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Le manque de personnel démoralise des vétérinaires britanno-colombiens

Une vétérinaire et une technicienne en santé animale soignent un chien.

La médecine vétérinaire souffre depuis plusieurs années d’une pénurie de main-d'œuvre en Colombie-Britannique. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Jessica Doria-Brown

Des vétérinaires de la Colombie-Britannique se disent à bout de souffle. La profession souffre depuis plusieurs années d’une pénurie de main-d'œuvre qui a été amplifiée par le grand nombre d’adoptions d'animaux de compagnie survenu pendant la pandémie de COVID-19.

Erinne Branter, vétérinaire à la clinique Waves, à Langford, sur l’île de Vancouver, ne mâche pas ses mots : les vétérinaires sont épuisés.

Ça se traduit pour nous par de très grandes journées, parce que tout ce qu’on veut faire, c’est aider les animaux.

Une citation de :Erinne Branter, vétérinaire à la clinique Waves, à Langford, sur l’île de Vancouver

Quand tu viens à bout de journées de 12 à 16 heures, ajoute-t-elle, et que tu te fais appeler chaque jour pour rentrer prendre soin des animaux, la fatigue devient pas mal grande.

Erinne Branter explique qu’un vétérinaire régulier peut avoir une certaine maîtrise de son horaire en reportant les procédures non urgentes. Ce n’est pas le cas pour une clinique d’urgence et de médecine spécialisée comme Waves.

Pour la plupart des cas, on ne peut pas faire ça chez nous, ce ne sont pas des cas qui peuvent attendre, explique-t-elle. Il arrive alors que les patients doivent attendre plusieurs heures avant de pouvoir consulter un vétérinaire en urgence.

Erinne Branter est interviewée sur son lieu de travail, une clinique vétérinaire.

Selon Erinne Branter, vétérinaire à la clinique Waves, à Langford, sur l’île de Vancouver, les vétérinaires sont épuisés.

Photo : Radio-Canada / Adrien Blanc

Par ailleurs, les délais d’attente pour obtenir un rendez-vous causent de la frustration chez certains propriétaires d’animaux, remarque Erinne Branter, et leurs commentaires affligent ses collègues, dit-elle.

Il y a eu beaucoup d'abus cette année. [...] Ça fait sept jours que [les employés] sont là de suite pour des journées de 14 heures et tu nous dis qu’on n’a pas de cœur et on ne veut pas aider et que c'est de notre faute s'il y a de l'attente, c'est horrible, raconte-t-elle, navrée.

C’est ça qui nous a fait le plus de peine.

Une citation de :Erinne Branter, vétérinaire à la clinique Waves, à Langford, sur l’île de Vancouver

Selon l’Association des médecins vétérinaires du Canada, qui note au passage que la pénurie touche plusieurs provinces du pays, il faut patienter de deux à trois semaines pour des procédures non urgentes comme des vaccins ou des stérilisations.

L’association indique que la Colombie-Britannique a besoin de 200 vétérinaires immédiatement pour répondre à la demande et de 100 nouveaux vétérinaires par année pour les trois prochaines années.

Trop peu de diplômés

Le faible nombre de diplômés des facultés de médecine vétérinaire du Canada explique, en partie, la pénurie de vétérinaires à laquelle le pays fait face en ce moment, selon Jean Gauvin, ancien président de l’Association canadienne des médecins vétérinaires.

Il existe cinq facultés de médecine vétérinaire au Canada : le Collège vétérinaire de l’Atlantique de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard, la Faculté de Médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, le Collège vétérinaire de l’Ontario de l’Université de Guelph, le Western College of Veterinary Medicine de l’Université de la Saskatchewan, et la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Calgary.

Jean Gauvin, ancien président de l'Association des médecins vétérinaires du Canada, dans un studio de télévision.

Selon Jean Gauvin, les cinq facultés de médecine vétérinaire du Canada décernent environ 360 diplômes par an, un nombre insuffisant pour fournir les 10 provinces et 3 territoires du pays, selon lui.

Photo : Radio-Canada

Le gouvernement de la Colombie-Britannique octroie une aide financière à 20 étudiants britanno-colombiens qui fréquentent le Western College of Veterinary Medicine de l’Université de la Saskatchewan pour chaque année d’étude, pour un total de 80, une contribution que la profession voudrait plus importante.

Selon Jean Gauvin, les cinq facultés de médecine vétérinaire du Canada décernent environ 360 diplômes par an, et 60 % des diplômés sont prêts à exercer immédiatement. Il précise toutefois que plusieurs d’entre eux sont des étudiants étrangers qui retourneront dans leur pays d’origine.

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