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Le président mexicain demande aux États-Unis d’aider à régler le problème des migrants

Une foule est réunie.

Des migrants, la plupart en provenance d'Haïti, se trouvent à Tapachula, dans l'État mexicain du Chiapas, à la frontière avec le Guatemala.

Photo : Reuters / Edgard Garrido

Agence France-Presse

La crise déclenchée par l'arrivée massive d'Haïtiens aux États-Unis prend l'allure d'une bombe à retardement que le président mexicain Andrés Manuel López Obrador a appelé mercredi à désamorcer en passant de la rhétorique à l'action.

Des dizaines de milliers de migrants, pour la plupart des Haïtiens, s'entassent depuis plusieurs semaines dans les villes mexicaines de Tapachula (à la frontière sud avec le Guatemala) et de Ciudad Acuña (au nord, à la frontière du Texas).

Fuyant la pauvreté et le chaos, ils cherchent refuge aux États-Unis, pour nombre d'entre eux après avoir traversé une douzaine de pays à partir de l’Amérique du Sud.

Assez parlé, il faut agir, a martelé M. López Obrador pendant sa conférence de presse matinale quotidienne.

Les États-Unis se sont engagés à investir quatre milliards, deux milliards pour l'Amérique centrale et deux milliards pour le Mexique. Rien n'est arrivé, rien, a ajouté le président mexicain de gauche.

Celui-ci a déjà proposé à maintes reprises de s'attaquer aux racines du phénomène avec des investissements sociaux.

Sa proposition concernait initialement le Guatemala, le Honduras et le Salvador, mais l'arrivée des Haïtiens a encore compliqué la situation.

M. López Obrador a nuancé son propos en indiquant qu'il constatait une atmosphère favorable à la Maison-Blanche, le président Joe Biden étant impliqué dans une volonté de règlement du problème.

En d'autres termes, il existe d'excellentes conditions pour signer un bon accord pour le développement de l'Amérique latine et des Caraïbes, et en particulier des pays d'Amérique centrale. Donc nous allons attendre et je crois qu'il y aura des résultats, a poursuivi le président mexicain.

Les migrants haïtiens arrivent principalement du Brésil et du Chili, où ils s'étaient réfugiés après le tremblement de terre de 2010 qui avait fait quelque 200 000 morts dans leur pays.

Bien qu'ils aient fait leur vie dans ces pays d'accueil, certains affirment être partis à cause du chômage ou des difficultés à renouveler leur permis de travail en pleine pandémie de COVID-19.

D'autres cherchent simplement à retrouver leur famille aux États-Unis. Nous sommes désespérés parce que beaucoup de gens ont le rêve d'aller là-bas et maintenant ils expulsent tout le monde de la même manière, a déclaré Maximil Marcadieu, 28 ans, qui a quitté le Chili le 21 juillet et est arrivé il y a une semaine à Ciudad Acuña.

Des gens traversent une rivière.

Des migrants désirant se réfugier aux États-Unis traversent le Rio Grande depuis Del Rio, au Texas, en direction de Ciudad Acuña, au Mexique.

Photo : Reuters / Daniel Becerril

Expulsés vers Haïti

Des centaines de migrants ont été expulsés par avion cette semaine vers Port-au-Prince, où une vie de précarité, de violence et de chaos politique les attend après l'assassinat du président haïtien Jovenel Moïse, le 7 juillet. D'où l'inquiétude parmi les migrants qui campent depuis une semaine dans cette ville sur les rives du Rio Grande, certains sous un pont frontalier et d'autres dans des parcs.

J'ai entendu dire que les agents de l'immigration allaient arriver ici et c'est pourquoi je n'ai pas pu dormir. S'ils me trouvent, je ne sais pas où j'irai, a confié une migrante, Marie Chickel, 45 ans, originaire d'Haïti. Marie et ses jumeaux de 10 ans ont quitté le Chili et, après avoir traversé l'Amérique du Sud et l'Amérique centrale, sont arrivés au Mexique.

Des milliers de leurs compatriotes leur emboîtent le pas. Dans le petit port colombien de Necoclí, dans le nord-ouest du pays, quelque 19 000 personnes, en majorité des Haïtiens, attendent de monter à bord d'un bateau qui les conduira à la frontière avec le Panama pour poursuivre leur voyage à travers la jungle inhospitalière du Darién, a signalé mercredi le bureau du Défenseur du peuple colombien.

Les voyageurs doivent traverser le golfe d'Urabá, une étendue de mer de 60 kilomètres. Ils doivent également faire face à la menace du Clan del Golfo, la plus grande organisation armée de trafic de drogue de la région.

Vu les dimensions de cette crise humanitaire, le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, et le ministre mexicain des Affaires étrangères, Marcelo Ebrard, ont proposé un accord régional dont ils n'ont pas encore précisé les contours, mais qui pourrait impliquer davantage d'obstacles pour les migrants.

Le Mexique a affecté 28 395 soldats à la surveillance des frontières, selon le gouvernement, qui a indiqué mercredi que 147 033 migrants irréguliers avaient été interceptés jusqu'à présent en 2021.

M. Blinken, M. Ebrard et les ministres des Affaires étrangères d'Amérique centrale doivent se rencontrer jeudi à l'occasion de l'Assemblée générale des Nations unies à New York.

La nouvelle vague de migration a été déclenchée après que Washington eut prolongé le statut de protection temporaire pour tous les Haïtiens qui se trouvaient aux États-Unis le 29 juillet ou avant.

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