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Décès de l’ancien président Bouteflika : réactions d’Ontariens d’origine algérienne

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika est assis sur un fauteuil roulant après avoir prêté serment comme président, à Alger.

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a démissionné le mardi 2 avril 2019 après 20 ans de mandat et six semaines de protestations massives à l'échelle nationale. (Archives)

Photo : Associated Press / Sidali Djarboub

L’ancien président Abdelaziz Bouteflika a dirigé l'Algérie durant 20 ans. Alors qu’il tentait d’être réélu pour un cinquième mandat en 2019, il est contraint à démissionner. Certains membres de la communauté algérienne sont encore réticents à parler ouvertement de ce chef d'État au parcours controversé.

Arrivé à la tête de l’État algérien le 27 avril 1999, remportant ensuite quatre victoires consécutives à la présidence, sans véritable opposition, l'ancien président Abdelaziz Bouteflika est chassé du pouvoir le 2 avril 2019.

Son décès, à l’âge de 84 ans, fait réagir Idir Mellal et Miloud Chennoufi, membres de la communauté algérienne de Toronto.

Vous allez avoir beaucoup de mal à trouver un Algérien qui ne dira que du bien du président Bouteflika.

Une citation de :Miloud Chennoufi, professeur de relations internationales au Collège des Forces canadiennes de Toronto

MM.  Mellal et Chennoufi souhaitent d’abord paix à son âme à l’ancien président Bouteflika. Pour eux, il est important de préciser qu’ils prendront la parole pour parler de la présidence, l’institution que Bouteflika a dirigée durant 2 décennies.

Dire "paix à son âme" est très important pour nous culturellement, peu importe ce que nous pensons de la vie d’un individu.

Une citation de :Miloud Chennoufi, professeur de relations internationales au Collège des Forces canadiennes de Toronto

Pour M. Mellal, l'ancien président a raté l’occasion de faire partie du panthéon des héros de l’Algérie. Sa plus grande erreur a été selon lui de modifier la constitution algérienne pour rendre illimité le nombre de mandats et rester au pouvoir.

Bouteflika a été président pendant plus de la moitié de la vie de M. Mellal.

Durant les deux premiers mandats, il a fait de bonnes choses comme la réconciliation nationale. Il a réduit la dette nationale. Puis, de mauvaises choses, en particulier la corruption, l’injustice sociale...

Une citation de :Idir Mellal, résident de Toronto

Il ajoute que Bouteflika était un militant contre l’apartheid. Il a également été le plus jeune président de l'Assemblée générale des Nations Unies en 1974.

M. Chennoufi est d'accord avec M. Mellal : il croit que la réconciliation nationale est la réalisation principale de Bouteflika.

Le professeur tire lui aussi un bilan mitigé du passage au pouvoir d'Abdelaziz Bouteflika. Les deux premiers mandats, c’était un président dynamique qui avait certaines bonnes idées, qu’il a pu mettre en oeuvre parce qu’il était en bonne santé.

Il ajoute que durant ses deux derniers mandats, le président était très malade. Ce n’est même pas lui qui a fait campagne. La présidence est tombée entre les mains de son frère, dit-il.

Il affirme que le peuple algérien s’est opposé à Bouteflika en raison de la corruption exacerbée durant ses deux derniers mandats. De plus, le fait que l’ancien président a tenté de se faire réélire une cinquième fois a mis le feu aux poudres. L’armée et les manifestations populaires l’ont poussé à démissionner le 2 avril 2019.

Les gens sont sortis, des centaines de milliers, de millions, dans toutes les villes d’Algérie pour empêcher ce 5e mandat, rappelle le professeur Chennoufi.

La suite pour l’Algérie

Le professeur Chennoufi croit aujourd’hui que l’Algérie se cherche, car la démocratie est plutôt nouvelle dans le système politique du pays.

Le renouveau de l’édifice institutionnel en Algérie, de la présidence aux assemblées locales, au parlement, est encore un chantier à faire. Chantier qui n’aurait pas été lancé si Bouteflika avait réussi à s’imposer ou qu’on avait réussi à l’imposer pour un 5e mandat, conclut-il.

Même son de cloche du côté de M. Mellal, qui croit que la voie est ouverte pour la création d’un État de droit et de justice en Algérie. La problématique n’est plus Bouteflika, mais on a encore besoin de quelques années pour déraciner le système qu’il a instauré, dit-il.

M. Mellal croit que les Algériens ont appris des 20 années et de la présence de Bouteflika et que le combat pour la démocratie doit continuer.

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