebook, Instagram et Twitter vues sur l'écran.

Les réseaux sociaux sont un véhicule idéal pour organiser des bagarres.

Photo : Getty Images / KIRILL KUDRYAVTSEV

Cette semaine, entre autres, on a vu sur TikTok un défi organisé invitant des jeunes à vandaliser leur polyvalente, rapporte-t-il.

L’oisiveté peut être une cause, considère-t-il. Il y a bien des activités organisées par les écoles, mais les jeunes n’aiment pas se faire organiser par des adultes. C’est un bien grand défi de trouver des solutions.

Luc Jobin rappelle à quel point l’adolescence peut être une période difficile et que la pression sociale est très forte. Il y a des jeunes qui sont prêts à faire bien des choses pour se faire un nom, dit-il.

La pause du midi trop longue?

Le maire de Rimouski, Marc Parent, juge que les jeunes ont de trop de temps à l’heure du dîner.

Les jeunes disposent de plus d’une heure et demie. Ils peuvent manger en 15 minutes et se déplacer. Il faut une remise en question des horaires.

Une citation de :Marc Parent, maire de Rimouski

Les écoles organisent des activités, mais il y a des jeunes qui ne participent pas, ajoute-t-il.

Certaines solutions avaient pourtant été mises de l'avant par la Ville, comme de demander une présence accrue de policiers au parc.

On sait que la présence d’adulte va limiter ce genre de rassemblement alors on a rendu le parc plus attrayant. Il y a du monde au parc comme il n’y en a jamais eu depuis des années, relève le maire.

Il estime aussi que de la sensibilisation devrait être faite auprès des parents.

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