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Les signalements à la DPJ en hausse en Mauricie et au Centre-du-Québec

L'affiche, où il manque des lettres, indiquant le centre jeunesse.

Le Centre jeunesse de la Mauricie et du Centre-du-Québec, situé à Trois-Rivières (Archives)

Photo : Radio-Canada / Jean-François Fortier

La Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) de la Mauricie et du Centre-du-Québec rapporte une hausse des signalements dans la région, contrairement à la tendance provinciale qui est légèrement à la baisse par rapport à l’année dernière.

Selon les chiffres rendus publics mercredi dans son bilan annuel, l’organisation dit avoir reçu un total de 9531 signalements, soit 357 de plus par rapport à 2019-2020. Du nombre, 39,1 % ont été retenus.

C'est un bilan qui est lourd pour notre région. On souhaite toujours qu'il y ait des situations qui soient évitées, analyse le directeur de la protection de la jeunesse au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ), Robert Levasseur, en entrevue à l'émission En direct.

La négligence des parents demeurent la principale cause des signalements dans la région. À ce niveau-là, il y a eu quand même beaucoup d'actions dans les dernières années au niveau d'Agir tôt en prévention pour essayer de capter plus rapidement des familles pour faire en sorte que ces jeunes-là ne soient pas en dérive. La priorité, c'est les enfants et ça va prendre l'effort collectif de tout le monde.

Les signalements en provenance de l’école ont diminué en raison de la pandémie, mais lorsqu’il y a eu la reprise de ces volets-là de déconfinement, il y a eu une hausse fulgurante des signalements, précise M. Levasseur.

Par ailleurs, dans près d'un cas sur deux, les enfants qui ont été pris en charge par la DPJ sont restés dans un milieu familial.

Dans son rapport, la direction de la DPJ a tenu à rendre hommage à ses intervenants, dont elle qualifie le travail de titanesque.

Des données inquiétantes et du travail à faire, selon le syndicat

De l’avis du syndicat qui représente les intervenants, les données présentées par la Direction de la protection de la jeunesse sont loin d’être encourageantes.

Le représentant national de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), Jean-Christophe Côté-Benoît, souligne que les taux de signalement et de rétention continuent d’augmenter de façon importante, et ce malgré la pandémie qui a apporté une diminution des signalements provenant des milieux scolaires.

Les conditions de travail en centres jeunesse continuent de créer l’exode du personnel, poursuit-il. Une énorme partie de l’expertise qui faisait la fierté de la protection de la jeunesse dans la région a quitté ce domaine.

À titre d’exemple, M. Côté-Benoît indique que la moyenne d’ancienneté est de 6 mois dans l’équipe de l’application des mesures qui couvre Trois-Rivières, Bécancour et Nicolet-Yamaska.

Une centaine de postes sont toujours vacants à la DPJ en Mauricie et au Centre-du-Québec, même si le gouvernement Legault parle d’une augmentation de 500 postes dans l’ensemble de la province, critique le représentant syndical.

Ajouter des postes ne sert à rien s’il est impossible de les pourvoir.

Une citation de :Jean-Christophe Côté-Benoît, représentant national de l'APTS

Selon lui, l’augmentation des signalements devrait nécessiter annuellement une révision des sommes investies en première ligne et en deuxième ligne […]. Quand rien n’est investi, l’écart se creuse encore. Cela créera une pression toujours plus insoutenable pour nos membres.

Pour le moment, les mesures du ministre [Lionel] Carmant sont totalement insuffisantes voire inefficaces. Ça prend un sérieux coup de barre à la protection de la jeunesse, conclut-il.

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