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Les signalements à la DPJ nécessitant une intervention d’urgence en hausse en Outaouais

Un enfant essuie ses yeux en serrant un animal en peluche.

Dix-neuf situations impliquant des enfants sont encore signalées quotidiennement en Outaouais.

Photo : iStock

Radio-Canada

Le chiffre avait bondi l’année précédente, il ne s’est pas essoufflé en 2020-2021 : Ce sont toujours 19 situations impliquant des enfants qui sont signalées quotidiennement en Outaouais, en moyenne. Parmi ces signalements, ceux demandant une intervention d'urgence ont presque doublé dans la dernière année.

C'est ce que souligne Colette Nadeau, directrice, pour l'Outaouais, de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) à la lumière de nouvelles données publiées mercredi.

Cela démontre une sévérité plus importante des situations comparativement aux années précédentes, analyse-t-elle, précisant que l’intervention dans ce type de cas doit intervenir dans les 24 à 48 heures.

Le bilan annuel des directrices et directeurs de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) a été présenté, mercredi, et Mme Nadeau a fait cette observation en marge d'un point de presse.

On est en mesure de répondre à toutes les situations d’urgence et on doit y répondre. Il n’y a pas d’enjeu à ce niveau-là, rassure la DPJ en Outaouais. Toutefois, ce sont les situations qui ne sont pas urgentes qui se retrouvent sur liste d’attente et pour lesquelles cela peut prendre un certain temps avant d’intervenir, concède Mme Nadeau.

On ne devrait pas avoir de liste d’attente en protection de la jeunesse. Ce sont des enfants en détresse. Plus vite on intervient, mieux c’est pour assurer leur protection.

Une citation de :Colette Nadeau, directrice pour la DPJ en Outaouais

Les listes d’attente sont précisément l’une des préoccupations de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS). Les délais d’attente pour le traitement des cas signalés peuvent aller jusqu’à deux mois dans la région de l’Outaouais, souligne l'organisation.

Les statistiques en soi sont éloquentes. Quand on parle de 182 enfants en attente d’une évaluation, ou d’une orientation à la DPJ, on a beau faire une priorisation, [mais] pour un enfant qui vit de la maltraitance, il peut s'en passer des choses, en deux mois. C'est très alarmant, s’inquiète Christine Prégent, représentante nationale pour l’APTS en Outaouais.

Faire face au manque d’effectif

Qu’il s’agisse des signalement en urgence ou des délais d’attente, Mme Prégent soulève l’effet que la situation peut avoir sur les personnes intervenantes auprès des enfants concernés, incluant éducateurs, agents de relations humaines et travailleurs sociaux.

Quand il y a une dégradation des dossiers en raison d'un très long délai d’attente, ce sont les premiers sur le terrain à le vivre. Nos intervenants ont à cœur les services qu’ils donnent aux enfants de l’Outaouais. Ils en sont affectés, regrette-t-elle.

Un poids supplémentaire sur les épaules de ces intervenants, considère Christine Prégent, alors que la thématique mise de l’avant pour présenter ce bilan annuel des DPJ, Protéger les enfants, c'est notre priorité !, se heurte à une pénurie alarmante de main-d'œuvre.

Une femme en entrevue devant un tableau.

Christine Prégent est représentante nationale pour l'APTS Outaouais.

Photo : Radio-Canada

Quand on [voit] 27 postes vacants, c’est quasiment la moitié de l’équipe qui est absente, avec des postes qui ne sont pas comblés, souligne Mme Prégent, qui plaide pour l'instauration des stratégies d’attraction et de rétention du personnel .

Le défi, c’est de maintenir la mobilisation des troupes, reconnaît, de son côté, Mme Nadeau. En ce moment, avec la pénurie de personnel, on a des difficultés au niveau du recrutement. On a moins d’intervenants qu'on devrait pour faire face aux nombreux besoins des enfants, poursuit-elle.

Pour pallier ce manque d’effectif, la DPJ affirme avoir notamment développé un programme d'accueil, d'orientation et d'intégration pour outiller et former les nouveaux employés. Elle soutient aussi offrir des présentations en milieux universitaire et collégial afin de faire connaître le travail en protection de la jeunesse.

Pour l’APTS, la solution passe par une amélioration des conditions de travail, une pondération de la charge de travail des intervenants et un affichage de postes attractifs, entre autres.

Au niveau de la province, on compte, cette année, 117 904 signalements traités, dont 6 904 signalements pour la région de l’Outaouais. Ce chiffre est en légère diminution, alors que la tendance était à la hausse ces dernières années, tant dans l’Outaouais qu'ailleurs dans la province.

Cette baisse pourrait s’expliquer, en partie, par la fermeture des écoles et autres établissements publics durant la dernière année, puisque les signalements proviennent majoritairement d’employés d’organismes publics (33 %).

Le bilan publié mercredi est le premier depuis la publication, en mai dernier, du rapport de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse (CSDEPJ). Fruit de deux années de travaux, le rapport contient une soixantaine de recommandations destinées à renforcer la protection des enfants et l’accompagnement des familles.

Avec les informations de Fiona Collienne et Christian Milette

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